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Fonds d'investissement - Une récession, mais pas de catastrophe

Michel Marcoux   1 décembre 2007  Finances personnelles
À la suite de la crise du crédit et des tournoiements du marché de l'été dernier, plusieurs ont rapidement tracé un parallèle avec le fameux «lundi noir», journée où, il y a un peu plus de 20 ans, l'indice Dow Jones a reculé de pas moins de 22 %.

Comme le souligne un article publié par la famille de fonds Mackenzie et intitulé «Ride the wave... but know how to swim», il existe quelques similarités entre le contexte qui prévalait au mois de juillet dernier et celui du fameux lundi du 19 octobre 1987. Dans les deux cas, les indices boursiers atteignaient des niveaux records, un nouveau patron de la Fed venait de prendre place, et le prix du pétrole augmentait de même que les taux d'intérêt. Et, qui plus est, un républicain en était à son deuxième mandat à la Maison-Blanche.

Malgré ces similitudes et, surtout, en dépit des prédictions d'analystes qui entrevoyaient une catastrophe à grande échelle, la dernière crise a évolué fort différemment de la première. Et, quant aux analystes prophètes de malheur, ils auront connu une brève minute de gloire dans les médias.

Après avoir baissé en août, grimpé au mois de septembre et redescendu en novembre, l'indice Dow Jones affiche tout de même une légère hausse depuis le début de l'année. La Réserve fédérale et les autres banques centrales ont réagi promptement face à la situation difficile du crédit qui a fait suite à la débâcle de l'ordre de 700 milliards du marché des prêts hypothécaires à risque (subprime).

Même si le marché s'est relativement bien porté, cela ne veut pas dire que l'économie américaine va continuer à enregistrer une croissance. Le gestionnaire Chris Kresic, de la famille de fonds Mackenzie, croit que les États-Unis se dirigent vers la fin d'un cycle économique.

Le gestionnaire évalue la longueur du présent cycle à 10 ans. Selon lui, l'économie reculera et entrera en récession à un certain moment au cours des trois prochaines années. Soulignons que les trois dernières récessions américaines sont survenues au cours des années 2001, 1990 et 1981.

Et comme cela est survenu au cours de deux derniers cycles de 10 ans, aux deux tiers de cette période devrait apparaître une certaine forme de crise affectant l'économie. La banque centrale viendra par la suite au secours en adoucissant sa politique monétaire. Après naîtra une nouvelle phase d'expansion.

Puis, une récession ne signifie pas la fin du monde. Les récessions sont généralement de courte durée — sept mois en moyenne pour les trois dernières. Et le marché boursier tend à reprendre du poil de la bête par après. On n'a qu'à revenir sur la direction du marché canadien à la suite de l'éclatement de la bulle technologique.

Selon le point de vue de M. Kresic, ce n'est pas la crise des prêts hypothécaires à risque qui va déclencher une récession. Il estime que la baisse du marché immobilier américain a grugé 1 % du PIB américain au cours du quatrième trimestre de 2006 et 0,5 % au deuxième trimestre de cette année. L'effet négatif va continuer tout en diminuant d'intensité.

Les économies asiatiques pourraient être la carte qui retardera une récession aux États-Unis. En fait, le scénario serait l'inverse de celui vécu en 1998, alors que les États-Unis sont venus à la rescousse de certains pays d'Asie.

Quant au marché, M. Kresic croit que les contrecoups de la crise des subprimes continueront à se faire ressentir au fur et à mesure que le marché immobilier «trouvera» son prix plancher. À ce sujet, un indice suivant l'évolution du prix des habitations américaines a reculé de 4,5 % au troisième trimestre, selon les dernières données de S&P/Case-Shiller. Il s'agit d'un record de baisse trimestrielle depuis 1988, année où les données ont commencé à être compilées. Un recul d'une ampleur similaire est prévu pour le quatrième trimestre.

Solution

M. Kresic croit que les investisseurs devraient consacrer une partie de leur actif dans les fonds obligataires. Il souligne que les taux d'intérêt sont dans une pente descendante. À cet effet, malgré la flambée des prix du pétrole, l'inflation a été maîtrisée chez nos voisins du Sud. L'indice global des prix à la consommation américain est passé de 5,5 % à 3,4 % depuis 2000. Dans ce contexte, la banque centrale voit moins la nécessité d'augmenter les taux.

Chria Kreesic souligne également qu'une économie qui ralentit est bonne pour le marché des obligations d'entreprises. La situation pour cette classe d'actif est d'autant plus positive que l'offre d'obligations d'entreprises diminue — ce qui crée un phénomène de rareté —et que le taux de défaut demeure relativement stable, à 1,4 %.

RevenuPlus

Mon article de la semaine dernière sur le produit de Manuvie a suscité quelques questions. Rappelons que RevenuPlus est un produit offrant notamment un revenu viager qui est garanti la vie durant, et ce, peu importe la direction du marché. Avec ce produit, l'investisseur le plus craintif peut totalement se déconnecter de la direction que prend le marché en sachant qu'il récupérera son capital tant et aussi longtemps qu'il gardera le produit.

Quant à l'âge de la personne à qui s'adresse ce produit, on peut penser à ceux qui s'approchent de la retraite ou qui y sont déjà rendus. Le produit assure un rendement minimum de 5 % pour les années où aucun retrait n'est effectué, et ce, pour une période maximale de 15 années. L'investisseur qui prévoit donc commencer à toucher un revenu de placement dans près de 15 ans pourrait donc profiter de l'avantage du rendement garanti offert par RevenuPlus.

Autre fait à noter: l'investissement minimum y est de 50 000 $. Cet obstacle n'a toutefois pas empêché les Canadiens d'y investir plus de deux milliards depuis un peu plus d'un an.

question@avantages.com

L'auteur est conseiller en placement et président d'Avantages Services financiers, une société indépendante spécialisée dans le courtage de fonds communs de placement et dans la gestion privée.






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