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    Ordre des infirmières et infirmiers du Québec

    Accroître le rôle des infirmières permettrait d’améliorer l’accès aux soins de santé

    11 octobre 2014 | Émilie Corriveau - Collaboratrice | Emploi
    « Si le réseau de la santé fait davantage appel aux infirmières praticiennes spécialisées au cours des prochaines années, celles-ci devront être formées en plus grand nombre », estime la présidente de l’OIIQ, Lucie Tremblay.
    Photo: Thomas Northcut « Si le réseau de la santé fait davantage appel aux infirmières praticiennes spécialisées au cours des prochaines années, celles-ci devront être formées en plus grand nombre », estime la présidente de l’OIIQ, Lucie Tremblay.
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    Formées pour évaluer l’état de santé des patients et assurer leur surveillance clinique, les infirmières québécoises jouent un rôle important dans l’octroi de soins de première ligne. Mais ce rôle pourrait être plus grand, croit l’OIIQ. D’après l’ordre, si elles étaient toutes habilitées à prescrire des analyses de laboratoire et certains médicaments de façon autonome dans des situations précises, les infirmières pourraient contribuer de façon sensible à améliorer l’accès aux soins de santé.

     

    « Il y a plein de situations dans lesquelles les infirmières pourraient être plus efficaces si elles avaient le droit de prescrire, relève Mme Tremblay. Prenons par exemple une infirmière qui travaille à domicile. Elle soigne un malade qui a une plaie. Elle estime qu’il a besoin d’un pansement. Or, actuellement, elle ne peut lui en prescrire un. Il faut qu’elle trouve un médecin qui puisse faire la prescription. Pourtant, elle a les compétences pour le faire. Si on lui permettait de prescrire un pansement, ça éviterait toutes sortes de complications ! »

     

    Puisque la formation des infirmières est déjà adaptée pour qu’elles puissent le faire, l’OIIQ recommande que leur soit conféré le droit de prescrire certaines analyses de laboratoire, des radiographies et des tests pour compléter l’analyse de l’état de santé des personnes, des produits et des pansements pour le traitement des plaies, des médicaments à caractère préventif — des contraceptifs oraux d’urgence, par exemple — ainsi que des traitements pour des troubles mineurs, comme la constipation ou l’infection urinaire.

     

    « Évidemment, pour que ce soit possible, il faut qu’un règlement du Collège des médecins le permette. On est en discussion à ce sujet avec nos collègues du collège depuis presque un an. Le dossier chemine bien », indique Mme Tremblay.

     

    Promouvoir de nouveaux modèles de soins

     

    Parmi les autres mesures préconisées par l’OIIQ pour améliorer l’accès aux soins de santé figure l’intensification du déploiement d’équipes interprofessionnelles en gestion et suivi des maladies chroniques.

     

    Pourquoi accorder une attention particulière aux malades chroniques ? Parce qu’un peu plus de la moitié de la population québécoise âgée de 12 ans ou plus est atteinte d’au moins une maladie chronique, c’est-à-dire un cancer, une maladie cardiovasculaire, une maladie respiratoire, le diabète, une maladie de l’appareil musculo- squelettique, une maladie mentale ou une maladie neurodégénérative. Les maladies chroniques représentant 87 % des incapacités et 67 % des coûts de santé directs au Québec, l’OIIQ considère qu’il importe d’adopter des modèles plus efficaces de prévention et de gestion des maladies chroniques.

     

    « Il y a certains endroits au Québec où des équipes de proximité prennent en charge des gens qui ont des problèmes de maladie chronique. Certaines infirmières y jouent un grand rôle : elles sont gestionnaires de cas et veillent à ce que le cheminement des patients soit fluide. Avec leurs équipes, elles font l’évaluation et le suivi des malades, ce qui permet de réduire de façon importante les visites à l’urgence. Cela a aussi pour effet de faire diminuer de façon significative les hospitalisations. C’est sûr que le diagnostic appartient toujours aux médecins, mais les infirmières peuvent très bien s’occuper des cas moins complexes. Nous pensons qu’il faut intensifier ce genre de démarche », dit la présidente de l’OIIQ.

     

    Dans le même esprit, l’ordre propose de promouvoir de nouveaux modèles de soins infirmiers dans les Centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD). Il suggère notamment que des infirmières praticiennes spécialisées y soient déployées.

     

    « On constate déjà que la présence, en nombre suffisant dans les CHSLD, d’infirmières qui coordonnent une équipe composée d’auxiliaires et de préposés permet d’éviter des transferts de personnes âgées vers les hôpitaux. Si on permet à ces CHSLD d’offrir encore plus de soins adaptés à la condition physique et mentale des aînés grâce au travail des infirmières praticiennes spécialisées, on va réduire encore davantage les transferts vers les hôpitaux. »

     

    D’après Mme Tremblay, le gouvernement serait en réflexion sur le sujet et aurait manifesté à l’OIIQ son désir de mettre en place quelques projets expérimentaux d’ici les prochains mois pour tester l’approche.

     

    Évidemment, si le réseau de la santé fait davantage appel aux infirmières praticiennes spécialisées au cours des prochaines années, celles-ci devront être formées en plus grand nombre. N’étant actuellement qu’une centaine à travailler dans le réseau québécois, elles devraient être près de 2000 à le faire d’ici 10 ans, à en croire les projections gouvernementales.

     

    « Les diplômées vont être très en demande ! Il va falloir augmenter le nombre d’admissions dans les universités, c’est certain. Ça va représenter un défi », note Mme Tremblay.

     

    Mais il n’y a là rien que l’OIIQ ne soit prêt à relever. D’après sa présidente, si toutes ces recommandations sont mises de l’avant, le Québec sera en bien meilleure voie de résoudre ses problèmes d’accessibilité aux soins.

     

    « On n’arrête pas de nous dire qu’une personne sur quatre n’a pas de médecin de famille au Québec. Est-ce que la solution à nos problèmes doit reposer seulement sur l’accès aux médecins de famille ? Non. Nous pensons qu’elle doit reposer plutôt sur l’accès aux soins de façon générale et que les infirmières peuvent y contribuer grandement. »

    « Si le réseau de la santé fait davantage appel aux infirmières praticiennes spécialisées au cours des prochaines années, celles-ci devront être formées en plus grand nombre », estime la présidente de l’OIIQ, Lucie Tremblay. Lucie Tremblay












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