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    Ordre des conseillers en ressources humaines agréés

    Une profession en demande

    11 octobre 2014 | Thierry Haroun - Collaborateur | Emploi
    « On ne peut pas s’improviser directeur des ressources humaines du jour au lendemain. C’est un métier à part entière qui exige des connaissances », souligne Florent Francœur, p.-d.g. de l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés.
    Photo: OCRHA « On ne peut pas s’improviser directeur des ressources humaines du jour au lendemain. C’est un métier à part entière qui exige des connaissances », souligne Florent Francœur, p.-d.g. de l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés.
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    La profession de conseiller en ressources humaines en est une d’avenir, assure le président-directeur général de l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés, Florent Francoeur. Survol d’une profession complexe qui nécessite parfois du doigté lorsqu’il s’agit notamment d’abaisser les tensions au sein d’une organisation.


    Nous disions donc que cette profession en est une d’avenir. « Oui, tout à fait. On fait partie des professions qui sont en demande. Le marché du travail est très bon pour notre profession actuellement et j’oserais dire que ça va s’améliorer au cours des prochaines années », assure M. Francoeur. Pourquoi ? « Essentiellement parce qu’on diplôme environ 800 personnes en ressources humaines par année et que plus ou moins 1000 professionnels du métier partent à la retraite sur une base annuelle. Donc, non seulement le marché du travail va absorber les nouveaux diplômés, mais on va probablement en manquer », déduit Florent Francoeur, qui parle au nom des quelque 9500 membres de son ordre professionnel.

     

    La majorité des membres oeuvrent dans le secteur des services (38 %) et les secteurs industriel et commercial (22 %), alors que 16 % sont dans la fonction publique et parapublique. Par ailleurs, 33 % des membres pratiquent la profession à titre de généraliste, 13 % sont spécialisés en développement organisationnel, 8 % en dotation, 8 % en relations de travail et 6 % en formation. Plus de 85 % d’entre eux sont titulaires d’un baccalauréat. Et, fait notable, la documentation de l’ordre fait valoir que toutes les tranches d’âge sont représentées à parts égales. Ainsi, 32 % sont âgés de 26 à 35 ans, 30 % ont entre 36 et 45 ans et 27 % ont entre 46 et 55 ans. On notera enfin que deux titres sont réservés aux membres de l’ordre, soit ceux de conseiller en ressources humaines agréé (CRHA) (72 % des membres) et de conseiller en relations industrielles agréé (CRIA).

     

    Enjeux et rôles du métier

     

    Cela dit, les CRHA et les CRIA sont présents dans tous les milieux, que ce soit dans les entreprises, les organismes gouvernementaux, les syndicats, les universités ou encore les cabinets de consultants. Ces professionnels agissent notamment sur le développement organisationnel, la gestion des conflits, les relations de travail, la formation, le transfert des connaissances, la relève, la santé et le mieux-être des employés en milieu de travail, la rémunération, les avantages sociaux de même que la mobilisation des employés. Il existe par ailleurs un autre enjeu qui interpelle particulièrement Florent Francoeur, soit celui du taux de roulement et de la rétention des employés au sein d’une entreprise. « C’est un enjeu important surtout à Montréal, où on s’aperçoit que les entreprises ont de la difficulté à recruter du personnel parce que les gens ne veulent pas traverser les ponts, par exemple », note-t-il en s’appuyant sur un récent sondage que son organisme a réalisé.

     

    Ainsi, les nombreux travaux routiers au Québec ont un impact considérable sur la gestion quotidienne des employés, selon 70 % des répondants. Cette proportion n’était que de 55 % en 2011. Le coup de sonde démontre que près de 30 % des professionnels en ressources humaines interrogés affirment avoir perdu des candidats potentiels en raison de la localisation de leur entreprise et des travaux routiers. Et ce, sans compter que plus de 25 % des répondants ont affirmé que des employés ont quitté volontairement leur entreprise pour cette raison. Et, en comparant la région de la Capitale-Nationale à la métropole, le sondage note que l’impact est deux fois plus élevé chez les répondants en poste dans une entreprise de Montréal.

     

    Gestion du stress et des conflits

     

    Maintenant, il va de soi que le bien-être d’un employé au sein d’une entreprise rime avec la productivité. On résume : un employé heureux est un employé productif. Mais le stress et la pression que la société d’aujourd’hui et la concurrence entre entreprises d’un même secteur font peser sur les personnes sont une réalité avec laquelle le professionnel en ressources humaines doit composer au sein de son organisation, rappelle M. Francoeur. « Vous savez, toute la question de la santé mentale au travail est le fléau du XXIe siècle. Et il y a beaucoup de pression qui se fait sentir au sein d’une entreprise pour différentes raisons. On le remarque quand les gens quittent leur emploi pour des raisons d’épuisement professionnel, par exemple. Tout cela est en augmentation. L’idée, dans ces situations, c’est de s’assurer que les employés sachent qu’on se préoccupe de leur santé et de leur bien-être au travail. »

     

    Et c’est dans ce contexte que le professionnel en ressources humaines devient une « courroie de transmission » importante entre les parties, précise M. Francoeur. Ce qui, de fait, nécessite beaucoup de doigté. « Un des rôles difficiles de ce métier est de se retrouver entre l’employé et l’employeur. Bien sûr, il faut s’assurer que l’employé soit productif, que son potentiel soit exploité à son maximum. Mais, d’un autre côté, il faut rappeler à l’employeur qu’il ne gagnera pas à brûler ses employés. Le CRHA doit ainsi procéder par étapes. Il agit comme courroie de transmission. C’est un rôle qui est difficile. »

     

    « Vous savez, fait-il remarquer, le patron qui ne parle pas à ses employés a un impact sur la productivité. Ça, on le sait. Un employé heureux et en bonne santé est plus productif. » D’ailleurs, la fonction du CRHA ou du CRIA est de plus en plus reconnue, fait-il valoir. « Il y a 20 ans, je vous aurais dit qu’il y a une personne en ressources humaines pour 200 employés. Aujourd’hui, on remarque que, dès qu’on a 75 employés, le besoin d’un tel professionnel se fait sentir. On ne peut pas s’improviser directeur des ressources humaines du jour au lendemain. C’est un métier à part entière qui exige des connaissances. »













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