Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?
Abonnez-vous!
Publicité

Politique gouvernementale - Un rehaussement du financement est nécessaire

Le deuxième plan d'action est promis depuis des lustres...

1 mars 2012 | Thierry Haroun | Emploi
Josée Bouchard<br />
Photo : Source FCSQ Josée Bouchard
Si la Politique gouvernementale d'éducation des adultes et de formation continue lancée il y a dix ans est devenu incontournable, son financement doit être rehaussé pour répondre aux attentes du monde de l'éducation et du marché du travail. Tel est le bilan que dresse la présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), Josée Bouchard.

Le slogan «Apprendre tout au long de la vie» coiffe la Politique gouvernementale d'éducation des adultes et de formation continue qu'a adoptée le gouvernement péquiste de Bernard Landry en mai 2002. Considérée lors de son lancement comme «un enjeu crucial pour le Québec», cette politique marquait alors le début d'un effort collectif pour permettre aux adultes sans qualification professionnelle d'obtenir une formation de base et pour sensibiliser les adultes en emploi, de même que les employeurs, à l'importance d'investir dans le maintien et le rehaussement des compétences, souligne-t-on dans la documentation du temps.

«La capacité des individus d'accéder au savoir et d'apprendre tout au long de leur vie, lit-on encore, est une des conditions du développement culturel, social et économique. Les différentes actions entreprises par le gouvernement pour lutter contre la pauvreté et l'exclusion sociale ne pourront avoir d'effets durables que si les personnes rehaussent et mettent à jour leurs compétences, en particulier lorsque leur formation de base est insuffisante au point de départ.»

Cette politique gouvernementale s'articulait et s'articule toujours autour de quatre orientations: assurer une formation de base, maintenir et rehausser le niveau de compétence des adultes (le défi d'ancrer une culture de la formation continue), valoriser les acquis et les compétences des adultes par une reconnaissance officielle et lever les obstacles à l'accessibilité et à la persévérance.

Des chiffres

Mais qu'en est-il dix ans plus tard? Quel véritable bilan peut-on vraiment dresser aujourd'hui? Les objectifs de départ ont-ils été atteints? Que faire demain? Nous avons en vain tenté d'obtenir un commentaire du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) dans le cadre de cette recherche. Le MELS nous a toutefois transmis par courriel le bilan-synthèse du plan d'action en matière d'éducation des adultes et de formation continue 2002-2007 qui a été produit en 2008.

Ainsi, les chiffres montrent que, en 2001-2002, on comptait, chez les personnes âgées de 20 ans ou plus, 37 847 inscriptions en formation générale de base commune, dont 12 524 en alphabétisation. Tandis que, en 2008, on comptait 32 539 inscriptions en formation générale de base commune, dont 11 301 en alphabétisation.

En 2001, on notait 46 051 inscriptions en formation générale de base diversifiée. Sept ans plus tard, on constate une hausse avec 67 989 inscriptions. En formation professionnelle, il y avait 78 121 inscriptions en 2001, alors que, en 2008-2009, on en comptait 88 364. Une progression importante des services pour la reconnaissance des acquis et des compétences (RAC) est également constatée de 2003 à 2010, d'après d'autres chiffres que le MELS nous a fait parvenir.

Ainsi, 1249 personnes ont participé à des activités de RAC en formation professionnelle en 2003-2004, tandis que, six ans plus tard, 5421 personnes y ont participé. De plus, 1648 adultes ont participé à des activités de RAC en formation technique en 2003; en 2009, 3806 adultes y ont participé.

Un commentaire

De son côté, la présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec, Josée Bouchard, a accepté volontiers notre invitation. Comment les commissions scolaires se sont-elles inscrites dans le déploiement de cette politique gouvernementale? Quel bilan dresse-t-on dix ans plus tard? De quelle manière peut-on améliorer cette politique? Telles sont les questions qui ont été soumises à l'examen de Mme Bouchard. «Notre rôle consistait à mettre en application les programmes [au titre de cette politique]. On devait aussi faire en sorte que ces programmes soient connus et donc en faire la promotion. Et les efforts concertés que nous avons conduits ont porté leurs fruits dans le cadre, par exemple, des attestations d'études professionnelles (AEP). On parle ici de formation continue», précise-t-elle d'entrée de jeu.

«Je vous donne un exemple très concret, soumet-elle. En ce qui concerne les infirmières auxiliaires, on offre une AEP en soins palliatifs. C'est une façon pour elles de se perfectionner. Dans l'ensemble, on est très heureux des résultats car, depuis sept ans, on a fait accréditer 35 programmes à travers le Québec qui sont disponibles pour tous, qu'on soit à Natashquan ou à Montréal. Je pense aussi à l'AEP offerte en service de garde pour le personnel en milieu scolaire. Il y a 2000 personnes qui ont besoin d'être formées chaque année en service de garde dans les commissions scolaires.»

Elle note de plus l'offre d'un programme destiné aux préposés dans le secteur de l'hygiène et de la salubrité. «Dans ce cas, nous avons fait une belle alliance avec le réseau de la santé.»

Maintenant, à l'échelle de la réussite scolaire, les résultats sont également au rendez-vous, rappelle à grands traits la présidente de la FCSQ. «Il faut dire que le MELS s'attend à ce qu'on fasse réussir nos élèves. Force est de constater que, sur le plan de la formation continue, le bilan est positif, car notre taux de réussite est de 80 %. Et le placement sur le marché du travail oscille aux alentours de 70 %!»

Financement


Si Mme Bouchard dresse un «bilan positif» de cette politique gouvernementale dans son ensemble et qu'elle la considère comme «incontournable», elle émet toutefois des recommandations pour la suite des choses, notamment sur le plan de la formation continue. «En formation continue, on a besoin de 20 millions de dollars par année [pour répondre à la demande du marché du travail, notamment]. Et, actuellement, on reçoit seulement 13 millions de dollars. Il manque donc sept millions de dollars à l'échelle de la province.»

Enfin, elle rappelle que le deuxième plan d'action de cette politique est promis depuis des lustres et qu'il tarde à venir. «Ça fait presque cinq ans qu'on l'attend et le ministère ne cesse de le reporter d'année en année. Tous ceux qui travaillent dans le réseau scolaire l'attendent, on y croit fermement!»

***
Collaborateur du Devoir
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer
Publicité
Articles les plus : Commentés|Aimés
Blogues
Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel