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Vidéotron poursuit le SCFP

Valérie Dufour   26 juin 2002  Emploi
Assez! Les dirigeants de Vidéotron ont déposé hier après-midi une poursuite en dommages de près de cinq millions contre le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP).

Vidéotron réclame exactement 4 991 398 $ à ses employés en conflit de travail depuis le 8 mai. Depuis cette date, la compagnie a rapporté plusieurs cas de vandalisme et de sabotage sur son réseau. Toujours selon Vidéotron, ces gestes auraient été commandés par les dirigeants syndicaux.

«La violence et le vandalisme sont devenus les seuls arguments utilisés par le syndicat, soutient le vice-président exécutif de Quebecor, Luc Lavoie. C'est tout simplement intolérable! Les gens qui font ça sont des voyous! Qu'est-ce qu'ils ont dans la tête? Où pensent-ils que ça va les mener de détruire la propriété de leur employeur?»

Dans le document déposé à la Cour supérieure du Québec, Vidéotron dresse une liste des dépenses effectuées depuis le début du conflit avec ses employés.

De son côté, le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-FTQ) prend la poursuite avec un grain de sel. «La poursuite ne nous surprend pas, c'est une astuce de plus de Vidéotron pour mettre de la pression sur ses employés, croit le porte-parole du SCFP, Alexandre Boulerice. À la limite, c'est un peu futile. Depuis le début, Vidéotron affirme que l'organisation syndicale est responsable d'actes de vandalisme sans détenir aucune preuve.»

Luc Lavoie prétend, au contraire, que Vidéotron a des munitions. «Il y a des preuves très évidentes, dont celles recueillies quand le syndicat s'est fait prendre la main dans le sac alors que des membres commettaient des actes de sabotage contre [le système téléphonique de] notre service à la clientèle.» Selon la poursuite, le service à la clientèle et le soutien technique auraient reçu en moyenne 1750 faux appels par jour entre le 8 mai et le 10 juin.

«Nous pensions que ce genre de syndicalisme qui vise à mettre l'employeur à genoux avait disparu avec la commission Cliche, raille Luc Lavoie. Nous ne sommes pas intimidés et ce n'est pas ce qui nous fera bouger. Le syndiqués n'ont jamais voulu négocier et ils soutiennent depuis le premier jour qu'ils vont casser la baraque.»

Et pourquoi avoir choisi un recours civil au lieu d'attendre les résultats de différentes enquêtes criminelles? «L'un n'empêche pas l'autre, indique M. Lavoie. Et le criminel ne paie pas les dommages que nous avons chiffrés de façon très rigoureuse.»

À la limite, la poursuite fait notre affaire, ajoute Alexandre Boulerice. «On nous accuse gratuitement depuis le début. Mais en cour, il faudra que Vidéotron fournisse des faits. Et nous n'avons pas peur. On sait que nous ne sommes pas impliqués dans des actes de vandalisme.»

V. D.
 
 
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