Fonds d'investissements: Les fonds battent-ils le TSE?
Dans sa contribution du 14 mai, le chroniqueur Claude Chiasson répondait à sa façon à la question: l'achat direct d'actions vaut-il mieux que l'achat de fonds de placement? On pourrait ajourer: les indices de référence font-ils mieux que les gestionnaires professionnels? Vaut-il la peine de payer des frais de gestion? Ne ferais-je pas mieux de gérer mon portefeuille moi-même à partir d'un compte sur Internet avec un escompteur? Autant de questions au coeur du débat.
Les indices boursiers sont des outils de référence souvent utilisés comme mesure comparative de la performance des fonds de placement. Mais quel est l'intérêt de l'utilisation des indices considérés comme passifs alors que les fonds comportent généralement une gestion active?
La question est pertinente: la comparaison des fonds avec des indices de référence appropriés permet de constater l'apport d'une intervention humaine dans la gestion d'un actif. Et, comme pour toute intervention humaine, si le gestionnaire réussit à battre le TSE 300, il est applaudi; autrement, les investisseurs mettent en question sa compétence. Vaut-il mieux faire l'acquisition de fonds indiciels — qui ne feront jamais mieux que les indices à cause de leurs frais de gestion, si minimes soient-ils — ou de fonds à gestion active?
Pendant les périodes d'euphorie boursière, on constate que les indices sont utilisés afin d'appuyer la thèse selon laquelle les fonds communs de placement constituent des outils d'investissement peu performants. Le constat auquel sont arrivés les analystes au cours des dernières années montrait que l'indice TSE surpassait presque systématiquement la performance des fonds d'actions pour des périodes de court et de long terme.
En analysant certains chiffres sur les rendements passés, il est aisé de comprendre pourquoi certains investisseurs ne voyaient plus, à l'époque, l'utilité d'une intervention professionnelle pour la gestion de leurs placements. Voyez par vous-mêmes: le TSE, en date du 31 août 2000, atteignait un rendement exceptionnel de 63,4 % sur un an. Quant aux fonds d'actions canadiennes, ils progressaient, pour cette même période, d'un «modeste» 37 %. Transiger soi-même sur Internet ou investir dans un fonds indiciel semblait alors tout à fait désigné... jusqu'à ce que la tempête boursière se lève.
Débourser un certain montant afin d'obtenir une gestion professionnelle est soudainement revenu à la mode. Depuis deux ans, l'indice S&P/TSX* a perdu 15,6 % de sa valeur, par rapport à une dépréciation de 0,2 % pour la moyenne des fonds d'actions canadiennes. L'analyse du rendement des fonds d'actions canadiennes disponibles depuis deux ans montre que 82 % d'entre eux obtiennent des rendements supérieurs au S&P/TSX pour cette période.
Qu'est-ce qui explique ce changement de cap? L'intervention directe du gestionnaire. Lors de marchés fortement haussiers, il est en effet plus ardu pour un gestionnaire de se distinguer avantageusement par rapport à un actif passif tel qu'un fonds indiciel basé sur le S&P/TSX, ce qui n'est pas le cas quand le marché est à la baisse.
Les différentes contraintes, par exemple la limite d'achat maximum de 10 % pour un titre, et les compétences du gestionnaire deviennent porteuses de stabilité quand le marché boursier se dégonfle.
Ces différentes considérations nous mènent à penser qu'il est impératif d'éviter de porter des jugements d'ordre comparatif sur la performance des fonds et du S&P/TSX sur la seule analyse des taux de rendement.
Considérons plutôt le niveau de la volatilité (risque), mesuré par l'écart type. De ce point de vue, la volatilité du S&P/TSX est plus élevée par rapport aux fonds d'actions de 15,4 % sur une période cinq ans.
En contrepartie, il faut tenir compte des frais de gestion d'un fonds qui tenterait de calquer la pondération des titres S&P/TSX. Les frais de gestion des fonds sont quant à eux toujours inclus dans le rendement affiché. Malgré certains aspects négatifs, comme les frais de gestion, les fonds d'actions réussissent tout de même à bien paraître face à l'indice.
Le débat n'est pas clos. Le tableau suivant le montre bien: la moyenne de rendements des fonds d'actions canadiennes sur les périodes de cinq, dix et quinze ans est assez semblable à celle du S&P/TSX. Par contre, et l'investisseur est ici avantagé, les fonds sont moins volatils, donc moins à risque, que l'indice de référence. Aussi, à moins d'avoir le temps, la patience, l'énergie, la rationalité et les connaissances d'un Claude Chiasson (beaucoup de qualités pour un seul homme), le gestionnaire demeure un rouage important et un précieux collaborateur de l'investisseur.
* Le S&P/TSX est le nouvel indice remplaçant le TSE 300. Dans notre analyse, le S&P/TSX est considéré comme étant la continuité du TSE 300.
