Fonds d'investissement: L'approche valeur
On ne peut qu'apprécier la bonne tenue des fonds d'approche valeur au cours des trois dernières années. Beaucoup de chasseurs d'aubaines en ont profité pour enregistrer des rendements positifs intéressants. Selon les dernières données, l'ensemble des fonds d'approche valeur à grandes capitalisations obtient un rendement annualisé positif de 2,4 % sur la période baissière des trois dernières années. Il s'agit d'un rendement supérieur de 8,7 % à celui obtenu par l'indice TSX: de quoi faire tourner les têtesÉ
Avec l'instabilité rattachée au marché boursier et la plus grande réticence des investisseurs vis-à-vis des fonds plus volatils, il n'est pas surprenant de constater que peu d'investisseurs soient enclins à renouer avec le style croissance, l'approche qui avait obtenu du succès pendant le dernier marché haussier. Du côté des fonds d'actions, la faveur des investisseurs est nettement du côté des fonds adeptes de l'approche développée par Benjamin Graham: l'approche valeur.
Comme on le sait, toute bonne chose a une fin, et c'est pratiquement un dogme dans le domaine de la finance. Aussi, l'on voit rarement une catégorie spécifique de fonds garder longtemps une position dominante. À terme, un retour du balancier se fera, et les fonds croissance «tape-à-l'oeil» regagneront la faveur. La grande question, et personne n'a la réponse, reste toujours la même: quand le changement aura-t-il lieu?
Sans vouloir me prêter au jeu des prédictions, certains facteurs incitent à la prudence par rapport à l'approche croissance. Sur une base historique, le niveau de valorisation des titres boursiers, surtout pour ceux des États-Unis, demeure élevé.
Plus de stabilité
Rien de mieux qu'un fonds valeur pour affronter les turbulences possibles du marché. Quand les choses tournent mal à la Bourse, l'approche à la Benjamin Graham sait se démarquer avantageusement. La pensée qui obsède les gestionnaires d'approche valeur, c'est-à-dire des prix d'acquisition peu élevés par rapport à la valeur intrinsèque des entreprises, permet d'obtenir des fluctuations moins prononcées. Sur cinq ans, l'écart-type des fonds d'actions d'approche valeur à grandes capitalisations est d'environ 25 % inférieur à celui du TSX.
Les gestionnaires de style valeur peuvent trouver leur compte dans les titres d'entreprises qui ont baissé à la suite de certaines situations spécifiques telles qu'une grève, un départ de dirigeant, un problème d'ordre légal, etc. S'ils jugent que ces situations qui affectent les entreprises sont temporaires, ils profiteront de la surréaction des investisseurs afin de faire le plein de titres, et ce, à des prix attrayants. Ainsi, les gestionnaires qui agissent de la sorte pensent autrement que le marché et ils ont la ferme conviction que le temps va finir par leur donner raison.
Les fonds valeur peuvent répondre aux besoins des investisseurs qui désirent renouer avec le marché des actions, mais qui demeurent tout de même craintifs quant à d'éventuelles fluctuations du marché. Un portefeuille diversifié, pas très corrélé au mouvement des titres volatils et qui a tout de même le potentiel de s'apprécier à long terme, voilà ce à quoi le détenteur de fonds valeur peut s'attendre.
Le fonds valeur Mackenzie Cundill canadien sécurité, centré sur le marché canadien, retient particulièrement mon attention: il est géré par Peter Cundill et Alan Pasnik. Fidèle à l'approche Cundill, qui vise à acheter 1 $ avec 50 ¢, ce fonds est considéré comme étant contrarian. En effet, les gestionnaires s'intéressent systématiquement aux titres que tout le monde semble dédaigner. Les rendements sont appréciables en période de trouble boursier. Quant aux périodes de forte croissance boursière, vous ne trouverez jamais ce fonds dans les rendements de premiers quartiles. Les rendements à long terme montrent cependant l'efficacité des gestionnaires. Le rendement annualisé sur 10 ans est de 15,3 %.
Un autre fonds digne de mention, c'est le CI Signature sélect canadien géré par Eric Bushell. Le rendement annualisé de 15,4 % sur quatre ans est impressionnant. En fait, seule une poignée de fonds d'actions canadiennes, dont presque exclusivement des fonds de petites capitalisations, ont obtenu un rendement supérieur sur cette période.
Advenant le cas où le style valeur tomberait en défaveur sur le marché et, croyez-moi, tout est possible, il ne s'agirait pas d'une catastrophe pour les investisseurs ayant opté pour ce genre de fonds. En effet, le potentiel de risque associé aux fonds valeur est moins élevé comparativement à ce que l'approche croissance pourrait générer. Mais ne l'oublions pas, c'est toujours le facteur temps qui permet d'apprécier correctement les performances du style valeur.
question@avantages.com
Michel Marcoux est économiste et président d'Avantages services financiers, une société de courtage indépendante spécialisée dans la vente de fonds de placement.
