samedi 26 mai 2012 Dernière mise à jour 00h05
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Les entrepreneurs ne sont pas des tueurs

La sécurité en construction est une responsabilité partagée

Michel Paré - Vice-président exécutif de l'Association de la construction du Québec  7 avril 2010 09h37  Emploi
La plus récente publicité télévisée de la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST), présentement en ondes, ne laisse personne de glace. La CSST veut porter un grand coup en montrant un travailleur de la construction qui fait une chute mortelle, tout en prétendant que la responsabilité de cet accident tragique incombe à "ses patrons".

Mission accomplie: la pub dérange. Certes, mais elle "dérange" aussi la vérité. Selon nous, cette publicité est carrément tendancieuse et c'est pourquoi nous la dénonçons sans détour. Elle doit être retirée des ondes immédiatement.

Si l'Association de la construction du Québec (ACQ) intervient ainsi, c'est parce que les 11 000 employeurs en construction que nous représentons (secteurs institutionnel, commercial et industriel) ne peuvent plus supporter de voir cette publicité biaisée à l'écran. Un message trompeur, car il fait porter l'entière responsabilité de l'accident décrit sur les épaules de l'employeur.

La vérité, c'est que la responsabilité des accidents de travail est partagée entre les divers intervenants présents sur un chantier, de la conception à la réalisation de l'oeuvre, ce qui interpelle le client, donneur d'ouvrage public ou privé, les professionnels, les entrepreneurs et les travailleurs de la construction.

Sans rien enlever aux obligations de l'employeur, le travailleur a aussi des droits et des obligations en santé et sécurité. Il a notamment l'obligation légale de prendre les mesures nécessaires pour protéger sa santé, sa sécurité et son intégrité physique, tout comme celles de ses collègues de travail.

Ce qui nous irrite aussi au plus haut point, c'est que le message sous-jacent de cette publicité est que les entrepreneurs en construction sont négligents et qu'ils n'adoptent pas les mesures de sécurité appropriées sur les chantiers. À en croire la publicité, les employeurs n'auraient pas le souci d'assurer la protection de leurs ressources humaines, soit ceux et celles qui constituent le coeur de leur force stratégique.

Or, un examen honnête des faits pointe vers une réalité tout autre : les employeurs ont, année après année, retroussé leurs manches pour assurer la sécurité de leurs travailleurs. Voici quelques-uns de ces faits, qui concernent l'ACQ et ses membres plus particulièrement :

- De 1991 à 2000, le nombre d'accidents par million d'heures travaillées a chuté de 34 %, passant de 129,9 à 85,3. Ces progrès impressionnants ne sont pas le fruit du hasard, mais celui d'efforts conjugués des travailleurs et des employeurs pour réduire les risques concrètement.

- Depuis que la loi le permet, l'ACQ a mis sur pied quatre mutuelles de prévention. La mission première de ces regroupements d'entrepreneurs est précisément de faire la promotion de la prévention des accidents de travail.

- Au sein de ces mutuelles de prévention, une vingtaine de conseillers affectés uniquement à la santé et sécurité du travail conçoivent des programmes de prévention en étroite collaboration avec chaque employeur membre d'une de ces mutuelles. Au cours des dernières années, ces conseillers ont formé plus de 3000 représentants d'employeurs, dont 2500 contremaîtres qui oeuvrent tous les jours sur les chantiers du Québec.

- De plus, chaque chantier fait l'objet de visites de conformité, qui permettent à l'ACQ d'appuyer les efforts déployés par les entrepreneurs pour prévenir les accidents.

- Ces efforts sont couronnés de succès, puisque les taux de cotisation de ces employeurs, qui reflètent leur performance en santé et sécurité, baissent de façon constante, année après année.

- Finalement, les représentants régionaux de l'ACQ siègent dans presque tous les comités et groupes de travail mis sur pied par la CSST. Nos interventions, souvent en partenariat avec celle-ci, sont fréquemment orientées vers la prévention des lésions professionnelles sur les chantiers de construction.

L'ACQ déplore l'approche sensationnaliste de cette publicité, qui vise sans l'ombre d'un doute à trouver un coupable. Au lieu de chercher des fautifs, ne serait-il pas infiniment préférable de proposer des solutions? La CSST aurait dû présenter la situation dangereuse de façon objective et recommander des mesures préventives facilement applicables.

En présentant dans sa campagne télévisée une vision dénaturée de la situation existant sur les chantiers, la CSST vient de perdre une grande partie de sa crédibilité auprès des entrepreneurs en construction. Auparavant, elle avait réussi à s'attirer les foudres de certaines organisations syndicales pour sa campagne télévisée de l'an dernier.

La CSST gagnerait à consulter davantage ses partenaires patronaux et syndicaux avant d'élaborer ses stratégies de communication. Question de mieux servir la vérité...
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Cet article vous intéresse?
0 réaction
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Voter
Pour en savoir plus
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012