Vos placements: Curieux, ce marché boursier
Curieux, ce marché boursier l'est en effet. Depuis septembre, il a grimpé de plus de 15 % au sud de notre frontière et de 6 % environ au Canada. Curieux, dis-je, parce que le gros de ces hausses provient des secteurs à saveur hautement spéculative que sont, vous l'avez deviné, les titres de haute technologie. Les Lucent, Cisco, Microsoft, Corning et Intel de ce monde expliquent largement l'ascension des marchés boursiers américains durant la période. Au Canada, tout l'élan provient essentiellement d'une seule compagnie, Nortel, dont le titre est passé de 70 ¢ à près de 3 $.
Curieux que ce soient ces titres qui prennent ainsi les devants. Comme si les investisseurs n'avaient tiré aucune leçon de la raclée qu'ils ont subie en investissant à grands frais dans ceux-ci durant les années 1990. Ou, ce que je soupçonne, comme si tout ce mouvement avait été orchestré par les gestionnaires de fonds communs de placement et autres investisseurs institutionnels qui tentent désespérément de relever les cours des titres de ces sociétés (qui leur ont probablement fait très mal durant l'année au chapitre de la performance), question de montrer un rendement de fin d'année potable. On spécule pour sauver les meubles, quoi! Chose qu'on peut se permettre quand on gère l'argent des autres.
Curieux également que ce mouvement haussier soit si déconnecté de l'état actuel de l'économie américaine. Un état pour le moins léthargique. Tenez: juste pour la semaine du 2 décembre, je consultais mes notes. Et, dois-je constater, les mauvaises nouvelles ne manquent pas. Je vous en fais une brève énumération:
- démission des deux hommes de main de George Bush en matière économique, Paul O'Neil, le secrétaire trésorier, et Lawrence Lyndsey, le conseiller économique de la Maison-Blanche;
- sortie nette de liquidités des fonds communs de placement en novembre au Canada;
- baisse des ventes d'automobiles au Canada et aux États-Unis en novembre, de 4,5 % et de 13 % respectivement;
- Microcell omet un versement d'intérêt sur sa dette;
- l'indice de l'Institut de la chaîne d'approvisionnement reste sous la barre de 50 en novembre (à moins de 50, l'indice est précurseur d'une contraction de l'activité économique);
- perte nette de 40 000 emplois aux États-Unis en novembre. Le taux de chômage grimpe quant à lui à 6 % (il était de 5,7 % en octobre);
- décote de la Banque Toronto-Dominion par l'agence d'évaluation américaine Standard & Poor's;
- décote par cette même agence de la dette de Quebecor World, la filiale et vache à lait de Quebecor inc.;
- faillite probable de UAL Corp, la compagnie mère de United Airlines;
- baisse de 4,5 % de l'avoir net des Américains au troisième trimestre.
Et j'en passe. Il y a également les nouvelles peu encourageantes ailleurs dans le monde. L'Allemagne, par exemple, dont l'économie frôle la récession. Le Japon reste pour sa part incapable de renouer avec la croissance économique. Les déficits budgétaires sont aussi de retour. Le déficit sera de l'ordre de 160 milliards US aux États-Unis pour l'exercice budgétaire en cours. En Europe, les déficits budgétaires de la France et de l'Allemagne menacent de franchir la barre de 3 % du PIB interdite par l'Union européenne.
Heureusement, le Canada fait bande à part. Son économie se porte à merveille. La création d'emplois demeure très forte. Encore en novembre dernier, il s'est créé 42 300 emplois. Depuis le début de l'année, 502 000 emplois ont été créés. Le taux d'utilisation de la capacité de production se maintient à un niveau sain de plus de 82 % (comparé à moins de 76 % aux États-Unis). Le gouvernement canadien nage pour sa part dans les surplus budgétaires importants, ce qui lui donne toute la marge de manoeuvre voulue pour stimuler l'activité économique.
Sauf que la petite économie canadienne ne peut tirer à elle seule l'économie mondiale, ni supporter les niveaux élevés des indices boursiers nord-américains.
