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Fonds d'investissement: Des secteurs qui brillent

Michel Marcoux   10 février 2003  Finances personnelles
Les fonds concentrés dans les secteurs pétroliers et aurifères se comportent avec brio depuis quelque temps. Pour les deux dernières années, les fonds de ressources naturelles canadiennes obtiennent un rendement cumulatif moyen de 24,3 %. Quant aux fonds des métaux précieux, leur appréciation cumulative moyenne sur deux ans est de l'ordre de 126,3 %.

En règle générale, il n'est pas étonnant de retrouver des fonds sectoriels à la tête du classement des rendements. En fait, ce sont presque systématiquement des fonds de ce type qui décrochent la palme année après année: jamais vous ne verrez votre fonds équilibré obtenir un rendement donnant ce genre de visibilité. Rappelons-nous simplement quelques dates charnières: l'année 2000, où les fonds du secteur de la santé volaient la vedette, les années 1998 et 1999, quand les fonds techno procuraient des rendements plus qu'impressionnants, et l'année 1997 que l'on associe avec l'excellente performance du secteur financier. Une conclusion claire s'ensuit: les années se suivent, mais ne se ressemblent surtout pas.

Les fonds de métaux précieux constituent sans aucun doute la catégorie la plus prisée à l'heure actuelle, et bon nombre de spéculateurs cherchent à y obtenir un profit rapide. L'or jouant le rôle de «valeur refuge» depuis plus de deux ans, les titres basant leur activité sur ce métal ont été propulsés vers de nouveaux sommets. La forte appréciation de ces titres s'explique par le fait que leur capitalisation boursière totale est relativement faible; il ne suffit donc que d'une injection limitée de capitaux dans ce secteur pour faire gonfler substantiellement leur prix.

Voici deux fonds qui ont profité, de façon spectaculaire, de la montée d'environ 30 % du prix de l'or auquel nous avons assisté depuis le début de 2001: Mackenzie Universal métaux précieux a obtenu un rendement de 89,7 % en 2002 et de 44,4 % en 2001 et AGF de métaux précieux, qui a décroché 103,8 % en 2002 et 24,4 % en 2001.

Il est toujours nécessaire de se méfier de ce genre de performance et de se rappeler que la modération a toujours meilleur goût avec ces produits. D'autant plus que les fonds non sectoriels que vous possédez s'aventurent probablement dans les titres aurifères. Exemple: 4,1 % du contenu des fonds d'actions canadiennes se situe dans le secteur de l'or et des métaux précieux. Un pourcentage qui me semble fort raisonnable compte tenu du potentiel de risque rattaché à ce secteur.

Mes craintes, par rapport à une trop grande pondération dans les titres aurifères, je les justifie par leur forte propension à fluctuer. Actuellement, la perspective d'une guerre en Irak joue en faveur du métal jaune. Il s'agit d'un scénario similaire à celui du conflit irakien de la dernière décennie. En 1991, le début des hostilités avait fait passer l'or de 350 $ à près de 400 $ l'once. Après la guerre du Golfe, le prix de l'or s'était mis à tomber pour, par la suite, remonter et atteindre un sommet en 1996, puis redescendre une autre fois jusqu'à ce qu'un nouveau creux de 252,80 $ l'once soit atteint en 1999. Il va sans dire que les fonds de ce secteur ont subi un fort déclin pendant la période de recul de la fin des années 90. Pour l'année 1997, par exemple, des rendements de l'ordre de -40 % étaient chose courante dans les fonds du secteur aurifère.

Quant aux fonds de ressources naturelles, qui englobent essentiellement le secteur du pétrole et gaz, ils ne sont pas en reste. La montée du prix du pétrole, près de 170 % depuis le début de 1999, a permis à plusieurs de ces fonds d'obtenir des rendements intéressants. Pour trois des quatre dernières années, le fonds Mackenzie Universal ressources naturelles a obtenu des rendements supérieurs à 20 %.

L'attitude que je conseille par rapport aux fonds des métaux précieux, je la maintiens pour les fonds de ressources naturelles. Posez-vous la question: mes fonds sont-ils déjà présents dans ce secteur? Étant donné la forte présence des entreprises du secteur de l'énergie au pays, vous êtes presque assuré d'y être exposé à l'intérieur de vos fonds d'actions canadiennes. En effet, le secteur du pétrole et gaz constitue le deuxième secteur en importance, et ce, tout juste après celui du secteur des services financiers.

Les tensions d'ordre géopolitiques appuient la bonne tenue des fonds de métaux précieux et de ressources naturelles. Il faut cependant être conscient que la situation peut rapidement changer et que le prix de l'or et du pétrole pourrait redescendre et avoir des répercussions sérieuses sur le rendement de ces fonds. Pour ceux qui désirent tout de même s'y aventurer, recherchez un gestionnaire combinant de nombreuses années d'expérience ainsi qu'une bonne feuille de route.

question@avantages.com

Michel Marcoux est économiste et président d'Avantages services financiers, une société de courtage indépendante spécialisée dans la vente de fonds de placement.
 
 
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