Avec le recul continu des marchés boursiers - La santé financière des caisses de retraite se détériore
Deux années de performance boursière négative (trois aux États-Unis), des caisses de retraite affichant, l'an dernier, leurs pires rendements depuis 1974... Mais rien n'y fait. Les marchés boursiers demeurent toujours paralysés en ce début d'année, pris au piège de cette incertitude géopolitique, paralysés par les bruits de botte sur l'Irak.
Ainsi, malgré deux semaines de hausse au début de 2003, les marchés boursiers ont repris leur tendance baissière, revenant à leur niveau d'octobre 2002. Avec une perte moyenne frôlant les 8 %. Tous en conviennent, «la menace de guerre éclipse tout le reste».
Cette hésitation survient après trois années de recul, du jamais vu depuis la Deuxième Guerre mondiale. Quant à quatre années consécutives de performance négative, ça ne s'est pas vu depuis la Grande Dépression des années 1930.
Cette hésitation survient également après que les caisses de retraite eurent, en 2002, réalisé leurs pires rendements depuis 1974. Tant Mercer que Morneau Sobeco ont dressé un sombre portrait. Pour Mercer, «il s'agit de la deuxième année de suite où le rendement médian se situe nettement sous les niveaux typiquement attendus à long terme, ce qui a eu un impact dévastateur sur la santé financière des régimes de retraite.» Selon l'indice sur la santé financière calculé par le cabinet de consultations, «on peut observer une détérioration de la situation financière d'un régime type de 15 % depuis le début de 2002, de 21 % depuis le début de 2001». Mercer attribue cette contraction à l'effet combiné des marchés baissiers et de l'augmentation du coût des pensions, à la suite de la baisse des taux d'intérêt.
Pour Morneau Sobeco, «les piètres rendements des deux dernières années produiront dans beaucoup de cas des déficits actuariels qui devront obligatoirement être comblés par des cotisations supplémentaires».
En termes de rendement, le rendement médian d'un fonds équilibré a été de -4,6 % l'an dernier, le pire résultat depuis 1974. Celui des fonds d'actions canadiennes a été de -9,8 %, des fonds d'actions américaines, de -22,9 %, et des fonds d'actions internationales, de -16,7 %. À l'opposé, le rendement médian des fonds d'obligation à été de 8,7 %.
Pendant ce temps, les hypothèques ont réalisé un rendement médian de 6,6 %, le marché monétaire, de 2,6 %, et les marchés émergents, de -4,8 %. Les placements alternatifs, pour leur part, ont affiché du 1,5 % (fonds de couverture) et du 1,8 % (produits immobiliers).
Environnement hostile
Une économie américaine qui ne montre toujours pas de signe de relance durable, le plongeon du dollar et des perspectives en demi-teinte pour les entreprises américaines, complètent l'environnement hostile dans lequel évolue la Bourse, ont ajouté les analystes consultés par l'Agence France-Presse. Ainsi, «les investisseurs sont tiraillés entre le souhait de laisser la diplomatie faire ses preuves et celui d'une attaque rapide en Irak pour en finir au plus vite, d'où une paralysie du processus de décision aussi bien dans les entreprises que sur le marché.»
«La chute du dollar a retenu l'attention du marché», a ajouté Peter Cardillo, stratège de la firme Global Partners Securities, qui relève aussi la flambée au plus haut depuis six ans des cours de l'or, valeur refuge par excellence. Le billet vert, victime aussi des tensions avec l'Irak, est tombé vendredi dernier à un nouveau record, franchissant le seuil de 1,08 dollar pour un euro pour la première fois depuis octobre 1999. La monnaie unique a franchi trois seuils symboliques importants (1,06, 1,07 et 1,08 dollar) en seulement six séances et s'est appréciée de plus de 3 % par rapport au dollar depuis le 1er janvier.
Devant toutes ces inconnues, «personne ne veut s'engager», a estimé Peter Cardillo. Larry Wachtel a pour sa part rappelé l'évolution de la Bourse américaine au moment du déclenchement en 1991 par le président Bush père de la guerre contre l'Irak. «Pendant les deux semaines avant que les bombardements ne commencent, on a eu de fortes turbulences à la Bourse. Quand les bombes ont commencé à tomber, la Bourse est repartie en hausse», a-t-il indiqué.
Vincent Lépine, économiste en chef adjoint de la Financière Banque Nationale s'est également livré à ce jeu des comparaisons. «L'Irak a envahi le Koweit en août 1990. Les marchés boursiers ont mal accueilli la nouvelle et ont chuté de 13 % pendant les semaines qui ont suivi. Les craintes suscitées par la guerre les ont figés là jusqu'au début de 1991», a-t-il rappelé. L'opération Tempête du désert s'est étalée du 17 janvier à la fin de février 2001. Dans l'intervalle, les actions américaines avaient rebondi, pour reprendre 12 %.
Un parallèle similaire vaut pour le dollar américain, qui avait abandonné 10 % de sa valeur avant le déclenchement des hostilités, pour effacer sa perte une fois la confrontation engagée. Même constat pour l'or et le pétrole dont le cours, grossi par l'incertitude, s'est replié de 5 et de 12 % respectivement dans les jours suivant le déclenchement de l'opération.
Le seul contraste entre les deux périodes vient du marché obligataire, a noté l'économiste. Si, en 1990, le conflit avec l'Irak n'avait pas eu d'impact sur le marché obligataire, la situation risque d'être différente cette fois-ci. «Au début de 1990, il existait une corrélation positive entre les deux marchés [obligataire et boursier]. Aujourd'hui, la corrélation est fortement négative.» Ce faisant, l'activité intermarché étant telle aujourd'hui qu'«une reprise des actions sous l'effet du soulagement pourrait avoir un impact violent sur le marché obligataire».
