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    Pourquoi dénigrez-vous le doctorat?

    Dans l'édition du Devoir du samedi 4 février, une étudiante au doctorat nommée Julie vous demande des suggestions sur la manière de rembourser sa dette de 60 000 $. Je lis souvent votre chronique et j'étais habitué à des réponses beaucoup plus techniques, même dans des cas plutôt catastrophiques. Je comprends que vous jugiez son niveau d'endettement très élevé, surtout si elle n'a pas de revenu. Néanmoins, vous avez consacré la presque totalité de votre réponse à critiquer sa décision de poursuivre des études doctorales. Cela n'aide en aucun cas la jeune fille qui, malgré son niveau d'endettement alarmant, prend la peine de vous écrire pour demander conseil, ce qui constitue tout de même un premier pas dans la bonne direction. Si vous aviez pris la peine de lui conseiller minimalement les actions qu'elle doit faire pour s'en sortir, vous l'auriez non seulement aidée elle, mais vous auriez aussi éclairé certains étudiants dans la même situation (aussi triste soit-elle).

    De plus, vous citez en exemple les médecins qui, après de longues études, obtiennent des revenus «pouvant rapidement passer au-dessus de 100 000 $ par année». Je tiens à préciser que les médecins sont diplômés avec un doctorat de premier cycle et non de troisième cycle comme le sera peut-être Julie. Le premier est infiniment moins long à obtenir, car il ne requiert pas de passer par le mémoire de maîtrise et la thèse de doctorat. Il faut également noter que les médecins, peu importe le temps qu'ils consacrent à se spécialiser, ont un revenu dès qu'ils sont résidents.

    Finalement, je prends comme exemple les étudiants au doctorat en physique et les chercheurs universitaires. Ce sont surtout eux qui ont développé la très précieuse imagerie médicale dont les médecins se servent sans arrêt pour faire leurs diagnostics.

    Pourtant, ces chercheurs, qui ont élaboré les théories nécessaires au développement de cette technologie, sont très mal payés, en particulier lorsqu'ils sont étudiants. C'est néanmoins grâce à eux que vous avez accès à un équipement de pointe pour vous faire soigner. Ces gens consacrent leur vie à l'avancement de la société. S'il n'y avait que des gens comme vous, nous serions probablement encore au Moyen Âge des sciences!

    J'apprécierais donc que vous preniez le temps de répondre à cette lectrice nommée Julie et que vous vous excusiez d'avoir dénigré de la sorte les études doctorales qui ne mènent pas à l'obtention d'un gros revenu, car c'est aussi toute la recherche universitaire que vous critiquez.

    Un lecteur

    ***

    Bonjour M. Chiasson,

    Je suis finissant à la maîtrise en sciences économiques à l'Université de Montréal. J'ai eu l'occasion d'effectuer divers travaux liés au financement des études universitaires au Canada, notamment en ce qui concerne leur rentabilité individuelle.

    J'aimerais vous féliciter pour la réponse que vous avez faite à Julie (Le Devoir, 4-5 février 2006) à propos du coût d'obtention d'un doctorat. Le coût d'obtention d'un diplôme comprend trois composantes: les frais de scolarité, les dépenses en livres et en fournitures scolaires et les gains auxquels l'étudiant renonce pendant la période au cours de laquelle il étudie. Cette dernière composante, appelée «coût d'opportunité», est en effet souvent oubliée lorsque les individus doivent prendre la décision de poursuivre ou non des études supérieures. Le coût total d'acquisition d'un doctorat peut donc se chiffrer à plusieurs dizaines de milliers de dollars.

    Ceux qui songent à acquérir un autre diplôme doivent donc analyser si les bénéfices nets d'impôt qu'ils peuvent en retirer sont plus grands que le coût d'acquisition de ce dernier.

    Cordialement,

    K. M.

    Étudiant, M.Sc. sciences économiques

    Lorsque j'ai répondu à Julie, mon but n'était pas de dénigrer les études doctorales mais d'en saisir toute la dimension dans le processus d'enrichissement d'un individu. De longues études retardent l'entrée de l'étudiant dans le monde du travail. La plupart des étudiants de premier cycle amorceront leur premier emploi à l'âge de 23 ou 24 ans. Dans le cas du doctorat, c'est davantage autour de 29 ans que l'étudiant fera son entrée à plein temps sur le marché du travail. Dans le cas de Julie, son entrée semble être plus tardive (peut-être parce qu'elle a travaillé entre-temps avant de retourner aux études), alors qu'elle prévoit terminer ses études en psychologie industrielle à 32 ans.

