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Qu'est-ce qu'un niveau de vie acceptable à la retraite?

Comme tous vos correspondants, je commencerai ma lettre en disant que je consulte régulièrement votre courrier financier dans Le Devoir du samedi. Je m'interroge depuis longtemps sur votre définition d'une «retraite confortable» (deux fois et demie le seuil de pauvreté de notre condition). Le 8 octobre dernier, vous avez répondu à un lecteur dont la situation est très comparable à la mienne il y a dix ans. Comme je trouve les standards sur lesquels vous fondez votre réponse bien exigeants, j'aimerais apporter mon témoignage comme complément d'information à votre correspondant.

Comme lui, j'ai envisagé (et réalisé) ma retraite à 57 ans et me retrouve actuellement (à 67 ans) avec un revenu annuel de 47 000 $ avant impôts, comprenant ma rente d'emploi (dans le secteur parapublic) et les deux pensions gouvernementales (RRQ et PSV). Même si, à la différence de votre lecteur, je possède une maison entièrement payée (valeur marchande de 175 000 $ environ), je considère que sa situation serait meilleure que la mienne, puisque son revenu anticipé de 49 000 $ en 2008 ne comprend pas les deux pensions gouvernementales à venir (que vous ne mentionnez pas dans votre calcul), ni le revenu de son épouse, qui semble bien supérieur à celui de la mienne (environ 8000 $ par année). De plus, je n'ai plus aucun REER, celui-ci ayant servi à faire les derniers paiements d'hypothèque pendant mes premières années de retraite, de 1998 à 2002.

Je ne sais comment vous qualifieriez ma situation, mais je considère ma retraite confortable. Jugez-en plutôt. Nous continuons à changer de voiture tous les cinq ou six ans (valeur de la dernière neuve en 2002: 25 000 $) entièrement payée à l'achat à partir d'un fonds spécial prévu au budget chaque année. Nous avons consacré 10 à 12 000 $ en 10 ans à l'entretien de la maison, et nous faisons un voyage à l'étranger tous les deux ans en moyenne (France, Italie, Grèce, Maroc et Extrême-Orient), en plus d'être allés dans le Sud l'hiver pendant deux semaines à cinq reprises (frais d'hôtel prépayés avant la retraite pour 10 semaines à utiliser en 10 ans à notre gré). Notre budget annuel de «fonctionnement», excluant les dépenses spéciales mentionnées plus haut, est de 27 000 $, excluant aussi les dépenses personnelles de mon épouse autres que la nourriture et le logement. Si c'est là vivre pauvrement... Évidemment, nous pratiquons une certaine forme de «simplicité volontaire», préférant mettre plus d'argent sur les voyages et la culture que sur la consommation effrénée.

Ma question est donc la suivante: que faites-vous donc avec tous les milliers de dollars additionnels que vous recommandez (revenus de plus de 50 000 $ par année pour un célibataire!), à moins que vous ne désiriez laisser une fortune à vos héritiers, ou finir vos jours dans un centre d'hébergement pour millionnaires? J'aimerais beaucoup savoir sur quelles prévisions de dépenses vous basez vos recommandations. Merci beaucoup pour vos précisions.

Avec l'assurance de toute ma considération pour votre expertise.

M. C.

Québec

Juste à titre de rappel pour nos lecteurs, vous faites référence à l'article intitulé «Peut-il acheter une maison à 56 ans avec la seule rente de son employeur?». Je traitais du cas d'un fonctionnaire envisageant de prendre sa retraite à 57 ans alors que sa rente serait de 49 000 $ par année. En dépit d'une rente annuelle élevée, je lui ai recommandé d'attendre encore cinq ans avant de prendre sa retraite. La raison: même en tenant compte de sa rente, son avoir net après impôt était insuffisant pour lui permettre de vivre à 2,5 fois son seuil de pauvreté durant toute sa retraite. Son actif après impôt totalisait 393 000 $ contre un actif requis de 574 000 $ (pour un célibataire), soit un écart à combler de 181 000 $. J'estimais que cette personne était en mesure de combler en bonne partie cet écart en cinq ans au prix d'une épargne annuelle de 14 600 $.