Michel Marcoux est président d'Avantages Services financiers, une société indépendante spécialisée dans le courtage de fonds communs de placement et auteur de l'ouvrage Les 100 meilleurs fonds 2002.
Les indices boursiers sont des outils de référence souvent utilisés comme mesure comparative de la performance des fonds de placement. Mais quel est l'intérêt de l'utilisation des indices considérés comme passifs alors que les fonds comportent généralement une gestion active?
La question est pertinente: la comparaison des fonds avec des indices de référence appropriés permet de constater l'apport d'une intervention humaine dans la gestion d'un actif. Et, comme pour toute intervention humaine, si le gestionnaire réussit à battre le TSE 300, il est applaudi; autrement, les investisseurs mettent en question sa compétence. Vaut-il mieux faire l'acquisition de fonds indiciels — qui ne feront jamais mieux que les indices à cause de leurs frais de gestion, si minimes soient-ils — ou de fonds à gestion active?
Pendant les périodes d'euphorie boursière, on constate que les indices sont utilisés afin d'appuyer la thèse selon laquelle les fonds communs de placement constituent des outils d'investissement peu performants. Le constat auquel sont arrivés les analystes au cours des dernières années montrait que l'indice TSE surpassait presque systématiquement la performance des fonds d'actions pour des périodes de court et de long terme.
En analysant certains chiffres sur les rendements passés, il est aisé de comprendre pourquoi certains investisseurs ne voyaient plus, à l'époque, l'utilité d'une intervention professionnelle pour la gestion de leurs placements. Voyez par vous-mêmes: le TSE, en date du 31 août 2000, atteignait un rendement exceptionnel de 63,4 % sur un an. Quant aux fonds d'actions canadiennes, ils progressaient, pour cette même période, d'un «modeste» 37 %. Transiger soi-même sur Internet ou investir dans un fonds indiciel semblait alors tout à fait désigné... jusqu'à ce que la tempête boursière se lève.
Débourser un certain montant afin d'obtenir une gestion professionnelle est soudainement revenu à la mode. Depuis deux ans, l'indice S&P/TSX* a perdu 15,6 % de sa valeur, par rapport à une dépréciation de 0,2 % pour la moyenne des fonds d'actions canadiennes. L'analyse du rendement des fonds d'actions canadiennes disponibles depuis deux ans montre que 82 % d'entre eux obtiennent des rendements supérieurs au S&P/TSX pour cette période.
Qu'est-ce qui explique ce changement de cap? L'intervention directe du gestionnaire. Lors de marchés fortement haussiers, il est en effet plus ardu pour un gestionnaire de se distinguer avantageusement par rapport à un actif passif tel qu'un fonds indiciel basé sur le S&P/TSX, ce qui n'est pas le cas quand le marché est à la baisse.
Les différentes contraintes, par exemple la limite d'achat maximum de 10 % pour un titre, et les compétences du gestionnaire deviennent porteuses de stabilité quand le marché boursier se dégonfle.
Ces différentes considérations nous mènent à penser qu'il est impératif d'éviter de porter des jugements d'ordre comparatif sur la performance des fonds et du S&P/TSX sur la seule analyse des taux de rendement.
Considérons plutôt le niveau de la volatilité (risque), mesuré par l'écart type. De ce point de vue, la volatilité du S&P/TSX est plus élevée par rapport aux fonds d'actions de 15,4 % sur une période cinq ans.
En contrepartie, il faut tenir compte des frais de gestion d'un fonds qui tenterait de calquer la pondération des titres S&P/TSX. Les frais de gestion des fonds sont quant à eux toujours inclus dans le rendement affiché. Malgré certains aspects négatifs, comme les frais de gestion, les fonds d'actions réussissent tout de même à bien paraître face à l'indice.
Le débat n'est pas clos. Le tableau suivant le montre bien: la moyenne de rendements des fonds d'actions canadiennes sur les périodes de cinq, dix et quinze ans est assez semblable à celle du S&P/TSX. Par contre, et l'investisseur est ici avantagé, les fonds sont moins volatils, donc moins à risque, que l'indice de référence. Aussi, à moins d'avoir le temps, la patience, l'énergie, la rationalité et les connaissances d'un Claude Chiasson (beaucoup de qualités pour un seul homme), le gestionnaire demeure un rouage important et un précieux collaborateur de l'investisseur.
* Le S&P/TSX est le nouvel indice remplaçant le TSE 300. Dans notre analyse, le S&P/TSX est considéré comme étant la continuité du TSE 300.
Michel Marcoux est président d'Avantages Services financiers, une société indépendante spécialisée dans le courtage de fonds communs de placement et auteur de l'ouvrage Les 100 meilleurs fonds 2002.
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