Vote de grève illimitée dans les hôtels
À moins d'un déblocage majeur aux tables de négociations, une bonne partie de l'industrie hôtelière de Montréal et de Laval fonctionnera sous respirateur artificiel dès vendredi, du Ritz-Carlton au Reine Élizabeth en passant par le Radisson Laval et le Quality Inn du Parc. Les syndicats de 15 établissements ont voté hier en faveur d'une grève générale illimitée, un geste sans précédent qu'ils voient comme l'ultime moyen de pression pour faire progresser les pourparlers visant à renouveler leurs contrats de travail.
Ces quelque 3000 travailleurs affiliés à la Confédération des syndicats nationaux (CSN) disaient depuis longtemps que la période touristique de juillet et l'ouverture des Championnats de sports aquatiques ce week-end représentaient de loin leur meilleur rapport de force. Réunis au Palais des congrès de Montréal, environ 1500 d'entre eux l'ont confirmé hors de tout doute hier en approuvant la motion de débrayage dans des proportions allant de 74 % à 100 %.
«Les résultats ne portent pas à interprétation», a martelé le président de la Fédération du commerce de la CSN, Jean Lortie, selon lequel les prochaines heures seront «cruciales» à la dizaine de tables de négociations qui étaient en branle hier. «Le temps file et la balle est maintenant dans le camp des hôteliers.» Et dans celui des cadres, qui devront prendre la relève des tâches quotidiennes, y compris le nettoyage de plus de 5000 chambres, les services alimentaires et autres, comme ils l'ont fait vendredi dernier lors du débrayage de 24 heures.
Les négociations du secteur hôtelier se déroulent de manière «coordonnée», cela signifiant que les syndicats négocient de façon indépendante mais à partir d'une plateforme de demandes communes. Deux hôtels ont jusqu'à maintenant convenu d'une entente de principe avec leurs employés, soit le Centre Sheraton et le Hilton Laval, et les syndicats CSN cherchent à faire étendre ce «modèle» à tous les autres établissements: il comporte des hausses salariales de 11 % sur trois ans (3 %, 4 % et 4 %), un régime de retraite simplifié avec une contribution de 5 % du salaire de la part de l'employeur, des dispositions pour encadrer la sous-traitance de même qu'une amélioration du système de congés.
Une entente déclenche habituellement une cascade de règlements ailleurs. Or les pourparlers se faisaient apparemment à deux vitesses hier. Cinq grands hôtels de Montréal, dont le Delta centre-ville, l'hôtel Omni Mont-Royal et le Hilton Bonaventure, semblaient avoir les bras croisés et se montraient plutôt avares à certains chapitres, dont les salaires, a dit M. Lortie, selon lequel ces hôtels se concertent en coulisse. On faisait par ailleurs des progrès «significatifs» dans cinq petits établissements qui avaient déjà accepté les principales demandes communes et où il ne manquait que «deux ou trois éléments», a-t-il précisé en refusant toutefois de nommer ces hôtels.
Impact incertain
À l'Association des hôtels du Grand Montréal, qui représente 63 membres offrant 15 632 chambres, on ne commentait pas hier le déroulement des négociations. On affirmait toutefois qu'il serait «difficile de juger» l'ampleur de l'impact d'une grève illimitée mais que les hôtels touchés «prendront les mesures» pour continuer d'assurer les services. Impossible de dire combien de chambres exactement ont été réservées pour la tenue des Championnats de sports aquatiques, mais le taux d'occupation se chiffre en moyenne à 70 % ces jours-ci, comme tous les mois de juillet, a indiqué un porte-parole, William Brown.
La détermination des syndiqués rencontrés hier au Palais des congrès était palpable. «Les hôtels n'auront pas le choix de signer, il y aura trop d'hôtels en grève, affirmait Eddie, un employé du Ritz-Carlton. Il y a beaucoup de touristes qui refusent carrément de prendre des chambres dans des établissements de deux ou trois étoiles. Où vont-ils aller?»
La dernière ronde de négociations, en 2002, était passée par une grève de 24 heures dans plusieurs hôtels, mais une cascade de règlements avait permis d'écarter graduellement la menace d'un débrayage illimité. Les syndicats demandent de nouveau des contrats de travail de trois ans.
Outre les 15 syndicats ayant opté pour la grève et les deux autres étant parvenus à une entente, il y a aussi le Crowne Plaza Métro-Centre. La direction a décrété un lock-out samedi matin pour empêcher le retour au travail des employés à la suite de la grève de 24 heures, ceux-ci se réunissant le lendemain pour voter en faveur d'une grève générale illimitée. Quatre syndicats n'ont pas le droit de grève en ce moment, ce qui porte à 22 le grand total des établissements affiliés à la CSN.