Avec l'instabilité rattachée au marché boursier et la plus grande réticence des investisseurs vis-à-vis des fonds plus volatils, il n'est pas surprenant de constater que peu d'investisseurs soient enclins à renouer avec le style croissance, l'approche qui avait obtenu du succès pendant le dernier marché haussier. Du côté des fonds d'actions, la faveur des investisseurs est nettement du côté des fonds adeptes de l'approche développée par Benjamin Graham: l'approche valeur.
Comme on le sait, toute bonne chose a une fin, et c'est pratiquement un dogme dans le domaine de la finance. Aussi, l'on voit rarement une catégorie spécifique de fonds garder longtemps une position dominante. À terme, un retour du balancier se fera, et les fonds croissance «tape-à-l'oeil» regagneront la faveur. La grande question, et personne n'a la réponse, reste toujours la même: quand le changement aura-t-il lieu?
Sans vouloir me prêter au jeu des prédictions, certains facteurs incitent à la prudence par rapport à l'approche croissance. Sur une base historique, le niveau de valorisation des titres boursiers, surtout pour ceux des États-Unis, demeure élevé.
Plus de stabilité
Rien de mieux qu'un fonds valeur pour affronter les turbulences possibles du marché. Quand les choses tournent mal à la Bourse, l'approche à la Benjamin Graham sait se démarquer avantageusement. La pensée qui obsède les gestionnaires d'approche valeur, c'est-à-dire des prix d'acquisition peu élevés par rapport à la valeur intrinsèque des entreprises, permet d'obtenir des fluctuations moins prononcées. Sur cinq ans, l'écart-type des fonds d'actions d'approche valeur à grandes capitalisations est d'environ 25 % inférieur à celui du TSX.
Les gestionnaires de style valeur peuvent trouver leur compte dans les titres d'entreprises qui ont baissé à la suite de certaines situations spécifiques telles qu'une grève, un départ de dirigeant, un problème d'ordre légal, etc. S'ils jugent que ces situations qui affectent les entreprises sont temporaires, ils profiteront de la surréaction des investisseurs afin de faire le plein de titres, et ce, à des prix attrayants. Ainsi, les gestionnaires qui agissent de la sorte pensent autrement que le marché et ils ont la ferme conviction que le temps va finir par leur donner raison.
Les fonds valeur peuvent répondre aux besoins des investisseurs qui désirent renouer avec le marché des actions, mais qui demeurent tout de même craintifs quant à d'éventuelles fluctuations du marché. Un portefeuille diversifié, pas très corrélé au mouvement des titres volatils et qui a tout de même le potentiel de s'apprécier à long terme, voilà ce à quoi le détenteur de fonds valeur peut s'attendre.
Le fonds valeur Mackenzie Cundill canadien sécurité, centré sur le marché canadien, retient particulièrement mon attention: il est géré par Peter Cundill et Alan Pasnik. Fidèle à l'approche Cundill, qui vise à acheter 1 $ avec 50 ¢, ce fonds est considéré comme étant contrarian. En effet, les gestionnaires s'intéressent systématiquement aux titres que tout le monde semble dédaigner. Les rendements sont appréciables en période de trouble boursier. Quant aux périodes de forte croissance boursière, vous ne trouverez jamais ce fonds dans les rendements de premiers quartiles. Les rendements à long terme montrent cependant l'efficacité des gestionnaires. Le rendement annualisé sur 10 ans est de 15,3 %.
Un autre fonds digne de mention, c'est le CI Signature sélect canadien géré par Eric Bushell. Le rendement annualisé de 15,4 % sur quatre ans est impressionnant. En fait, seule une poignée de fonds d'actions canadiennes, dont presque exclusivement des fonds de petites capitalisations, ont obtenu un rendement supérieur sur cette période.
Advenant le cas où le style valeur tomberait en défaveur sur le marché et, croyez-moi, tout est possible, il ne s'agirait pas d'une catastrophe pour les investisseurs ayant opté pour ce genre de fonds. En effet, le potentiel de risque associé aux fonds valeur est moins élevé comparativement à ce que l'approche croissance pourrait générer. Mais ne l'oublions pas, c'est toujours le facteur temps qui permet d'apprécier correctement les performances du style valeur.
question@avantages.com
Michel Marcoux est économiste et président d'Avantages services financiers, une société de courtage indépendante spécialisée dans la vente de fonds de placement.
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