Conclusion: méfiez-vous de l'actuelle hausse des indices et n'allez surtout pas sacrifier vos placements dans de belles entreprises canadiennes et américaines à dividende élevé pour donner dans le jeu de spéculation boursière comme le font actuellement de nombreux investisseurs institutionnels.
Curieux que ce soient ces titres qui prennent ainsi les devants. Comme si les investisseurs n'avaient tiré aucune leçon de la raclée qu'ils ont subie en investissant à grands frais dans ceux-ci durant les années 1990. Ou, ce que je soupçonne, comme si tout ce mouvement avait été orchestré par les gestionnaires de fonds communs de placement et autres investisseurs institutionnels qui tentent désespérément de relever les cours des titres de ces sociétés (qui leur ont probablement fait très mal durant l'année au chapitre de la performance), question de montrer un rendement de fin d'année potable. On spécule pour sauver les meubles, quoi! Chose qu'on peut se permettre quand on gère l'argent des autres.
Curieux également que ce mouvement haussier soit si déconnecté de l'état actuel de l'économie américaine. Un état pour le moins léthargique. Tenez: juste pour la semaine du 2 décembre, je consultais mes notes. Et, dois-je constater, les mauvaises nouvelles ne manquent pas. Je vous en fais une brève énumération:
- démission des deux hommes de main de George Bush en matière économique, Paul O'Neil, le secrétaire trésorier, et Lawrence Lyndsey, le conseiller économique de la Maison-Blanche;
- sortie nette de liquidités des fonds communs de placement en novembre au Canada;
- baisse des ventes d'automobiles au Canada et aux États-Unis en novembre, de 4,5 % et de 13 % respectivement;
- Microcell omet un versement d'intérêt sur sa dette;
- l'indice de l'Institut de la chaîne d'approvisionnement reste sous la barre de 50 en novembre (à moins de 50, l'indice est précurseur d'une contraction de l'activité économique);
- perte nette de 40 000 emplois aux États-Unis en novembre. Le taux de chômage grimpe quant à lui à 6 % (il était de 5,7 % en octobre);
- décote de la Banque Toronto-Dominion par l'agence d'évaluation américaine Standard & Poor's;
- décote par cette même agence de la dette de Quebecor World, la filiale et vache à lait de Quebecor inc.;
- faillite probable de UAL Corp, la compagnie mère de United Airlines;
- baisse de 4,5 % de l'avoir net des Américains au troisième trimestre.
Et j'en passe. Il y a également les nouvelles peu encourageantes ailleurs dans le monde. L'Allemagne, par exemple, dont l'économie frôle la récession. Le Japon reste pour sa part incapable de renouer avec la croissance économique. Les déficits budgétaires sont aussi de retour. Le déficit sera de l'ordre de 160 milliards US aux États-Unis pour l'exercice budgétaire en cours. En Europe, les déficits budgétaires de la France et de l'Allemagne menacent de franchir la barre de 3 % du PIB interdite par l'Union européenne.
Heureusement, le Canada fait bande à part. Son économie se porte à merveille. La création d'emplois demeure très forte. Encore en novembre dernier, il s'est créé 42 300 emplois. Depuis le début de l'année, 502 000 emplois ont été créés. Le taux d'utilisation de la capacité de production se maintient à un niveau sain de plus de 82 % (comparé à moins de 76 % aux États-Unis). Le gouvernement canadien nage pour sa part dans les surplus budgétaires importants, ce qui lui donne toute la marge de manoeuvre voulue pour stimuler l'activité économique.
Sauf que la petite économie canadienne ne peut tirer à elle seule l'économie mondiale, ni supporter les niveaux élevés des indices boursiers nord-américains.
Conclusion: méfiez-vous de l'actuelle hausse des indices et n'allez surtout pas sacrifier vos placements dans de belles entreprises canadiennes et américaines à dividende élevé pour donner dans le jeu de spéculation boursière comme le font actuellement de nombreux investisseurs institutionnels.
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