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Fonds d'investissement - La démesure chinoise

Les fonds composés de titres chinois ont le vent dans les voiles. En fait, les rendements sont pour l'instant à la hauteur de la démesure de la croissance du pays, dont le taux d'augmentation annuel des exportations a été de près de 20 % en moyenne au cours des 20 dernières années. Les quelques fonds se spécialisant dans cette région affichent tous des rendements de plus 60 % pour la dernière année et de près de 40 % annualisés sur deux ans. Évidemment, avec de telles performances, les yeux se tournent inévitablement vers cette gamme de fonds.
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  • Michel Simard - Abonné
    6 octobre 2007 09 h 38
    Le simple consommateur a-t-il le droit de savoir si les conseillers financiers sont compétents ?
    Monsieur Marcoux nous prend-t-il les lecteurs pour des andouilles ? Quand il s'agit de grille-pains, très bien, Protégez-vous peut faire ses petits tests et dire que le grille-pain de la compagnie X est poche alors que celui de la compagnie Y est merveilleux à un prix bien faible. Mais évaluer les services financiers, pas question, est-ce cela qu'il faut comprendre ?

    Où est le crime de lèse-majesté ? On évalue sa petite industrie, alors on pousse les hauts cris ! Et on se réfigue derrière de faux arguments : notre industrie est bien trop complexe pour que les personnes de bonne volonté, mais pas trop intelligentes en sous-entendu, puissent y comprendre quoi que ce soit. Faut-il comprendre qu'en plus de vouloir maintenir les écrans de fumée de l'industrie des services financiers par des produits et sous-produits de plus en plus compliqués, sans prix affiché - quand annonce-t-on ou inscrit-on les commissions, les frais de gestion, les frais de conversion de devises, les rendements réels de notre portefeuille et de chacune de ses composantes ? (ce qui est contraire à l'esprit des lois sur la protection du consommateur), Michel Marcoux nous suggère-t-il qu'il faudrait cacher toute étude qui renseigne sur les méthodes de travail des conseillers financiers. Pour un "toasteur" à dix piastres, OK mais pour des sommes autrement plus importantes, niet ! À ce sujet, l'AMF n'a de leçon à donner à personne; elle a tout simplement mal joué son rôle dans trop de dossiers.

    Protégez-vous a simplement allumé un clignotant jaune : des conseillers financiers font mal leur travail.

    Personnellement, j'ai vu trop de conseillers en épargne collective et en épargne privée répéter inlassablement les mêmes recommandations prêt-à-porter sans expliquer la différence entre une obligation et une action, faire des portefeuilles à dix fonds pour des REER de 1 000 $ par année, donc quelques cents par fonds par quinzaine, au lieu de tenter d'éduquer (parce que c'est de cela qu'il s'agit) les épargnants à comprendre un peu le monde financier et à bien investir leur argent de manière simple, sécuritaire et rentable. Combien de fois ne devrait-on pas suivre le conseil de conseillers financiers - trop souvent hélas. La croissance de mon actif, je la dois uniquement au fait que je me renseigne à différentes sources, où l'on doit souvent démêler objectif et subjectif, et que je sais calculer et risquer suffisamment. Autrement dit, dans le monde financier, il faut être excellent en mécanique pour bien choisir son mécanicien. Ce que j'attends d'un conseiller financier : qu'il me donne les rensignements objectifs adéquats, m'explique les subtilités techniques, juridiques et fiscales, m'aiguillonne sur des pistes intéressantes et se fasse l'avocat du diable. Ce qu'un petit épargnant devrait s'attendre d'un conseiller financier : qu'il le renseigne suffisamment sur le fonctionnement et les aboutissants des choix d'investissements pour progresser dans l'accumulation d'une richesse. Est-ce cela qu'on a, j'en doute.

    Encore ce matin, the National Post (les méchants indépendantistes gauchisants regardent même ce qu'ont à dire les ultraconservateurs déniant même l'existence des gaz à effet de serre) présente les revenus dans les différentes villes du Canada et Montréal est derrière tout le monde, même Halifax et très loin derrière Ottawa, à seulement deux heures de route d'ici. Alors j'imagine que les excellents services financiers que l'on retrouve au Québec nous aident à nous enrichir. Et si on regarde bien la liste des établissements visités par Protégez-vous (cela n'est pas relevé dans l'article), vaut mieux avoir un conseiller financier en banlieue qu'en ville - probablement statistiquement significatif.

    La réaction de Michel Marcoux m'apparaît tout aussi subjective que l'article de Protégez-vous. Réaction malsaine également qui limite toute amélioration des services financiers au Québec. Que Michel Marcoux recycle ses idées de son livre au Devoir en passant par Les Affaires, bien lui en fasse. Qu'il se contredise quant à la pertinence des investissements à l'étranger, on peut changer ou nuancer ses idées. Que des fonds performants qu'il propose, un investisseur averti les connaît tous et en a pour la plupart, on ne peut pas toujours être original.

    Mais qu'en filigranne, on se refuse à l'idée même que des conseillers financiers puissent être pourris et user d'arguments fallacieux, dignes d'une meneuse de claques comme Richard Martineau du Journal du Mourial, je commence à avoir des problèmes. Et je commence à me demander si j'en ai vraiment pour mon argent avec mon abonnement au Devoir.
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