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Organismes communautaires - Et ils et elles travaillent!

Des formations sont offertes aux jeunes et aux sans-emplois

1 mars 2012 | Pierre Vallée | Emploi
Deux femmes de chambre préparent un lit dans un hôtel. Certains organismes, comme les Services d’entretien Pro-Prêt, ont pour mission l’intégration au marché du travail par l’offre de formations dans le domaine particulier de l’entretien ménager commercial et industriel.
Photo : Agence France-Presse Franck Fife Deux femmes de chambre préparent un lit dans un hôtel. Certains organismes, comme les Services d’entretien Pro-Prêt, ont pour mission l’intégration au marché du travail par l’offre de formations dans le domaine particulier de l’entretien ménager commercial et industriel.
La formation continue ne dépend pas uniquement des organismes gouvernementaux et du secteur privé. Les organismes communautaires y sont largement présents, comme en témoignent les quelque 800 membres de la Coalition des organismes communautaires pour le développement de la main-d'œuvre. Voici le portrait de deux d'entre eux.

Fondé en 1980, Intégration Jeunesse Québec (IJQ) a pour mandat de favoriser l'intégration des jeunes au marché du travail. «Notre clientèle est celle des jeunes sans-emplois qui n'ont ni diplôme postsecondaire, ni qualification précise», explique Sylvie Baillargeon, directrice générale de l'organisme.

Une façon de favoriser cette intégration est la mise en place de formations ciblées. «Nous commençons par faire une analyse des besoins selon les secteurs d'activité, puis nous élaborons un plan de formation en collaboration avec les entreprises. Ensuite, nous procédons au recrutement des participants.» Le plan de formation est ensuite déposé auprès d'Emploi-Québec, qui donne ou non son aval et, dans l'affirmative, en assure le financement. Mais ce dernier est limité. «On arrive à mettre en place une ou deux formations par année et on rejoint ainsi une trentaine de participants.» La dernière formation en date est celle de testeur de jeux vidéo.

Les entreprises contribuent à la formation en fournissant services et équipements. Elles peuvent aussi dégager un employé qui agira comme formateur, sinon la formation est assurée par des membres du personnel en provenance des commissions scolaires ou d'autres écoles de formation. «La formation dure environ six mois et se fait en alternant les études et les stages en emploi. Ces derniers se font au sein des entreprises qui collaborent au projet et qui peuvent, si elles le veulent, embaucher le participant à la fin de la formation.» Le taux de placement est d'environ 85 %.

Autres services d'aide

Au fil des ans, IJQ a développé une expertise dans les services d'aide spécialisée. «Nous avons un programme d'accompagnement et de soutien aux personnes cherchant à s'intégrer au marché du travail. Nous avons aussi développé une expertise en persévérance scolaire en milieu de formation.» Cette expertise permet à IJQ de signer des ententes, par exemple, avec le Centre Gédéon-Ouimet, un centre de formation pour adultes qui offre le cours secondaire à ces derniers. «Cette entente nous permet d'avoir sur place un de nos conseillers dont la tâche est de soutenir, parfois moralement, les étudiants adultes, ce qui contribue au maintien en formation et réduit le taux d'abandon.»

IJQ a aussi développé des formations dans certains domaines précis, comme la quincaillerie, les matériaux de construction, l'automobile et l'environnement. «Ce sont des formations qui tombent sous la loi du 1 % et nous avons une entente financière annuelle avec Emploi-Québec pour ces dernières.»

Mais peu importe la formation ou le service offerts, une même philosophie anime l'organisme. «Nous aidons les jeunes à trouver leur voie. Il faut une adéquation entre la formation et l'emploi, entre la personne et le métier.»

Pro-Prêt

Quant aux Services d'entretien Pro-Prêt, il s'agit d'un organisme à but non lucratif, incorporé en 1988, dont la mission est aussi l'intégration au marché du travail par l'offre de formations dans le domaine particulier de l'entretien ménager commercial et industriel.

«On a souvent une perception négative de l'entretien ménager, qu'on considère comme un emploi mal payé et qui offre de mauvaises conditions de travail, explique Pascale Corriveau, coordonnatrice à la formation chez Pro-Prêt. Il faut donc en premier corriger cette perception. Dans le domaine de l'entretien ménager commercial et industriel, il y a un décret gouvernemental qui fixe les conditions de travail ainsi que le taux horaire, qui oscille autour de 15 dollars l'heure. On est donc loin d'un emploi au salaire minimum.»

Ces formations, financées par Emploi-Québec, s'adressent à la clientèle des moins de 30 ans qui n'ont ni emploi ni diplôme d'études secondaires. Mais Pro-Prêt a su innover en mettant en place une formation de préposé aux chambres d'hôtel qui cible une toute autre clientèle. Cette formation a été développée en collaboration avec le Comité sectoriel en main-d'oeuvre de l'industrie du tourisme. «La formation a donc été développée en tenant compte des normes professionnelles de l'industrie. Elle s'adresse à des femmes immigrantes dont la moyenne d'âge est d'environ 45 ans. Ce sont des femmes qui sont au Québec depuis 10 ou 15 ans et qui ont toujours travaillé, souvent dans le domaine manufacturier. Comme ce dernier décline, elles perdent leur emploi et n'ont pas les qualifications pour se replacer dans un autre secteur d'activité.» La formation ne les initie pas uniquement au travail de préposé aux chambres. «On en profite pour les aider à améliorer leur français et à mieux comprendre leur rôle de citoyenne. Par exemple, la formation comprend un volet sur les femmes et la syndicalisation.»

Mais aussi une entreprise

En plus d'être un service d'intégration au marché du travail, Pro-Prêt offre aussi des services professionnels en entretien ménager commercial et industriel. «Notre volet d'économie sociale comprend aujourd'hui environ une quarantaine d'employés, dont plusieurs sont d'abord passés par nos formations. Nous offrons à nos clients le même service et la même qualité que les entreprises privées en entretien ménager.»

Est-ce que ça fonctionne? «Les revenus autogénérés par notre volet d'économie sociale représentent aujourd'hui plus de la moitié du budget de notre organisme et dépassent les sommes que nous recevons sous forme de subventions liées à nos formations.» Une preuve de plus que les entreprises en économie sociale savent faire rimer service à la communauté et entrepreneuriat.

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