Air Canada délocaliserait 300 emplois au Minnesota pour du travail jadis effectué par Aveos
Selon Alan Butterfield, responsable des services d’ingénierie et de maintenance chez Air Canada, l’atelier du groupe AAR à Duluth, où seront révisées les cellules d’appareils Airbus de famille A320, comprendra jusqu’à cinq lignes qui fonctionneront en simultané grâce au travail de 65 à 70 employés par ligne.
M. Butterfield a fourni ces informations dans le cadre des audiences découlant de la poursuite du gouvernement du Québec contre le transporteur. Le procureur général reproche à Air Canada de ne pas avoir respecté une loi fédérale de 1988 l’obligeant à maintenir des « centres d’entretien et de révision » dans trois villes du pays, soit Montréal, Winnipeg et Mississauga. La fermeture d’Aveos au mois de mars a entraîné la perte immédiate de 2600 emplois, dont 1800 à Montréal.
Le vice-président d’Air Canada a témoigné une première fois au mois de novembre avant que le juge Martin Castonguay, de la Cour supérieure, ne prenne la cause en délibéré. Il avait alors expliqué les mesures de contingence prises par Air Canada pour pallier l’absence soudaine d’Aveos, une ancienne filiale de la société mère d’Air Canada. Entre autres, il avait fait mention des multiples fournisseurs de services venus combler le vide, dont certains sont situés au Québec, alors que d’autres sont aux États-Unis, comme AAR, ou ailleurs dans le monde.
Mais au début du mois de décembre, les procureurs du ministère de la Justice aient été mis au courant d’une lettre d’entente entre Air Canada et AAR remontant au mois d’octobre. Cet élément n’ayant pas été évoqué lors du témoignage de M. Butterfield, ils ont demandé au juge de rouvrir la cause afin d’entendre le vice-président sur ce sujet. Ce que le juge a accepté le 14 décembre, insistant toutefois sur le fait que M. Butterfield avait livré un témoignage honnête.
Principal client dans l’édifice
Air Canada confie déjà du travail à AAR à son atelier de Miami, mais l’avantage de Duluth vient du fait que le transporteur peut faire effectuer tous les travaux d’entretien de cellules à un seul endroit et qu’il en serait essentiellement le seul client, a dit vendredi M. Butterfield. La lettre d’entente, publicisée dans un bref communiqué de AAR au mois d’octobre, trace les contours d’un futur contrat de cinq ans qui se terminerait en septembre 2017. En 2013, Air Canada versera à AAR environ 44 millions, selon M. Butterfield.
Sachant que le contrat avec son sous-traitant Aveos viendrait à échéance en 2013, Air Canada a entamé dès 2011 des préparatifs visant à trouver un fournisseur pour les cellules de ses 89 appareils A320, a dit M. Butterfield. « Dans notre industrie, il faut se prendre à l’avance », a-t-il dit. Tous les fournisseurs potentiels ont été contactés, dont Aveos et des groupes québécois comme Avianor, de Mirabel.
Avianor n’a pu se rendre très loin dans le processus de sélection, qui s’est terminé au cours des derniers mois, car l’entreprise ne satisfaisait pas aux normes du transporteur pour le travail requis. Présentement, Avianor s’occupe des roues et des freins.
Air Canada compte à Montréal 750 employés qui font de la « maintenance en piste », laquelle peut inclure des tâches exhaustives. Les méthodes de travail ont évolué, affirme le transporteur, en ajoutant que « travail de révision » ne signifie pas « entretien lourd ». En gros, Ottawa a formulé sa loi de manière à laisser une certaine souplesse à Air Canada, font valoir ses avocats.
Le juge a repris la cause en délibéré vers midi.







