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    Réseau de la santé

    L’APTS rafle les votes d’allégeance

    Après une période de maraudage, l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux a gagné 20 000 membres

    29 avril 2017 | Réginald Harvey - Collaboration spéciale | Emploi
    Les nouvelles réformes ont énormément d’impact sur le personnel et sur son niveau de détresse, indique Carolle Dubé.
    Photo: iStock Les nouvelles réformes ont énormément d’impact sur le personnel et sur son niveau de détresse, indique Carolle Dubé.
    Ce texte fait partie d’un cahier spécial.

    En raison de la restructuration en profondeur subie par le réseau de la santé et des services sociaux, les syndicats ont vécu récemment une période de maraudage suivie d’un vote d’allégeance. L’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) a réalisé des gains majeurs, qui se sont soldés par l’ajout de milliers de membres. Ce mouvement entend maintenant faire valoir ses revendications en s’appuyant sur une représentation largement accrue.


    En 2004, Carolle Dubé fut l’une des fondatrices de l’APTS, dont elle est la présidente depuis 2012. Professionnelle elle-même, elle exerçait en électrophysiologie médicale à l’Hôpital neurologique de Montréal avant de se consacrer au syndicalisme à plein temps. Le syndicat regroupe les professionnels techniciens possédant des formations universitaires et collégiales qui oeuvrent dans le réseau de la santé et des services sociaux. Depuis l’adoption de la loi 30, en 2003, il est question de la catégorie d’emploi numéro 4. « On retrouve là les gens qui travaillent dans le secteur de la réadaptation et de la nutrition, dans les services diagnostiques, comme la radiologie et les laboratoires, dans le secteur du soutien, comme les CLSC, et dans tout le grand secteur psychosocial », explique Mme Dubé. En fait, ce sont là tous les professionnels techniciens qui ne sont pas associés aux soins infirmiers.

     

    Carolle Dubé reconnaît volontiers que « la syndicalisation dans le réseau de la santé s’est toujours avérée une question un peu complexe ». Et elle en vient à présenter le portrait de l’avant et de l’après-APTS à la suite du vote d’allégeance qui a été imposé par l’adoption de la loi 10 et la création de 21 centres intégrés (CI) dans chacune des régions. « Au départ, on représentait 32 000 membres répartis dans 19 centres et on a gagné dans 18 de ceux-ci, ce qui a porté le nombre des membres à près de 52 000 », dit-elle. L’Alliance est maintenant présente dans les centres jeunesse, qui ont été intégrés aux CI.

     

    Regroupés

     

    Comment la présidente explique-t-elle ce gain spectaculaire de quelque 20 000 adhésions? « On pratique un type de syndicalisme qui rejoint les professionnels et techniciens, ce qui ne date pas d’hier. Mais même si on existe comme organisation que depuis 2004, ces gens-là souhaitent depuis les années 1970 pratiquer ensemble leurs professions et exprimer leurs revendications, qui sont axées sur leurs pratiques et leurs besoins particuliers en matière de formation et de développement. »

     

    Au moment d’une négociation, elle affirme que « ce sont là des volets qui sont importants et qui rejoignent nos gens ; mais il est sûr qu’on a été aidés par la loi 10 parce qu’elle leur a fourni l’occasion de rejoindre nos rangs ».

     

    L’Alliance fonctionnait déjà à l’intérieur des centres intégrés depuis environ deux ans : « On prépare, depuis ce temps, nos unités à la nouvelle vie syndicale : elles sont soit en très grand nombre à certains endroits, soit dispersées sur des territoires très vastes ailleurs », rapporte la présidente.

     

    Dans ces conditions, la réflexion sur les façons de faire s’était déjà amorcée et elle se poursuivra avec les nouveaux membres. « Comment peut-on rester près d’eux ? Comment peut-on répondre à leurs besoins en matière de conditions de travail ? Comment peut-on maintenant avoir une vie syndicale locale ? », note Mme Dubé. Le développement technologique a son importance dans un tel contexte.

     

    Qui dit augmentation substantielle du nombre de membres dit aussi coffres mieux garnis, ce qui permettra à l’APTS de répondre à certaines attentes : « On a également réfléchi en profondeur à l’offre de services qui est très importante chez nous. Nos gens sont des professionnels qui veulent s’impliquer dans leur syndicat, mais qui cherchent de plus à obtenir beaucoup de soutien de notre part. On leur donne des services de relations de travail et un soutien sur le plan politique et des revendications. »

     

    Un réseau malmené

     

    Pour arriver à maintenir la cadence dans ce contexte, l’APTS prend les mesures nécessaires. « Il est certain qu’on traverse une période intensive d’embauche dans l’organisation pour être en mesure de répondre à la demande, dit Mme Dubé. On est un syndicat national et on doit être en mesure de fournir des services partout, dans chacune de nos unités. » Elle se montre tout de même réaliste : « Plus de membres, ça veut dire plus de cotisations, mais naturellement l’ensemble des besoins et des dépenses augmente aussi. »

     

    Les réformes imposées exigent de plus nombreuses interventions. « Elles ont énormément d’impact sur le personnel et sur son niveau de détresse. Toutes les réorganisations qui se produisent actuellement touchent beaucoup de nos membres », affirme Mme Dubé.

     

    Carolle Dubé donne plus de détails sur les effectifs touchés : « Par exemple, il y a toute la réforme dans les laboratoires qui touche les technologistes médicales, il y a le transfert des ressources des CLSC vers les GMF [groupes de médecine familiale] qui bouscule les travailleuses sociales et il y a tout ce qui se passe dans nos urgences qui a un impact sur leur personnel. »

     

    Elle en tire cette conclusion : « On vit réforme par-dessus réforme, et elles se déroulent souvent dans un mode assez improvisé, sans consulter les gens et sans mesurer sur place les effets des décisions qui sont prises. »

     

    Ainsi, l’APTS a mené un sondage afin de mesurer la condition psychologique de ses membres. « On a quelque chose comme six personnes sur dix qui manifestent présentement des signes de détresse, note la présidente. À ce sujet, on est capable d’établir des liens avec ce qui se passe dans le réseau de la santé en matière de réformes. »

     

    Carolle Dubé sonne l’alarme : « On devrait compter sur l’autonomie professionnelle de nos gens, mais on n’en tient pas du tout compte en leur imposant toutes sortes de barrières. Il en résulte qu’ils éprouvent énormément de difficultés à accomplir leur travail comme ils le voudraient, notamment pour aider les enfants et les personnes âgées. Ces personnes sont particulièrement visées par leurs services professionnels. »













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