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Relations de travail - Négocier à s'en rendre malade...

Des pilotes d'Air Canada ont gardé le lit hier, forçant l'annulation de dizaines de vols

14 avril 2012 | La Presse canadienne | Emploi
Le personnel de bord d’un appareil d’Air Canada passe devant le comptoir de la compagnie, à Toronto.<br />
Photo : Agence Reuters Mike Cassese Le personnel de bord d’un appareil d’Air Canada passe devant le comptoir de la compagnie, à Toronto.
[Actualisation] Encore perturbé ce matin: des vols annulés ou reportés
Toronto - Les opérations d'Air Canada n'étaient pas revenues à la normale ce matin, malgré une ordonnance émise hier pour le retour au travail de ses pilotes. Neuf annulations de vols et 19 reports étaient signalés à 7h ce matin à l'aéroport international Pearson de Toronto. La décision du Conseil canadien des relations industrielles a été annoncée hier, après l'annulation d'une centaine de vols pour une troisième fois en moins d'un mois. Un nombre inhabituel de pilotes avait pris un congé de maladie. Le président de l'Association des pilotes d'Air Canada, Paul Strachan, a dit ne pas s'étonner que des employés frustrés effectuent de telles actions après que le gouvernement eut provoqué par une loi spéciale le retour au travail des pilotes. Ces derniers sont toujours sans contrat de travail et les négociations sont dans une impasse.
Air Canada pourrait devoir affronter une coûteuse révolte des consommateurs à l'approche de la saison des réservations pour l'été, les difficiles relations de travail avec ses employés ayant entraîné l'annulation de vols, hier, pour une troisième fois en moins d'un mois.

Plus de 100 vols ont été annulés ou retardés à travers le pays après qu'un nombre inhabituel de pilotes eurent pris un congé de maladie, ce que le transporteur aérien a qualifié de mesure «illégale».

Les perturbations ont fait de ce vendredi 13 un vrai jour de malchance pour des milliers de voyageurs qui n'ont pu se rendre à leur destination comme prévu.

«Je ne suis pas impressionné et je vais probablement envisager certaines alternatives comme WestJet à l'avenir», a indiqué Martin, un résideant de Burlington, en Ontario, qui n'a accepté que de fournir son prénom, à l'Aéroport international Montréal-Trudeau.

«La dernière fois que j'ai volé, il y a quelques semaines, le vol a été annulé environ une heure avant le décollage. J'ai dû me dépêcher pour trouver une solution.»

Le voyageur de 36 ans estime que ces dérangements vont frustrer tous les passagers et probablement nuire à la réputation d'Air Canada.

Plus de 60 vols qui devaient décoller ou atterrir à Toronto ont été annulés, tandis que plusieurs autres ont été retardés, d'après le site Internet de l'Aéroport Pearson.

Des passagers ont aussi été incommodés à Montréal, à Ottawa, à Vancouver, à Calgary, à Edmonton et à Winnipeg.

La ligne aérienne a diffusé un avis signifiant que les interruptions pourraient toucher des vols toute la journée et durant le week-end.

Mais pour des observateurs de l'industrie, le manque de détails sur les vols qui pourraient être touchés n'a fait qu'augmenter le niveau d'incertitude pour tous les passagers.

«[Air Canada] perd sur toute la ligne», a estimé Gabor Forgacs, de l'école de gestion Ted Rogers de l'Université Ryerson, à Toronto.

Selon M. Forgacs, le plus grand transporteur aérien au pays court un risque réel de voir ses clients se tourner vers des concurrents.

«Si les voyageurs sont inquiets, il leur importera peu de payer un tarif différent en échange de la certitude de voir leur transporteur les emmener où ils doivent aller», a-t-il poursuivi lors d'un entretien.

Les annulations donnent en outre raison aux voyageurs qui prennent la décision de traverser la frontière américaine pour aller profiter des vols à meilleurs prix, a ajouté M. Forgacs.

Des vols avaient aussi été annulés le 18 mars en raison d'un fort taux d'absentéisme des pilotes et de problèmes sur les pistes de décollage. Une semaine plus tard, des employés au sol ont inopinément déclenché une grève, affectant plusieurs vols d'Air Canada.

Air Canada a déposé hier une plainte au Conseil canadien des relations industrielles, a indiqué l'Association des pilotes d'Air Canada, ajoutant qu'elle avait demandé à ses membres d'aller travailler comme d'habitude, sans tenir compte des pilotes dissidents qui ont suggéré à leurs collègues de demander une journée de maladie. Le groupe assure qu'aucun mot d'ordre n'a été envoyé à ses membres.

En mars, la ministre fédérale du Travail, Lisa Raitt, avait soumis le conflit avec les 8600 pilotes et employés au sol d'Air Canada au Conseil canadien des relations industrielles.

Une loi spéciale interdisant tout arrêt de travail chez le transporteur a été adoptée par les Communes à la mi-mars.

Les pilotes d'Air Canada sont toujours sans contrat de travail et les négociations sont dans une impasse.


 
 
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