L'entreprise a fait des gestes antisyndicaux - Le Fonds FTQ se retire de Gildan
Le Fonds de solidarité FTQ se retire de Gildan à forts profits. Longtemps présenté par l'institution comme un modèle de placement éthique, le fabricant de vêtements sport n'a pas réussi à atténuer le désaccord autour d'un congédiement à son usine du Honduras. Le retrait du Fonds sera ordonné, étalé sur un à deux ans.
«Il n'y a pas de chicane entre les parties. Mais nous avons conclu qu'il y avait un désaccord fondamental», a résumé Pierre Genest, p.-d.g. du Fonds de solidarité. Gildan, qui emploie aujourd'hui 9000 employés dans le monde dont 980 au Québec, n'aura pas réussi à convaincre une institution mise sous pression depuis qu'il a congédié 38 employés du Honduras 10 jours après que ceux-ci eurent déposé une demande d'accréditation syndicale. Après avoir exigé, en vain, une enquête indépendante, le Fonds a délégué son propre émissaire sur place. Le rapport est tombé: «Nous avons conclu qu'il y a entrave au droit d'association», a précisé M. Genest. «Pour un fonds éthique comme le nôtre, c'est inacceptable», a-t-il ajouté, en soulignant que «c'est la première fois en 20 ans qu'une telle situation nous arrive».
En conséquence, le Fonds a retiré son représentant du conseil d'administration de Gildan. Et sa participation de 11 % dans l'entreprise sera vendue. «Le Fonds disposera graduellement de ses actions selon un échéancier opportun», peut-on lire dans un communiqué. De manière à ne pas influencer le cours de l'action et à ne pas pénaliser l'entreprise. «Le retrait sera très ordonné. Il pourrait s'étaler sur 12 à 24 mois. Tous les efforts seront faits pour ne pas influencer le cours», a soutenu Pierre Genest.
Pierre Genest reconnaît cependant que le retrait du Fonds était imminent, d'autant que le rendement offert aux actionnaires est plutôt impressionnant. «Ça s'en venait. Normalement, nous sommes là pour six à neuf ans.»
L'investissement initial du Fonds dans Gildan remonte à 1996 et s'élève à 3,5 millions de dollars. L'entreprise, devenue publique deux ans plus tard, employait alors moins de 600 personnes au Québec. Le Fonds lui a ensuite consenti une débenture de 30 millions qui a été remboursée depuis. Ce placement en capital-actions atteint les 90 millions aujourd'hui, soit l'équivalent de 2,5 millions d'actions à un cours unitaire de 36,30 $, dont la moitié est protégée «par des produits dérivés utilisés par le Fonds pour stabiliser son rendement. Puisque ce placement atteignait 2 % de notre actif, il fallait se protéger», a expliqué le p.-d.g. C'est donc dire que l'impact du délestage sur le cours sera atténué puisque la vente réelle n'impliquera que la moitié des actions détenues.
Un événement isolé
Chez Gildan, on conteste l'interprétation donnée par le Fonds à «un événement isolé impliquant un petit groupe de travailleurs à l'une des usines de couture de Gildan au Honduras», survenu en novembre 2002. Le fabricant a réitéré qu'il exploitait «toutes ses installations dans un environnement de travail éthique», qui «offre des conditions de travail bénéfiques à ses employés».
Dans son communiqué, l'entreprise a présenté un long plaidoyer, soutenant notamment qu'elle se conformait «à toutes les lois applicables dans toutes les juridictions où elle exerce ses activités». Elle a rappelé qu'elle était récemment devenue «la première société canadienne et le premier fabricant dans l'industrie de gros du vêtement de sport imprimé à recevoir le titre de Société participante de la Fair Labor Association (FLA). La FLA est dévouée à la promotion de la conformité à des normes internationales de travail et à l'amélioration des conditions de travail».
«De plus, quatre des usines de couture de Gildan ont été certifiées par le Worldwide Responsible Apparel Production (WRAP). Le droit et la liberté d'association sont des principes au coeur des codes de conduite de la FLA, de WRAP et de Gildan», a ajouté l'entreprise, tout en faisant ressortir que quatre de ses usines au Canada étaient syndiquées. «La contribution de Gildan à la responsabilité sociale des entreprises a été reconnue en février dernier lorsque l'Agence canadienne de développement international lui a décerné son prix d'excellence pour la responsabilité sociale et professionnelle des entreprises», a-t-elle renchéri.
