L'équité, un bien beau concept qui a du mal à s'ancrer dans le quotidien
L'équité salariale est un concept si difficile à maîtriser que même la commission qui s'en occupe a du mal à recruter du personnel. Des 67 postes de l'organisme, une vingtaine sont encore à combler. «On ne peut pas seulement avoir des spécialistes en évaluation ou en relations de travail: il faut aussi qu'ils comprennent l'esprit de la loi», expliquait hier la nouvelle présidente de la Commission de l'équité salariale, Rosette Côté.
C'est justement le problème auquel ont été confrontées toutes les entreprises du Québec de plus de 10 employés l'an dernier. Au 21 novembre dernier, ces 40 000 entreprises devaient avoir adopté un programme d'équité et, au besoin, verser les salaires révisés.
Combien ont complété la démarche? La Commission l'ignore encore: elle enquêtera sur le sujet cet été. Mais le forum qui s'est tenu hier à Montréal, pour dresser un premier bilan de la question avec des gens de tous les milieux, laisse croire que la réalité est en deçà des espérances. «J'aurais aimé vous faire un bilan ultra-positif, mais pour plusieurs ça n'a pas apporté les résultats escomptés», disait ainsi Louise Mercier, de l'Union des employés de service, affiliée à la FTQ, qui compte 15 000 membres.
Dans les entreprises de plus de 100 employés, où des comités sur l'équité devaient être formés, l'exercice a été long, ardu, technique, fastidieux. Les consultants embauchés cherchaient à en imposer alors que souvent ils n'en savaient pas plus que les employés. Des employeurs ont voulu dicter les règles du jeu, des syndiqués étaient tentés de régler par la bande d'autres griefs...
Et même dans les cas présentés comme des succès, la montagne semble avoir accouché d'une souris. «Il y a plus d'argent qui a été dépensé pour la mise en place de l'équité que ce dont les employés vont bénéficier», disait ainsi Jacinthe Michaud, responsable du dossier chez Provigo, où l'on trouve plus de 20 000 employés et 200 conventions collectives.
Dans l'univers de la PME, ce sont surtout les entreprises syndiquées qui ont mené la démarche, poussées dans le dos par les centrales. Comme ces PME n'étaient pas obligées de créer des comités, bien des employeurs ont agi seuls, interprétant la loi à leur façon. Une minorité aura finalement complété l'exercice et légèrement ajusté les salaires, selon l'expérience de Mme Mercier, de la FTQ.
Du côté non syndiqué, c'est quasiment le désert. Céline Fortier, d'un groupe de femmes du Centre du Québec, faisait état d'un sondage mené l'été dernier auprès de 270 PME de sa région. Le tiers seulement ont répondu et, de ce nombre,
76 % n'avaient entrepris aucune démarche pour se conformer à la loi, la majorité affirmant même qu'ils n'avaient pas à le faire.
La Commission de l'équité a été aussi montrée du doigt au cours du forum. On lui a reproché son attentisme et son manque de collaboration. Des lacunes que Rosette Côté, nommée en février, entend corriger. Mais, note-t-elle, l'équité implique un changement profond de culture, c'est pourquoi, même si toutes les attentes n'ont pas été satisfaites, «la démarche était aussi importante que le résultat».
C'est justement le problème auquel ont été confrontées toutes les entreprises du Québec de plus de 10 employés l'an dernier. Au 21 novembre dernier, ces 40 000 entreprises devaient avoir adopté un programme d'équité et, au besoin, verser les salaires révisés.
Combien ont complété la démarche? La Commission l'ignore encore: elle enquêtera sur le sujet cet été. Mais le forum qui s'est tenu hier à Montréal, pour dresser un premier bilan de la question avec des gens de tous les milieux, laisse croire que la réalité est en deçà des espérances. «J'aurais aimé vous faire un bilan ultra-positif, mais pour plusieurs ça n'a pas apporté les résultats escomptés», disait ainsi Louise Mercier, de l'Union des employés de service, affiliée à la FTQ, qui compte 15 000 membres.
Dans les entreprises de plus de 100 employés, où des comités sur l'équité devaient être formés, l'exercice a été long, ardu, technique, fastidieux. Les consultants embauchés cherchaient à en imposer alors que souvent ils n'en savaient pas plus que les employés. Des employeurs ont voulu dicter les règles du jeu, des syndiqués étaient tentés de régler par la bande d'autres griefs...
Et même dans les cas présentés comme des succès, la montagne semble avoir accouché d'une souris. «Il y a plus d'argent qui a été dépensé pour la mise en place de l'équité que ce dont les employés vont bénéficier», disait ainsi Jacinthe Michaud, responsable du dossier chez Provigo, où l'on trouve plus de 20 000 employés et 200 conventions collectives.
Dans l'univers de la PME, ce sont surtout les entreprises syndiquées qui ont mené la démarche, poussées dans le dos par les centrales. Comme ces PME n'étaient pas obligées de créer des comités, bien des employeurs ont agi seuls, interprétant la loi à leur façon. Une minorité aura finalement complété l'exercice et légèrement ajusté les salaires, selon l'expérience de Mme Mercier, de la FTQ.
Du côté non syndiqué, c'est quasiment le désert. Céline Fortier, d'un groupe de femmes du Centre du Québec, faisait état d'un sondage mené l'été dernier auprès de 270 PME de sa région. Le tiers seulement ont répondu et, de ce nombre,
76 % n'avaient entrepris aucune démarche pour se conformer à la loi, la majorité affirmant même qu'ils n'avaient pas à le faire.
La Commission de l'équité a été aussi montrée du doigt au cours du forum. On lui a reproché son attentisme et son manque de collaboration. Des lacunes que Rosette Côté, nommée en février, entend corriger. Mais, note-t-elle, l'équité implique un changement profond de culture, c'est pourquoi, même si toutes les attentes n'ont pas été satisfaites, «la démarche était aussi importante que le résultat».
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