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Contre l'imprévisible, tous et toutes peuvent être prémunis

Nous vivons dans un monde où la sécurité n'est pas un vain mot

Ils ou elles sont à vos portes. Pour quelque objet que ce soit, quel que soit son état ou presque, comme pour les lieux ou les personnes, on peut vous proposer le produit qui convient. Ce monde aux services multiples est celui de l'assurance. Et dire que ce secteur a des difficultés à s'assurer qu'il y aura demain suffisamment de personnes sur le terrain pour bien le représenter.

Avez-vous déjà réussi à acheter quelque chose d'une quelconque valeur monétaire sans que votre vendeur ne vous offre, pour quelques dollars et souvent quelques centaines de dollars de plus, un programme de «protection» qui vous permettra d'avoir l'esprit en paix? Et si vous tentez d'obtenir un prêt hypothécaire, dans l'une ou l'autre des succursales de nos aimables caisses, vous vous apercevrez qu'au pourcentage qui va avec le prêt s'en ajoute un autre, celui d'une assurance qui couvre... mais quoi au juste? Mon dieu, bien de choses, qu'on vous nomme, mais dont vous vous préoccupez peu, car ce qui vous intéresse, c'est d'obtenir un prêt.

Et si ce n'était que cela. Certains se promènent avec des airs coupables. Ne lit-on point continuellement qu'il faut assurer (le mot est ici de mise) la paix de ses proches? En cas d'accident, peu importe sa nature, pourront-ils malgré tout poursuivre leur vie comme si de rien n'était? Et cette même approche nous mène encore plus loin. Ne seriez-vous plus du nombre des personnes qui habitent cette planète, une des tristes conséquences de la mort, que là encore il vous faudra faire en sorte que tous vos proches puissent toujours vivre en paix, et n'être affectés par votre disparition que sur le plan émotionnel.

Le même scénario se répète à l'échelle collective. En France, mardi soir, c'était la catastrophe annoncée. Tous les syndiqués de la Société nationale des chemins de fer (SNCF) allaient faire la grève, le gouvernement en place ayant en tête de mettre un terme aux déboursés occasionnés par une caisse de retraite qui permet à des personnes âgées de 50 ou 55 ans de vivre des contributions des autres — confrères de travail ou concitoyens — pendant les 20, 30, 40, voire les 50 prochaines années. De même, au Québec, on a répété plus d'une fois que la Régie des rentes serait un jour à sec, mais on a toutefois poussé un soupir de soulagement en lisant une brève de journal annonçant que les actifs du Régime de pensions du Canada étaient en hausse de 4,7 milliards, et ce, pour les seuls derniers mois comptabilisés de l'exercice.

Tout surplus fait du bien: celui de l'«assurance-chômage», du régime de rentes, de l'impôt, des caisses de dépôt ou de retraite, des compagnies spécialisés de ces secteurs. Tout déficit entraîne au contraire des craintes: les régies d'assurance pour les médicaments, les automobiles, la santé et la sécurité au travail, et ainsi de suite, jusqu'à la catastrophe, qui se produit quand des banques, surtout américaines, contribuent au surendettement de leur clientèle.

Plaisirs divers

Nous vivons dans un monde où la sécurité n'est pas un vain mot. Pour «votre» bien, on ferme des frontières ou on envahit des pays. Pour «votre» bonheur, on est également prêt à s'occuper de tout. Moyennant finances, vous pouvez ainsi avoir toujours à vos côtés un «grand frère» qui se charge d'atténuer toutes les difficultés occasionnées par les divers «bobos» de l'existence.

Votre auto dérape-t-elle? Il vous suffit de la conduire dans un centre d'entretien où on vous la rendra, presque neuve, après vous avoir prêté un véhicule le temps que le vôtre soit remis en état. Votre maison subit-elle une fuite d'eau? Il suffit d'un coup de téléphone pour que vos murs sèchent, que vos vêtements soient nettoyés et que la pièce retrouve au bout du compte sa fraîcheur de ses premiers jours. Comment est-possible? Il suffit d'avoir souscrit la bonne assurance auprès de la bonne compagnie.

Par contre, combien de fois les ordinateurs s'essoufflent, les laveuses débarquent et les portables de toute nature s'éteignent, bref les bidules électroniques et électriques rendent l'âme dans les jours ou les mois qui suivent l'expiration de la garantie que vous avez achetée? De là à en déduire que la durée de vie prévisible de ces objets est égale à la garantie offerte par le fabricant, plus celle proposée par les divers revendeurs...

Prévisions et provisions

Cling! cling! ou dring! dring! La sollicitation est permanente, qu'on réponde au téléphone («votre compagnie de carte de crédit aimerait vous informer...»), qu'on ouvre un journal («à quel âge bénéficierez-vous de cette liberté tant attendue...»), qu'on discute au travail («avons-nous droit à une chambre simple...») ou qu'on discourt entre amis ou en famille («mon frigo a rendu l'âme...»). Autant de lieux et d'occasions qui nous rappellent qu'on peut se prémunir contre tous les aléas de la vie, ou presque (il est impossible de garantir qu'il y aura bien de la neige, bien que son absence puisse causer des pertes de revenus).

On comprend dès lors qu'il faut bien du monde pour informer la population de toutes les occasions qui lui sont offertes de vivre sans tracas financiers majeurs (exclusion faite des déboursés entraînés par le paiement des diverses polices).

Et le secteur de l'assurance de se décrire, quand on parle d'emplois, comme un monde d'avenir. Les postes s'affichent: pour les prochaines années, au seul Québec, des dizaines de milliers seront offerts. On manque donc de candidats sérieux. Et les compagnies savent qu'il est difficile de s'assurer contre le manque d'enthousiasme que leur réservent les générations montantes. Comme en matière de santé, faudra-t-il établir des programmes de travail obligatoires pour s'assurer que tous savent qu'ils peuvent, dans plus d'un domaine, avoir l'esprit en paix?

Pour l'instant, soyons pratiques. Les assurances que vous avez souscrites vous réassurent-elles? Et, au fait, connaissez-vous précisément leur nombre? Et ce qu'elles recouvrent? Pour le reste, comme on dit en début d'année, «... et le paradis à la fin de vos jours!»
 
 
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