«Il n'y a pas de chicane entre les parties. Mais nous avons conclu qu'il y avait un désaccord fondamental», a résumé Pierre Genest, p.-d.g. du Fonds de solidarité. Gildan, qui emploie aujourd'hui 9000 employés dans le monde dont 980 au Québec, n'aura pas réussi à convaincre une institution mise sous pression depuis qu'il a congédié 38 employés du Honduras 10 jours après que ceux-ci eurent déposé une demande d'accréditation syndicale. Après avoir exigé, en vain, une enquête indépendante, le Fonds a délégué son propre émissaire sur place. Le rapport est tombé: «Nous avons conclu qu'il y a entrave au droit d'association», a précisé M. Genest. «Pour un fonds éthique comme le nôtre, c'est inacceptable», a-t-il ajouté, en soulignant que «c'est la première fois en 20 ans qu'une telle situation nous arrive».
En conséquence, le Fonds a retiré son représentant du conseil d'administration de Gildan. Et sa participation de 11 % dans l'entreprise sera vendue. «Le Fonds disposera graduellement de ses actions selon un échéancier opportun», peut-on lire dans un communiqué. De manière à ne pas influencer le cours de l'action et à ne pas pénaliser l'entreprise. «Le retrait sera très ordonné. Il pourrait s'étaler sur 12 à 24 mois. Tous les efforts seront faits pour ne pas influencer le cours», a soutenu Pierre Genest.
Pierre Genest reconnaît cependant que le retrait du Fonds était imminent, d'autant que le rendement offert aux actionnaires est plutôt impressionnant. «Ça s'en venait. Normalement, nous sommes là pour six à neuf ans.»
L'investissement initial du Fonds dans Gildan remonte à 1996 et s'élève à 3,5 millions de dollars. L'entreprise, devenue publique deux ans plus tard, employait alors moins de 600 personnes au Québec. Le Fonds lui a ensuite consenti une débenture de 30 millions qui a été remboursée depuis. Ce placement en capital-actions atteint les 90 millions aujourd'hui, soit l'équivalent de 2,5 millions d'actions à un cours unitaire de 36,30 $, dont la moitié est protégée «par des produits dérivés utilisés par le Fonds pour stabiliser son rendement. Puisque ce placement atteignait 2 % de notre actif, il fallait se protéger», a expliqué le p.-d.g. C'est donc dire que l'impact du délestage sur le cours sera atténué puisque la vente réelle n'impliquera que la moitié des actions détenues.
Un événement isolé
Chez Gildan, on conteste l'interprétation donnée par le Fonds à «un événement isolé impliquant un petit groupe de travailleurs à l'une des usines de couture de Gildan au Honduras», survenu en novembre 2002. Le fabricant a réitéré qu'il exploitait «toutes ses installations dans un environnement de travail éthique», qui «offre des conditions de travail bénéfiques à ses employés».
Dans son communiqué, l'entreprise a présenté un long plaidoyer, soutenant notamment qu'elle se conformait «à toutes les lois applicables dans toutes les juridictions où elle exerce ses activités». Elle a rappelé qu'elle était récemment devenue «la première société canadienne et le premier fabricant dans l'industrie de gros du vêtement de sport imprimé à recevoir le titre de Société participante de la Fair Labor Association (FLA). La FLA est dévouée à la promotion de la conformité à des normes internationales de travail et à l'amélioration des conditions de travail».
«De plus, quatre des usines de couture de Gildan ont été certifiées par le Worldwide Responsible Apparel Production (WRAP). Le droit et la liberté d'association sont des principes au coeur des codes de conduite de la FLA, de WRAP et de Gildan», a ajouté l'entreprise, tout en faisant ressortir que quatre de ses usines au Canada étaient syndiquées. «La contribution de Gildan à la responsabilité sociale des entreprises a été reconnue en février dernier lorsque l'Agence canadienne de développement international lui a décerné son prix d'excellence pour la responsabilité sociale et professionnelle des entreprises», a-t-elle renchéri.
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