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    FIQ

    Trente ans à porter la voix des intervenants en santé

    18 novembre 2017 | Pierre Vallée - Collaboration spéciale | Emploi
    «Les intervenants en santé possèdent des savoirs, qu’ils soient scientifiques, existentiels, éthiques ou théoriques. Il faut reconnaître ces savoirs, les valoriser, et surtout les mettre à contribution», soutient la présidente de la FIQ, Régine Laurent.
    Photo: iStock «Les intervenants en santé possèdent des savoirs, qu’ils soient scientifiques, existentiels, éthiques ou théoriques. Il faut reconnaître ces savoirs, les valoriser, et surtout les mettre à contribution», soutient la présidente de la FIQ, Régine Laurent.
    Ce texte fait partie d’un cahier spécial.

    Le prochain congrès de la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ) marquera une étape charnière pour le syndicat. D’une part, il soulignera les 30 ans d’existence de la FIQ. D’autre part, sa présidente actuelle, Régine Laurent, ainsi que plusieurs membres du comité exécutif ont choisi de ne pas se représenter aux élections. Ainsi, au sortir de ce congrès, la direction de la FIQ sera grandement renouvelée.

     

    Par contre, ce qui ne changera pas, c’est l’ardeur de cette organisation à défendre le système de santé public au Québec, comme en témoigne le thème du congrès : «Soigner, une oeuvre collective». « Nous avons retenu ce thème parce qu’il fait référence à plusieurs aspects de la santé, explique Régine Laurent. D’abord, évidemment, il fait allusion au fait que la santé, c’est l’affaire de tous. »

     

    Le thème met aussi l’accent sur la notion de responsabilité collective. « La santé, c’est un enjeu de société, poursuit-elle. Il faut arrêter de seulement parler de maladie lorsqu’on parle de santé. La santé, ce sont les soins, oui, mais c’est aussi la prévention. » Elle avance aussi l’idée qu’il faudrait politiser davantage les soins. « Par politiser les soins, précise-t-elle, j’entends qu’il faut arriver à faire reconnaître que soigner est un apport positif pour la société. Lorsque les gouvernements investissent en santé, ils le font comme s’il s’agissait d’un mal nécessaire. Au contraire, la santé sert la collectivité. »

     

    Valoriser le professionnalisme

     

    Une des préoccupations de Régine Laurent, qui sera soulevée lors du congrès, est la valorisation du professionnalisme des acteurs du réseau. « Les intervenants en santé possèdent des savoirs, qu’ils soient scientifiques, existentiels, éthiques ou théoriques, soutient-elle. Il faut reconnaître ces savoirs, les valoriser, et surtout les mettre à contribution. Les intervenants en santé peuvent exercer un leadership, et ce, de façon autonome, sans toujours être pris dans un corset ou ralentis par des contraintes. »

     

    Elle donne deux exemples, liés entre eux, où l’organisation des soins de santé ne tient pas ou peu compte du savoir professionnel des intervenants en santé. « Par exemple, il n’y a pas de planification à long terme de la main-d’oeuvre, relate-t-elle. Lorsqu’une infirmière arrive pour son quart de travail, elle ne sait jamais combien d’autres infirmières seront sur place. Il n’y a pas de ratio soignant-patients, sauf aux soins intensifs. C’est de la gestion à courte vue. »

     

    Le second exemple concerne la lourdeur des cas. « Avec le virage ambulatoire, la durée du séjour à l’hôpital a été raccourcie. Cela a pour conséquence que les patients que l’on voit aujourd’hui sont tous dans une phase aiguë. » Par exemple, auparavant, lorsque la durée du séjour variait, certains patients venaient de recevoir leur intervention chirurgicale le jour même, mais d’autres quelques jours plus tôt. Les premiers demandaient plus de soins que les derniers. « Maintenant, tous les patients que l’on voit ont reçu leur intervention chirurgicale le jour même ou la journée d’avant, et donc nécessitent tous la même charge de soins, ce qui entraîne une surcharge de travail, fait-elle valoir. Il faudrait donc ajuster le ratio soignant-patients pour tenir compte de cette réalité, ce que l’on ne fait pas. »

     

    Deux nouveautés

     

    Deux événements nouveaux auront lieu lors du congrès. « Nous allons recevoir des membres de l’organisation internationale Global Nurses United, qui regroupe des syndicats de la santé d’une vingtaine de pays et qui milite contre les mesures d’austérité et la privatisation des soins de santé, souligne Régine Laurent. Une table ronde a été organisée à cet effet. »

     

    L’autre nouveauté met à contribution le comité des jeunes de la FIQ. « On a pensé que ce serait une bonne idée pour le 30e anniversaire de la FIQ de demander à nos membres qui ont 30 ans ou moins ce qu’ils pensent aujourd’hui de la FIQ, raconte Mme Laurent. Quel genre de militantisme prônent-ils ? Et comment voient-ils l’exercice du syndicalisme aujourd’hui ? » Le congrès de la FIQ se tiendra du 27 novembre au 1er décembre, au Centre de congrès et d’expositions de Lévis.













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