Une entrevue avec Claudette Carbonneau - La CSN s'inquiète des conséquences de la réingénierie
À l'occasion du conseil confédéral de septembre dernier, la présidente de la Confédération des syndicats nationaux, Claudette Carbonneau, passait en revue les projets de société que caressent les hommes politiques sur la scène fédérale et provinciale. Elle dénonçait en termes non équivoques les positions de droite adoptées par l'administration Charest dans maints dossiers.
La PME, les travailleurs, les emplois et le développement régional risquent de passer un mauvais quart d'heure dans le tordeur de la machine libérale. Bien des acquis sont remis en question et le dépôt du dernier budget en a fait la preuve: «Les coupures les plus drastiques se sont effectuées dans des postes comme le développement régional. On a retiré à la petite entreprise l'obligation qu'elle avait d'offrir de la formation professionnelle, ce qui ne démontrait pas une volonté d'économiser parce que ça ne coûtait rien à l'État; c'est une mesure qui en bout de course va finir par affecter les PME en raison du fait qu'il était difficile avant la loi 90 d'obtenir une constante dans ce domaine.»
La présidente veut bien que certains programmes d'aide aux entreprises soient passés au peigne fin; encore faut-il savoir où s'arrêter: «Beaucoup de ceux-ci ont été sabrés et je ne m'objecte pas à ce qu'on fasse du ménage. Mais lorsqu'on nous dit qu'il n'y en aura plus à l'avenir et que ce n'est pas le rôle de l'État d'intervenir en cette matière, je considère que c'est une retour au capitalisme sauvage qui se manifeste et qu'il va finir par nous jouer des tours à l'égard de l'emploi. À ce point de vue, j'ai beaucoup de craintes pour les petites entreprises.»
La politique de la sous-traitance
Il est largement question depuis quelques mois de la volonté politique de réviser l'article 45 du Code du travail pour ouvrir la porte à la sous-traitance. Un tel choix risque de causer l'appauvrissement de certains travailleurs. Autour de l'année 2000, le Conseil consultatif du travail et de la main-d'oeuvre avait effectué un relevé des conventions collectives et de leurs dispositions à l'égard de la sous-traitance pour l'ensemble du Québec. «Il y avait plus de 50 % des conventions qui n'offraient aucune protection sur cette question. Si on procède à la disparition de celle qui est prévue dans la loi, ça signifie que les travailleurs ne jouiront d'aucune façon de cette protection de leurs droits envers la sous-traitance.»
D'ailleurs, la loi 45 assure aux employés une défense très minimale: «Si on va en bas de cela, ça revient à dire aux gens que la libéralisation s'effectuera sur leur dos au mépris peut-être même de leur emploi.» Mme Carbonneau envisage également des conséquences pour le développement des régions: «Des travailleurs convenablement payés font rouler l'économie d'une région. Si on s'oriente vers les standards toujours les plus bas et les plus pauvres, il n'y a rien d'intéressant dans cette façon d'envisager l'avenir.»
Trois cibles en vue
Selon Mme Carbonneau, le Conseil confédéral aura servi à sensibiliser, à informer et à mobiliser les participants. Cette campagne se poursuivra et la Centrale tissera des alliances larges afin de tout mettre en oeuvre pour ralentir la machine gouvernementale et convaincre le gouvernement de faire marche arrière sur trois points: «Il y a la sous-traitance et l'article 45, les services publics et le dernier élément, qui est celui d'une fiscalité à caractère progressif dégageant suffisamment de ressources pour soutenir les programmes de développement à l'emploi et les services sociaux.»
Une instance spéciale de la CSN sera tenue le premier novembre prochain, au cours de laquelle tout l'appareil sera appelé à prendre des orientations à la suite desquelles la centrale annoncera son plan d'action pour les prochains mois.
La PME, les travailleurs, les emplois et le développement régional risquent de passer un mauvais quart d'heure dans le tordeur de la machine libérale. Bien des acquis sont remis en question et le dépôt du dernier budget en a fait la preuve: «Les coupures les plus drastiques se sont effectuées dans des postes comme le développement régional. On a retiré à la petite entreprise l'obligation qu'elle avait d'offrir de la formation professionnelle, ce qui ne démontrait pas une volonté d'économiser parce que ça ne coûtait rien à l'État; c'est une mesure qui en bout de course va finir par affecter les PME en raison du fait qu'il était difficile avant la loi 90 d'obtenir une constante dans ce domaine.»
La présidente veut bien que certains programmes d'aide aux entreprises soient passés au peigne fin; encore faut-il savoir où s'arrêter: «Beaucoup de ceux-ci ont été sabrés et je ne m'objecte pas à ce qu'on fasse du ménage. Mais lorsqu'on nous dit qu'il n'y en aura plus à l'avenir et que ce n'est pas le rôle de l'État d'intervenir en cette matière, je considère que c'est une retour au capitalisme sauvage qui se manifeste et qu'il va finir par nous jouer des tours à l'égard de l'emploi. À ce point de vue, j'ai beaucoup de craintes pour les petites entreprises.»
La politique de la sous-traitance
Il est largement question depuis quelques mois de la volonté politique de réviser l'article 45 du Code du travail pour ouvrir la porte à la sous-traitance. Un tel choix risque de causer l'appauvrissement de certains travailleurs. Autour de l'année 2000, le Conseil consultatif du travail et de la main-d'oeuvre avait effectué un relevé des conventions collectives et de leurs dispositions à l'égard de la sous-traitance pour l'ensemble du Québec. «Il y avait plus de 50 % des conventions qui n'offraient aucune protection sur cette question. Si on procède à la disparition de celle qui est prévue dans la loi, ça signifie que les travailleurs ne jouiront d'aucune façon de cette protection de leurs droits envers la sous-traitance.»
D'ailleurs, la loi 45 assure aux employés une défense très minimale: «Si on va en bas de cela, ça revient à dire aux gens que la libéralisation s'effectuera sur leur dos au mépris peut-être même de leur emploi.» Mme Carbonneau envisage également des conséquences pour le développement des régions: «Des travailleurs convenablement payés font rouler l'économie d'une région. Si on s'oriente vers les standards toujours les plus bas et les plus pauvres, il n'y a rien d'intéressant dans cette façon d'envisager l'avenir.»
Trois cibles en vue
Selon Mme Carbonneau, le Conseil confédéral aura servi à sensibiliser, à informer et à mobiliser les participants. Cette campagne se poursuivra et la Centrale tissera des alliances larges afin de tout mettre en oeuvre pour ralentir la machine gouvernementale et convaincre le gouvernement de faire marche arrière sur trois points: «Il y a la sous-traitance et l'article 45, les services publics et le dernier élément, qui est celui d'une fiscalité à caractère progressif dégageant suffisamment de ressources pour soutenir les programmes de développement à l'emploi et les services sociaux.»
Une instance spéciale de la CSN sera tenue le premier novembre prochain, au cours de laquelle tout l'appareil sera appelé à prendre des orientations à la suite desquelles la centrale annoncera son plan d'action pour les prochains mois.
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