    Pour tout étudiant qui envisage des études de troisième cycle, il est essentiel d'en saisir toute la portée financière, comme d'ailleurs le souligne l'étudiant de maîtrise en sciences économiques K. M. (la seconde lettre). Le «coût d'opportunité», comme le mentionne cet étudiant, peut être assez élevé. Retarder de six ans environ son entrée sur le marché du travail, c'est se priver de six ans d'épargne et de son rendement composé pour la période. Cette période d'accumulation de l'épargne est souvent cruciale car c'est elle qui permet à une jeune personne d'amasser un pécule suffisant pour saisir tôt dans sa vie des occasions de placement parfois fort attrayantes qui accéléreront son processus d'enrichissement. Vous savez, le monde du placement n'est pas linéaire. Aussi, lorsque les très bonnes occasions de placement se présentent, il faut être capable de les saisir (pour ce faire, il faut de bonnes connaissances et suffisamment de liquidités).

    Cela dit, l'étudiant qui opte pour des études de troisième cycle, bien qu'il le fasse par intérêt personnel, doit aussi réaliser qu'il mise sur les connaissances hors pair ainsi acquises pour dégoter un travail aux revenus supérieurs. C'est d'ailleurs ce qu'envisage Julie, alors qu'elle estime être capable de dénicher un premier emploi avec un salaire initial de 50 000 $, ce qui est supérieur à la moyenne des premiers emplois obtenus.

    Mais ce salaire initial plus élevé n'est pas suffisant pour combler le retard qu'elle accuse sur le plan de l'accumulation de l'épargne. C'est pourquoi elle doit être capable, après quelques années d'expérience, de négocier de bonnes hausses salariales et d'autres conditions (tel un bon régime de retraite). Ou encore, grâce à ces connaissances hors pair, être capable de lancer son entreprise dont les revenus potentiels devraient être plus élevés.

    Comme autre piste de solution, question de rattraper le retard au chapitre de l'accumulation de l'épargne, il y a le recours à l'effet de levier (le recours à la dette) pour se constituer rapidement une valeur importante d'éléments d'actif en mesure de s'apprécier au fil des ans. Le petit immeuble à revenus s'avère à mes yeux l'avenue la moins risquée pour quiconque désire recourir à l'effet de levier pour s'enrichir (l'immeuble est l'un des rares actifs dont les revenus sont très prévisibles).

    Donc, contrairement à ce que vous dites dans votre lettre, des solutions, j'en ai proposé. Mais, et j'insiste, l'étudiant qui opte pour des études de troisième cycle doit en mesurer toute la portée sur son processus d'enrichissement. Les connaissances hors pair qu'il a acquises doivent ouvrir la porte à des emplois beaucoup mieux rémunérés que la moyenne.

    Que penser des fonds communs d'obligations?

    M. Chiasson,

    Vous semblez être peu enclin à considérer les fonds communs comme outil d'investissement. Les obligations ne me sont pas très familiières et leurs rendements me semblent plutôt anémiques ces temps-ci. Quelle est votre opinion au sujet des fonds d'obligations, dont certains ont affiché des rendements de 11 à 14 % sur une période de trois ans? Il me semble qu'un bon fonds d'obligations pourrait être une solution intéressante pour faire partie de notre portion revenus fixes de nos portefeuilles...

    Merci de votre opinion sur ce sujet...

    M. B.

    Le contexte n'est plus favorable aux obligations. Les rendements des obligations négociables sont à des planchers historiques. Or la valeur marchande des obligations ne peut s'apprécier que si les taux d'intérêt baissent. Étant déjà à des planchers historiques, les taux peuvent difficilement baisser davantage, sauf si nos économies sombrent dans la déflation. Nous n'en sommes pas là pour le moment, alors que les prix des denrées ont littéralement explosé au cours des deux dernières années.

    Fonds communs d'obligations ou achat direct d'obligations n'y change donc rien. Pour ma part, lorsque le contexte s'y prête, je préfère l'achat direct d'obligations à celui d'achat de fonds communs d'obligations dont les frais viennent gruger le rendement à long terme généralement limité des obligations négociables de qualité (le rendement potentiel des obligations, vu leur risque intrinsèque moindre, est généralement inférieur à celui des actions).

    Quant aux fonds d'obligations affichant des rendements de 11 % à 14 % depuis trois ans, soit que leurs gestionnaires ont été très habiles, soit qu'ils ont pris des risques plus élevés que la moyenne en investissant dans les obligations de pacotille ou en misant sur les fluctuations des taux de change. Le profil de ces fonds communs d'obligations ne correspond pas à celui recherché pour la partie sûre de votre portefeuille.

    Pour la partie titres à revenus fixes de votre portefeuille, il est préférable ici de tenter de profiter de la tendance à la hausse des taux d'intérêt à court terme en optant pour les produits de Placements Québec qui sont les Obligations Securi + (taux de 2,95 % pour six mois; 3,95 % si dans un REER) et des obligations à terme à taux progressifs (taux de 3,20 % pour la première année; 4,20 % si dans un REER). Ces obligations d'une durée de dix ans peuvent être encaissées une fois l'an, sans pénalité, à leur date d'anniversaire.

    cchiasson@proplacement.qc.ca

    www.proplacement.qc.ca












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