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Que faire de mes obligations à long terme de BCE?

Claude Chiasson   29 septembre 2007  Finances personnelles
Que faire de mes obligations à long terme de Bell Canada échéant en 2017, que j'ai achetées près du pair (100 $) en janvier 2007 mais qui ne valent aujourd'hui que 82 $? - Un lecteur

Il y a quatre ans environ, nous pouvions acheter des obligations de Bell Canada à long terme sur la base de rendements composés annuels très alléchants allant de 7 % à presque 8 %. Ces obligations se sont ensuite appréciées pour passer bien au-dessus de leur valeur au pair de 100 $. Dans certains cas, leur valeur a même dépassé la barre des 120 $. Cette appréciation s'explique par la baisse généralisée des taux survenue entre 2001 et 2005.

Par la suite, les taux d'intérêt ont épousé une nouvelle tendance à la hausse et la valeur de ces obligations s'est alors repliée pour revenir dans certains cas près de leur valeur au pair de 100 $. Comme vous devez le savoir, la valeur marchande des obligations varie inversement aux mouvements des taux d'intérêt. Si ces derniers baissent, la valeur marchande des obligations négociables grimpe et vice versa.

Vous venez cependant de découvrir que la valeur marchande des obligations ne fluctue pas uniquement en fonction des taux d'intérêt. Un autre facteur peut également affecter sévèrement leur valeur marchande: le risque.

Parmi les corporations, les obligations de Bell Canada ont toujours été considérées comme celles étant les moins risquées. Toujours, sauf depuis le printemps dernier, alors que la compagnie fait l'objet d'une offre d'achat par la Caisse de retraite des enseignants de l'Ontario et de deux fonds à capitaux privés. Le but: fermer le capital de BCE pour en faire désormais une société privée (ses actions ne s'échangeront donc plus à la Bourse).

Le hic: pour acquérir BCE, la caisse de retraite ontarienne et ses acolytes entendent recourir très fortement à la dette. C'est ainsi qu'une fois celle-ci privatisée, le bilan de BCE sera grevé d'une dette très élevée. Une dette tellement élevée que certaines agences de crédit ont récemment décoté les obligations pour les reléguer au rang d'obligations de pacotille. Il va sans dire que cette décote appréhendée s'est traduite par une dégringolade de la valeur marchande des obligations de Bell Canada, comme celles ci-haut mentionnées qui ne valent plus que 82 $.

Que faire maintenant? La réponse: les conserver dans la mesure où ces obligations ne représentent pas plus de 5 % de la valeur de votre portefeuille global.

D'abord parce que ces obligations s'échangent sur la base d'un rendement de plus de 8 %, ce qui commence à être attrayant. La Réserve fédérale, la banque centrale américaine, a donné il y a deux semaines le coup d'envoi à une nouvelle tendance à la baisse des taux. Cette nouvelle tendance à la baisse des taux devrait soutenir la valeur marchande des obligations dont le rendement est déjà très élevé.

Ensuite, parce que BCE dispose de très grandes ressources financières. L'entreprise génère bon an mal an des fonds autogénérés de plus de cinq milliards de dollars. De ce chiffre, près d'un milliard de dollars sont des fonds discrétionnaires qui peuvent être appliqués au paiement des intérêts de sa nouvelle dette.

Par ailleurs, une fois privatisée, il est bien évident que BCE ne paiera plus de dividende à ses nouveaux actionnaires, une économie après impôt de 1,2 milliard de dollars. C'est là autant de liquidités additionnelles qui serviront à couvrir les intérêts de la nouvelle dette de l'entreprise.

Enfin, il ne faut pas l'oublier, les intérêts sont une dépense déductible alors que les dividendes ne le sont pas. La charge accrue provenant des dépenses d'intérêt permettra à BCE d'économiser probablement près de 800 millions en impôt par année à partir de 2008.

Conclusion: BCE est en mesure de rencontrer ses obligations financières pendant plusieurs années à moins d'une soudaine et grave détérioration de ses activités de base.

Les détenteurs des obligations, mécontents avec raison, entendent recourir aux tribunaux pour obtenir compensation ou obtenir le droit de voter sur la présente offre d'achat. Vu le fort recul de la valeur des obligations, je doute que ces obligations contiennent des clauses protégeant leur détenteur contre une telle acquisition à fort effet de levier. Par contre, je crois que BCE n'omettra en aucun temps le versement des intérêts, ni le remboursement du capital à échéance. Car le faire acculerait l'entreprise à la faillite, ce que ne veut certainement pas la caisse de retraite ontarienne (elle-même possède probablement des obligations de Bell Canada).

Enfin, les nouveaux propriétaires de BCE tenteront de réaliser leur profit en vendant le conglomérat à la pièce. Ce faisant, ils seront en mesure de racheter une bonne portion des obligations à long terme avant leur échéance.

***

En manque d'information sur ses parts de Bell Aliant

Je lis avec grand intérêt vos chroniques dans Le Devoir. Comme actionnaire de BCE, j'ai reçu des parts de Bell Aliant et j'en reçois des revenus régulièrement, mais je ne reçois aucun autre renseignement. Qui administre ces sociétés et comment peut-on être informé des résultats de leurs opérations? Les détenteurs de parts semblent n'y avoir aucun droit de regard. Suis-je le seul à me poser ces questions? Merci de votre attention.

M. H., Montréal

Effectivement, durant l'été 2006, BCE a créé la société de redevances Bell Aliant pour y transférer toutes ses activités de téléphonie avec fils couvrant l'Ontario, le Québec et les Maritimes. BCE a également transféré dans cette société sa participation majoritaire dans Bell Nordiq, une compagnie de téléphone oeuvrant dans le nord de l'Ontario et du Québec. Une fois la société de redevances Bell Aliant créée, les parts de celle-ci ont été distribuées aux actionnaires de BCE. C'est ce qu'on appelle faire un spin off, processus par lequel une compagnie se défait d'une filiale en faveur de ses actionnaires. Cette filiale devient alors une société indépendante dont les actions (ou unités dans le cas d'une société de redevances) s'échangent à la Bourse.

C'est en marge de ce processus que vous avez reçu les parts de Bell Aliant. Cette société, comme toute société ayant des actions à la Bourse, publie ses résultats financiers annuels et trimestriels. Pour les recevoir, vous n'avez qu'à demander à votre courtier de vous mettre sur la liste d'envoi desdites publications.

Vous pouvez également accéder à ces informations en vous rendant sur le site Web de la compagnie à l'adresse suivante: bell.aliant.ca/index.shtml. À la rubrique «Investisseurs», vous accéderez à tous les communiqués de presse et rapports financiers produits par la société de redevances.

***

cchiasson@proplacement.qc.ca

Classe Internet: www.proplacement.qc.ca






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