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Fonds d'investissement: Petit test sur le REER

Michel Marcoux   3 février 2003  Finances personnelles
Un fait relativement nouveau: un grand nombre d'investisseurs remettent en question leurs contributions à leur régime enregistré d'épargne-retraite (REER). Ils préfèrent consommer plutôt qu'épargner, comme si l'épargne avait mauvaise réputation depuis le début du recul boursier. Se poser les questions suivantes devient important: «Pourquoi dois-je ou devrais-je contribuer à mon REER? Est-ce toujours aussi avantageux et souhaitable de contribuer à mon régime? Quels sont les avantages et quels sont les produits admissibles?»

Selon Yves Saint-Amand, CA, M.Fisc, chez Gagné, Genest, Lacroix, il y a trois objectifs principaux associés aux contributions à un régime d'épargne retraite. Le premier est l'importance pour un citoyen d'accumuler un certain capital pendant sa période de vie active, et ce, pour financer la portion de sa vie où il ne travaillera plus: ce capital servira à combler ses besoins personnels.

Cependant, nous sommes tous d'accord que ce premier objectif n'a rien à voir avec un régime et pourrait être atteint à l'extérieur de tout régime.

Là où un régime apporte un avantage net à l'investisseur, c'est que les paliers de gouvernements provincial et fédéral, pour les résidents du Québec, permettent de soustraire du revenu imposable le montant de la contribution au REER et, par le fait même, de réduire le taux marginal d'imposition du contribuable. Vulgarisons: Revenu Canada et Revenu Québec vous remettent une prime pour vous aider et vous inciter à maximiser votre taux d'épargne. Un petit cadeau, quoi!

De plus, il y a l'avantage qu'aucun revenu découlant de votre régime n'est imposable tant et aussi longtemps qu'il n'y a pas de décaissement à votre régime.

Normalement, à l'extérieur d'un REER, le contribuable doit nécessairement déclarer et payer de l'impôt sur chacun des gains générés par tout placement, et ce, l'année où le gain est réalisé. Exemple: si vous achetez un certificat de dépôt ou tout autre produit financier générant un gain, vous devez déclarer ce gain et payer l'impôt au moment de la production de votre déclaration de revenus. En adhérant au REER, vous pouvez utiliser ces gains, les accumuler et vous en servir pour les réinvestir dans le régime, tout en restant à l'abri du fisc.

Évidemment, au moment du décaissement, l'épargnant doit payer les portions d'impôt dues, selon l'ordre de grandeur du décaissement annuel. Mais comme vos revenus seront moins élevés au moment de la retraite, votre taux d'imposition sera aussi plus faible.

Actuellement, le contribuable québécois a le droit de verser un maximum de 18 % de son revenu imposable annuel jusqu'à concurrence de 13 500 $, mais les contributions non utilisées peuvent être reportées pour utilisation future. Il y a plusieurs années déjà que nous entendons des rumeurs voulant que le fédéral permette d'augmenter ces plafonds pour tenir compte de l'effet de l'inflation sur la masse salariale totale des citoyens canadiens. Il semble que ce soit imminent: ce serait souhaitable.

À l'âge de 69 ans, le contribuable canadien, qu'il en ait besoin ou non, devra convertir son REER en un fonds enregistré de revenu de retraite (FERR) et y puiser (décaissement) un certain pourcentage chaque année. C'est alors la fin du REER: tout le capital, les intérêts compris, devient assujetti à l'impôt.

Enfin, il est intéressant de savoir qu'on peut aussi contribuer au régime enregistré d'épargne-retraite de sa conjointe ou de son conjoint. Pour les jeunes qui en sont à l'achat d'une première propriété, le régime d'accession à la propriété (RAP) est une solution intimement liée au REER. Il en va de même pour un retour aux études: c'est le régime d'encouragement à l'éducation permanente qui est alors en vigueur. Ce sont deux programmes intéressants qui permettent un emprunt de 20 000 $ et qui sont à l'abri de l'impôt.

Les produits admissibles

En adhérant et, par la suite, en contribuant à un REER, le régime en question nous permet d'acquérir certains produits financiers admissibles selon les lois fiscales en vigueur. De façon générale, les produits admissibles comprennent les dépôts à terme, les obligations gouvernementales et municipales, les actions et les obligations de sociétés publiques ou non publiques (avec certaines restrictions), les prêts hypothécaires (avec restriction), les parts de fiducies de fonds communs de placement, les parts de certaines coopératives, les actions de fonds de travailleurs. Cette liste n'est pas exhaustive, mais reflète assez bien les produits généralement utilisés à l'intérieur d'un régime de retraite.

Quant aux questions qu'on se posait au début, il me semble qu'il faut répondre par l'affirmative: le contribuable gagne à investir dans son REER.

question @avantages.com

Michel Marcoux est conseiller en placement et président d'Avantages Services Financiers inc., une société indépendante spécialisée dans le courtage de fonds communs de placement, et il est l'auteur de l'ouvrage Les 100 meilleurs fonds 2003.
 
 
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