Effectivement, votre situation financière ressemble à bien des égards à celle de ce fonctionnaire. Sauf sur un point: la résidence. Vous en possédez une entièrement payée alors que lui est locataire. C'est là une très grosse différence. En fait, la valeur de votre propriété (une valeur après impôt) correspond presque au montant de 181 000 $ manquant à l'avoir de notre individu pour qu'il puisse vivre à la retraite à 2,5 fois son seuil de pauvreté.

Le fait de posséder une résidence entièrement payée permet de réaliser une économie de loyer annuelle d'au moins 8000 $ (probablement plus). Il s'agit de surcroît d'une économie annuelle après impôt. En supposant un taux d'impôt effectif de 40 %, cette économie équivaut à un revenu annuel brut avant impôt de 13 333 $. Ce montant ajouté à votre rente annuelle de 47 000 $ fait que votre revenu annuel brut équivalent totalise 60 333 $. Ce revenu brut correspond dans votre à cas à 2,36 fois votre seuil de pauvreté (estimé à 25 600 $ par année pour un couple). Autrement dit, le niveau de vie que vous décrivez si bien dans votre lettre est celui d'un couple vivant presque à 2,5 fois son seuil de pauvreté. Voilà donc un éloquent témoignage illustrant très bien la qualité de vie que peut mener toute personne accumulant suffisamment d'actif pour générer un revenu brut annuel correspondant à 2,5 fois son seuil de pauvreté.

Dans le cas de notre fonctionnaire locataire, c'est justement le revenu brut additionnel résultant du fait de posséder une maison entièrement payée qui lui manque pour prétendre à une retraite confortable comme la vôtre.

Par ailleurs, dans votre lettre, vous vous demandez si je tiens compte ou non des rentes gouvernementales à venir à 60 ans et 65 ans. La réponse est oui. Les objectifs de richesse mentionnés correspondent à l'avoir net requis à accumuler pour générer un revenu annuel qui, ajouté aux rentes gouvernementales, vous permettra de vivre à 2,5 fois votre seuil de pauvreté.

Enfin, les objectifs sont établis de telle sorte que le retraité n'ait pas à épuiser son capital. À mes yeux, tout investisseur doit protéger intégralement son capital accumulé.

cchiasson@proplacement.qc.ca

Classe Internet: www.proplacement.qc.ca






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  • Claude Stordeur
    Abonné
    vendredi 5 octobre 2007 23h30
    La brique dans le ventre et les petits pensionnés
    « Toute personne intéressée à une pension agréable doit investir dans une propriété, c'est la base d'une vie.
    Il vaut mieux avoir une petite maison modeste et bien entretenue en arrivant à la pension qu'être locataire avec le loyer qui peut a tout moment exploser.
    Le défi est que les gens voient grand et ré-hypothèque leur demeure pour payer du superflu et arrive a la retraite avec encore une hypothèque a payer.
    Les REER sont un bon investissement après le logement. Et ne pas oublier que si vous avez une pension minimale de l'état vous aurez droit supplément de revenu garanti, sauf si vous toucher des REER. Sur ces REER vous payez de l'impôt et en plus sur votre supplément on retire 1 dollars par 2 dollars de revenu de REER avant impôt.
    Ce qui veut dire que pour certain, sur 1000.00 $ de REER ils perdront 500$ de supplément et 200.00 d'impôt d'où vos REER seront taxé à hauteur de 70% ce qui est plus que le 50% autorisé, mais légal. De vos belle économie il vous restera en poche 300.00 pour 1000.00.
    Ce calcul vaut naturellement pour les petit pensionnés, les plus gros seront seulement taxé a 40% et moins... suivant le bon avis de leur comptable. »

  • Yves Bourget
    Abonné
    samedi 6 octobre 2007 11h32
    Différente philosophie
    « D'un point de vue journalistique, M. Chiasson aurait dû commencer sa réponse avec son dernier paragraphe : « Enfin, les objectifs sont établis de telle sorte que le retraité n'ait pas à épuiser son capital. À mes yeux, tout investisseur doit protéger intégralement son capital accumulé ». C'est le noeud de son argumentaire. Je partage son point de vue, mais je constate quotidiennement que la plupart des gens à qui je parle envisagent de graduellement épuiser leur capital, peu importe les conséquences qui peuvent en découler. M. Chiasson devrait constamment commencer ses réponses à ses lecteurs avec ce paragraphe. Il s'éviterait des lettres de gens qui, comme le lecteur qui lui a écrit, n'en reviennent pas de ses conseils. »

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