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Fonds d'investissement: Des réussites

Michel Marcoux   30 décembre 2002  Finances personnelles
Comment faire le bilan d'une année boursière aussi mouvementée? En quelques mots, ce bilan peut se résumer ainsi : crainte d'attentats terroristes, manipulations comptables, ralentissement économique, hausse du prix du pétrole, possibilité d'un conflit en Irak. Bref, rien pour soutenir la cause des actions. Les gestionnaires de fonds ont beau se démener comme des diables dans l'eau bénite, l'effet de la débandade boursière s'est fait sentir. La chute a été systémique, presque toutes les catégories d'actions ayant été touchées.

Voici donc les résultats concrets du recul boursier : pour les 50 plus gros fonds d'actions canadiennes, le recul affiché depuis le début de l'année se situe à 9,9 %.

Pour sa part, le TSX a essuyé un recul de près de 3,5 % supérieur à ces 50 fonds d'actions canadiennes.

Approche valeur

Pour mettre fin à cette année sur une bonne note, considérons donc les réussites, les fonds qui sont parvenus, malgré vents et marées, à faire bonne figure.

C'est le cas, notamment, des fonds d'actions d'approche valeur. Les gestionnaires qui n'ont pas dérogé de ce style ont pu savourer une autre victoire par rapport aux tenants de l'approche croissance.

L'avantage marqué du style valeur, c'est son risque relativement peu élevé. En fait, les gestionnaires qui pratiquent cette approche possèdent une arme supplémentaire pour faire face aux fluctuations boursières : ils sélectionnent des titres sous-évalués par rapport à leur valeur intrinsèque.

Ce sont des gestionnaires cheap: ils ne veulent pas débourser beaucoup pour acquérir un titre. Cette façon d'agir a ainsi limité le mouvement à la baisse observé tout au cours de l'année.

Les fonds d'approche croissance, pour leur part, font face aux fluctuations boursières en jouant sur la portion consacrée aux actifs liquides tels que les bons du Trésor. Avouons-le, cette façon plutôt simple d'amoindrir les fluctuations ne s'est pas avérée une mesure très efficace pour contrer les baisses du marché.

CI Harbour, Mackenzie Ivy canadien, fonds Trimark sont des exemples de fonds ayant appliqué avec succès l'approche valeur: aucun de ceux-ci n'a perdu plus que 5 % depuis le début de l'année. Et ce qui est encore plus surprenant, c'est l'obtention d'un rendement positif sur trois ans pour ces disciples de Benjamin Graham. De quoi rendre heureux les détenteurs de parts.

Secteur obligataire

Une autre réussite remarquable en 2002 nous vient du côté des fonds d'obligations. Plusieurs analystes prévoyaient une chute de ce secteur. On nous a posé fréquemment la question suivante au début de 2002: se peut-il que les fonds d'obligations battent pour une troisième année consécutive les fonds d'actions? Si on avait été devin, il aurait fallu répondre par l'affirmative. Rarement a-t-on vu les titres à revenus fixes supplanter les actions pendant une période aussi longue.

Aidés par les baisses de taux d'intérêt et par la chute du marché des actions, les fonds obligataires ont permis aux investisseurs de bénéficier d'un rendement positif. Depuis le début de l'année, les fonds d'obligations obtiennent un rendement de 4,2 % pour une performance cumulative sur trois ans de 19,4 %.

Doit-on prévoir un rendement moins élevé du secteur obligataire pour 2003? L'incertitude règne à ce sujet étant donné la faiblesse relative de la croissance économique américaine. Ajoutons également la présence d'une certaine désinflation aux États-Unis, c'est-à-dire d'un ralentissement de la hausse des prix. Mais la combinaison de ces facteurs joue en faveur des obligations.

Produits alternatifs

L'année 2002 a également été celle des produits alternatifs. À ce chapitre, certains fonds se sont démarqués. C'est notamment le cas des billets émis par la Banque de développement du Canada et liés à des contrats à terme gérés.

Ce produit, administré par Tricycle Asset Management, a connu un fort succès. La raison? D'une part, le capital est garanti à échéance et, d'autre part, le rendement est non corrélé aux mouvements de la Bourse: deux facteurs extrêmement recherchés par les investisseurs.

En raison de la popularité de ces fonds, on peut s'attendre à voir l'apparition de produits similaires au cours des prochaines années.

Je vous souhaite une bonne année 2003. Qu'elle soit prospère. Malgré les difficultés de 2002, j'ai le goût de vous répéter des conseils déjà donnés : gardez le cap, faites vos devoirs financiers et arrangez-vous pour dormir l'esprit en paix.

questions@avantages.com

Michel Marcoux est économiste et président d'Avantages services financiers, une société de courtage indépendante spécialisée dans la vente de fonds de placement.






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