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Conflit de travail chez Vidéotron - Les syndiqués perturbent la programmation de TVA

Valérie Dufour   26 juin 2002  Emploi
Une semaine de plus n'a rien changé, le conflit chez Vidéotron est toujours aussi vif. Hier matin, les syndiqués ont bloqué l'accès à leur lieu de travail aux employés de TVA, retardant ainsi de deux heures la diffusion de l'émission Salut, Bonjour!.

Dès 5h, une centaine de travailleurs de Vidéotron ont dressé des piquets de grève devant les entrées de l'immeuble de TVA à Montréal. «Nous voulions perturber la programmation», explique Yves Lalonde, président de la section locale 2815 du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-FTQ). Les employés de la chaîne de télévision ont finalement pu entrer au travail vers 8h.

Ce geste fait partie de la stratégie syndicale qui consiste à manifester devant des entreprises détenues par Quebecor, aussi propriétaire de Vidéotron. «Il y en aura d'autres [manifestations], avertit M. Lalonde. On ne sait pas quand, mais nous avons l'intention d'occuper tout le terrain et on sait que [Pierre Karl] Péladeau possède plusieurs compagnies.» Il rappelle également que les piquets de grève d'hier matin étaient légaux.

De son côté, Quebecor affirme ne pas être inquiet des futures interventions syndicales. «On va prendre les mesures appropriées pour ne pas qu'une telle situation se reproduise», a assuré le vice-président exécutif de Quebecor, Luc Lavoie.

Par voie de communiqué, la compagnie a également affirmé que des actes de vandalisme avaient été commis contre son réseau de câblodistribution au cours de la longue fin de semaine. Selon ses propres données, 314 884 foyers auraient été privés de câble dans la région métropolitaine.

La compagnie a de nouveau accusé le syndicat d'avoir fomenté le coup. «Tout porte à croire que ces actes ont été planifiés puisqu'ils ont été exécutés en rafale le 22 juin, de 21h15 à 22h45, balayant toute la région métropolitaine, de Dorion à Joliette, indique Vidéotron. [...] Ces pannes ont été faites dans des endroits stratégiques et, forcément, par des gens qui connaissent très bien le réseau de Vidéotron.»

En fin d'après-midi hier, Vidéotron a déposé une poursuite en Cour supérieure contre le SCFP. La compagnie réclame près de cinq millions, montant qui couvrirait les dommages subis depuis le 8 mai à la suite d'actes de vandalisme. (Voir le texte ci-contre.)

Oui, il y a eu des actes de vandalisme, mais on ignore qui les a commis, réplique Yves Lalonde. «Une chose est sûre, je n'ai donné aucune directive à mes membres [...] et il n'y a aucune preuve que l'un d'entre eux soit impliqué.»

Il accuse d'ailleurs les porte-parole de Vidéotron, Jean-Paul Galarneau, et de Quebecor, Luc Lavoie, de jeter de l'huile sur le feu. «Quand on entend dire que le service est de meilleure qualité maintenant ou que la compagnie est libre d'embaucher le nombre de sous-traitants qu'elle veut, on se demande à quel point on ne télécommande pas ce genre de geste.»

Selon le SCFP, les médias insistent trop sur le vandalisme et pas assez sur les enjeux du conflit. En mai, Vidéotron a cédé son service d'entretien et de réparation à Entourage Solutions technologiques. Ce faisant, 654 employés ont changé de patron.

«Le conflit ne se résume pas au fait que l'employeur demande une demi-heure de travail de plus par jour et quatre jours de congé de moins, souligne Yves Lalonde. On parle d'une compagnie qui a vendu des employés et qui utilise la sous-traitance à outrance.»

Le SCFP a porté plainte au Conseil canadien des relations industrielles (CCRI). La thèse du syndicat est que les dirigeants de Vidéotron ont négocié de mauvaise foi dans le but d'en venir à un conflit. De son côté, la compagnie soutient avoir pris une décision d'affaires qui lui permettra d'économiser 15 millions de dollars par année. Le CCRI entendra les partis les 8, 9 et 10 juillet prochains.

D'autre part, Vidéotron a obtenu une nouvelle injonction de la Cour supérieure du Québec. Cette ordonnance vise plus précisément les membres de la section locale 1417 du SCFP (qui représente les employés de la région de Québec).

En vigueur jusqu'à demain, l'injonction limite le nombre de piqueteurs à sept par établissement et vise à faciliter l'accès aux installations de Vidéotron pour ceux qui ne sont pas touchés par le conflit de travail.
 
 
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