Avec l'Agence France-Presse
Ainsi, malgré deux semaines de hausse au début de 2003, les marchés boursiers ont repris leur tendance baissière, revenant à leur niveau d'octobre 2002. Avec une perte moyenne frôlant les 8 %. Tous en conviennent, «la menace de guerre éclipse tout le reste».
Cette hésitation survient après trois années de recul, du jamais vu depuis la Deuxième Guerre mondiale. Quant à quatre années consécutives de performance négative, ça ne s'est pas vu depuis la Grande Dépression des années 1930.
Cette hésitation survient également après que les caisses de retraite eurent, en 2002, réalisé leurs pires rendements depuis 1974. Tant Mercer que Morneau Sobeco ont dressé un sombre portrait. Pour Mercer, «il s'agit de la deuxième année de suite où le rendement médian se situe nettement sous les niveaux typiquement attendus à long terme, ce qui a eu un impact dévastateur sur la santé financière des régimes de retraite.» Selon l'indice sur la santé financière calculé par le cabinet de consultations, «on peut observer une détérioration de la situation financière d'un régime type de 15 % depuis le début de 2002, de 21 % depuis le début de 2001». Mercer attribue cette contraction à l'effet combiné des marchés baissiers et de l'augmentation du coût des pensions, à la suite de la baisse des taux d'intérêt.
Pour Morneau Sobeco, «les piètres rendements des deux dernières années produiront dans beaucoup de cas des déficits actuariels qui devront obligatoirement être comblés par des cotisations supplémentaires».
En termes de rendement, le rendement médian d'un fonds équilibré a été de -4,6 % l'an dernier, le pire résultat depuis 1974. Celui des fonds d'actions canadiennes a été de -9,8 %, des fonds d'actions américaines, de -22,9 %, et des fonds d'actions internationales, de -16,7 %. À l'opposé, le rendement médian des fonds d'obligation à été de 8,7 %.
Pendant ce temps, les hypothèques ont réalisé un rendement médian de 6,6 %, le marché monétaire, de 2,6 %, et les marchés émergents, de -4,8 %. Les placements alternatifs, pour leur part, ont affiché du 1,5 % (fonds de couverture) et du 1,8 % (produits immobiliers).
Environnement hostile
Une économie américaine qui ne montre toujours pas de signe de relance durable, le plongeon du dollar et des perspectives en demi-teinte pour les entreprises américaines, complètent l'environnement hostile dans lequel évolue la Bourse, ont ajouté les analystes consultés par l'Agence France-Presse. Ainsi, «les investisseurs sont tiraillés entre le souhait de laisser la diplomatie faire ses preuves et celui d'une attaque rapide en Irak pour en finir au plus vite, d'où une paralysie du processus de décision aussi bien dans les entreprises que sur le marché.»
«La chute du dollar a retenu l'attention du marché», a ajouté Peter Cardillo, stratège de la firme Global Partners Securities, qui relève aussi la flambée au plus haut depuis six ans des cours de l'or, valeur refuge par excellence. Le billet vert, victime aussi des tensions avec l'Irak, est tombé vendredi dernier à un nouveau record, franchissant le seuil de 1,08 dollar pour un euro pour la première fois depuis octobre 1999. La monnaie unique a franchi trois seuils symboliques importants (1,06, 1,07 et 1,08 dollar) en seulement six séances et s'est appréciée de plus de 3 % par rapport au dollar depuis le 1er janvier.
Devant toutes ces inconnues, «personne ne veut s'engager», a estimé Peter Cardillo. Larry Wachtel a pour sa part rappelé l'évolution de la Bourse américaine au moment du déclenchement en 1991 par le président Bush père de la guerre contre l'Irak. «Pendant les deux semaines avant que les bombardements ne commencent, on a eu de fortes turbulences à la Bourse. Quand les bombes ont commencé à tomber, la Bourse est repartie en hausse», a-t-il indiqué.
Vincent Lépine, économiste en chef adjoint de la Financière Banque Nationale s'est également livré à ce jeu des comparaisons. «L'Irak a envahi le Koweit en août 1990. Les marchés boursiers ont mal accueilli la nouvelle et ont chuté de 13 % pendant les semaines qui ont suivi. Les craintes suscitées par la guerre les ont figés là jusqu'au début de 1991», a-t-il rappelé. L'opération Tempête du désert s'est étalée du 17 janvier à la fin de février 2001. Dans l'intervalle, les actions américaines avaient rebondi, pour reprendre 12 %.
Un parallèle similaire vaut pour le dollar américain, qui avait abandonné 10 % de sa valeur avant le déclenchement des hostilités, pour effacer sa perte une fois la confrontation engagée. Même constat pour l'or et le pétrole dont le cours, grossi par l'incertitude, s'est replié de 5 et de 12 % respectivement dans les jours suivant le déclenchement de l'opération.
Le seul contraste entre les deux périodes vient du marché obligataire, a noté l'économiste. Si, en 1990, le conflit avec l'Irak n'avait pas eu d'impact sur le marché obligataire, la situation risque d'être différente cette fois-ci. «Au début de 1990, il existait une corrélation positive entre les deux marchés [obligataire et boursier]. Aujourd'hui, la corrélation est fortement négative.» Ce faisant, l'activité intermarché étant telle aujourd'hui qu'«une reprise des actions sous l'effet du soulagement pourrait avoir un impact violent sur le marché obligataire».
Avec l'Agence France-Presse
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