Le Québec dans son ensemble en compte 40. Plus tard cet été, cet automne et au début de la saison hivernale, 18 autres établissements de la province devront aussi se mettre à table pour négocier.
Ces quelque 3000 travailleurs affiliés à la Confédération des syndicats nationaux (CSN) disaient depuis longtemps que la période touristique de juillet et l'ouverture des Championnats de sports aquatiques ce week-end représentaient de loin leur meilleur rapport de force. Réunis au Palais des congrès de Montréal, environ 1500 d'entre eux l'ont confirmé hors de tout doute hier en approuvant la motion de débrayage dans des proportions allant de 74 % à 100 %.
«Les résultats ne portent pas à interprétation», a martelé le président de la Fédération du commerce de la CSN, Jean Lortie, selon lequel les prochaines heures seront «cruciales» à la dizaine de tables de négociations qui étaient en branle hier. «Le temps file et la balle est maintenant dans le camp des hôteliers.» Et dans celui des cadres, qui devront prendre la relève des tâches quotidiennes, y compris le nettoyage de plus de 5000 chambres, les services alimentaires et autres, comme ils l'ont fait vendredi dernier lors du débrayage de 24 heures.
Les négociations du secteur hôtelier se déroulent de manière «coordonnée», cela signifiant que les syndicats négocient de façon indépendante mais à partir d'une plateforme de demandes communes. Deux hôtels ont jusqu'à maintenant convenu d'une entente de principe avec leurs employés, soit le Centre Sheraton et le Hilton Laval, et les syndicats CSN cherchent à faire étendre ce «modèle» à tous les autres établissements: il comporte des hausses salariales de 11 % sur trois ans (3 %, 4 % et 4 %), un régime de retraite simplifié avec une contribution de 5 % du salaire de la part de l'employeur, des dispositions pour encadrer la sous-traitance de même qu'une amélioration du système de congés.
Une entente déclenche habituellement une cascade de règlements ailleurs. Or les pourparlers se faisaient apparemment à deux vitesses hier. Cinq grands hôtels de Montréal, dont le Delta centre-ville, l'hôtel Omni Mont-Royal et le Hilton Bonaventure, semblaient avoir les bras croisés et se montraient plutôt avares à certains chapitres, dont les salaires, a dit M. Lortie, selon lequel ces hôtels se concertent en coulisse. On faisait par ailleurs des progrès «significatifs» dans cinq petits établissements qui avaient déjà accepté les principales demandes communes et où il ne manquait que «deux ou trois éléments», a-t-il précisé en refusant toutefois de nommer ces hôtels.
Impact incertain
À l'Association des hôtels du Grand Montréal, qui représente 63 membres offrant 15 632 chambres, on ne commentait pas hier le déroulement des négociations. On affirmait toutefois qu'il serait «difficile de juger» l'ampleur de l'impact d'une grève illimitée mais que les hôtels touchés «prendront les mesures» pour continuer d'assurer les services. Impossible de dire combien de chambres exactement ont été réservées pour la tenue des Championnats de sports aquatiques, mais le taux d'occupation se chiffre en moyenne à 70 % ces jours-ci, comme tous les mois de juillet, a indiqué un porte-parole, William Brown.
La détermination des syndiqués rencontrés hier au Palais des congrès était palpable. «Les hôtels n'auront pas le choix de signer, il y aura trop d'hôtels en grève, affirmait Eddie, un employé du Ritz-Carlton. Il y a beaucoup de touristes qui refusent carrément de prendre des chambres dans des établissements de deux ou trois étoiles. Où vont-ils aller?»
La dernière ronde de négociations, en 2002, était passée par une grève de 24 heures dans plusieurs hôtels, mais une cascade de règlements avait permis d'écarter graduellement la menace d'un débrayage illimité. Les syndicats demandent de nouveau des contrats de travail de trois ans.
Outre les 15 syndicats ayant opté pour la grève et les deux autres étant parvenus à une entente, il y a aussi le Crowne Plaza Métro-Centre. La direction a décrété un lock-out samedi matin pour empêcher le retour au travail des employés à la suite de la grève de 24 heures, ceux-ci se réunissant le lendemain pour voter en faveur d'une grève générale illimitée. Quatre syndicats n'ont pas le droit de grève en ce moment, ce qui porte à 22 le grand total des établissements affiliés à la CSN.
Le Québec dans son ensemble en compte 40. Plus tard cet été, cet automne et au début de la saison hivernale, 18 autres établissements de la province devront aussi se mettre à table pour négocier.
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