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Finance personnelle - Dure année pour les fonds

Les statistiques publiées la semaine dernière ont servi de bilan à une année difficile dans l'industrie des fonds d'investissement. Les difficultés sont venues tant de la commercialisation des parts que des rendements, négatifs pour une deuxième année. En fait, n'eût été des fonds de titres à revenu fixe... Mais la confiance revient peu à peu et les regards, encore inquiets, se déplacent vers les fonds équilibrés et l'absorption d'un risque accru.

Ce retour, pondéré, de la confiance ressort dans le dernier sondage trimestriel réalisé à la mi-décembre pour la Financière Manuvie. Parmi les grandes conclusions, on y observe un rebond de l'indice de confiance des épargnants, après un creux atteint un an plus tôt et une lecture morose en 2002. «Nos quatre années de sondage montrent que les Canadiens privilégient traditionnellement les placements sûrs, ce qu'ils ont fait en particulier à la suite de la réaction du marché face à la déconfiture de WorldCom et d'Enron l'année dernière. Cependant, le dernier sondage indique un regain de confiance dans plusieurs autres secteurs, notamment les actions et les fonds équilibrés», a souligné Manuvie.

Ce réajustement dans la ventilation des éléments d'actif est perceptible dans le survol effectué jeudi dernier par la CIBC. L'économiste, Benjamin Tal, a fait ressortir que les positions liquides se sont résorbées fortement ces derniers jours, après une forte augmentation en 2001 et durant les premiers mois de 2002. Il a également observé que le mouvement de délestage frappant les fonds d'actions a commencé à ralentir au cours des derniers mois. Il touchait tout de même les 300 millions de dollars en décembre, les ventes nettes pour cette catégorie de fonds étant en contraction pour un septième mois consécutif.

À l'opposé, la détention de fonds obligataires, une mesure qualifiée de défensive, était en hausse de 330 millions de dollars le mois dernier, et de plus de 630 millions au dernier trimestre, après un repli de 200 millions le trimestre précédent. «Il faut s'attendre à un retour des ventes nettes de fonds d'actions en territoire positif au cours des prochains mois, mais la magnitude de la hausse sera limitée», a ajouté l'économiste.

Statistiques décevantes

Cette lecture faisait suite à des statistiques décevantes en décembre venant de l'Institut canadien des fonds d'investissement. Ainsi, les retraits d'argent ont atteint 8,8 milliards et les contributions — ou ventes — étaient de 8,6 milliards. En tenant compte d'un montant de 1,6 milliard au titre du réinvestissement, les ventes nettes de tous les fonds ont dégagé un bilan négatif de 1,3 milliard. Pour l'ensemble de 2002, les ventes nettes ont affiché leur pire résultat depuis 1991. Elles ont totalisé 3,4 milliards, comparativement aux contributions de 28 milliards en 2001.

À la fin de décembre, l'industrie revendiquait un actif sous gestion de 391,3 milliards, en baisse de 8,2 % par rapport à décembre 2001.

À cette pauvre performance commerciale vient s'ajouter la chute des rendements. Selon une compilation de globefund.com, un site associé au Globe and Mail, seulement 11 des 35 catégories de fonds recensées au Canada ont terminé l'année hors du rouge. En d'autres termes, les deux tiers des catégories de fonds ont inscrit un rendement négatif l'an dernier, la pire performance ayant été inscrite dans les fonds d'actions. Dans ce segment, le recul moyen a été de 12 %, après une chute de 3,8 % en 2001. Ce fut pire aux États-Unis, les fonds d'actions américaines compilant un rendement négatif moyen de 24,3 %.

Même les fonds équilibrés, reconnus pour leur capacité à mieux résister aux corrections boursières, n'ont pu maintenir la tête hors de l'eau, inscrivant l'an dernier leur pire performance en 15 ans. Le rendement négatif moyen a été de 5,5 %. À l'inverse, les fonds obligataires ont dominé la liste des «performants» l'an dernier, avec un rendement moyen de 6,1 %, de 15,7 % aux États-Unis.

Globefund.com note, enfin, que chez les fiducies de revenus — encore très populaires l'an dernier même si elles ont déçu avec des performances inférieures à celles miroitées — le rendement moyen a été de 7,4 %, grâce à un ralliement observé dans les sociétés de redevance pétrolières et gazières.






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