Emploi en 2011 - Si la tendance se maintient...
Depuis la publication des données sur l'emploi, hier, toute l'attention a porté sur le taux de chômage qui a fait un bond de 8 % à 8,7 % au Québec en décembre. Un bond spectaculaire qui doit cependant être mis en contexte puisque le Québec a tout de même terminé 2011 sur un bilan positif. Ce qui est plus inquiétant, c'est la récession qui nous pend au bout du nez.
Au début de 2011, un sondage SOM nous apprenait que les Québécois envisageaient l'année économique de façon plus positive que les autres Canadiens. Après tout, les choses n'allaient-elles pas mieux ici que chez nos partenaires ontariens et américains?
Puis le vent a tourné, de sorte qu'après avoir enregistré un taux aussi peu élevé que 7,3 % en septembre dernier, le chômage est reparti à la hausse en octobre pour clore à 8,7 % en décembre.
Plaçons d'abord ces données en contexte. Au cours d'une même année, les données de Statistique Canada tirées d'une enquête de type sondage d'opinion peuvent varier de façon surprenante d'un mois à l'autre. Ainsi, en 2011, le taux pour le Québec a grimpé subitement de 7,3 % à 7,9 % entre mai et juin, pour redescendre aussi vite à 7,2 % en juillet. Le phénomène s'explique par la variation du nombre de chômeurs, mais aussi par celle de la population active et par la marge d'erreur de l'enquête.
Pour cette raison, il faut plutôt s'en remettre à la moyenne des 12 mois d'une année pour obtenir un portrait relatif qui ait du sens. Ainsi, toujours pour le Québec, le taux de chômage qui était de 7,2 % en moyenne annuelle en 2007 et 2008 a grimpé à 8,5 % pendant la récession de 2009, puis il est redescendu à 8 % en 2010 et à 7,8 % en 2011. Le même niveau que l'Ontario, où la crise avait fait grimper le chômage aussi haut que 9 % en 2009.
Pour ce qui est des emplois créés, là encore il faut s'attarder aux moyennes annuelles.
Ainsi, s'il est vrai que Statistique Canada a dénombré 51 000 emplois de moins en décembre dernier par rapport à décembre 2010, en moyenne annuelle il s'est plutôt créé 38 500 nouveaux emplois pour toute l'année 2011 comparativement à 2010.
Est-ce que c'est beaucoup, 38 500 nouveaux emplois? La réponse est non en regard des 66 700 de 2010, et oui par rapport à l'augmentation minime de 14 300 en 2008 ou la perte nette de 32 000 en 2009. Mais pour éviter que le taux de chômage augmente, le Québec doit créer chaque année entre 60 000 et 125 000 nouveaux emplois, ce dont nous sommes loin.
***
Dans sa dernière mise à jour économique publiée en novembre, le ministre des Finances, Raymond Bachand, appuyait ses prévisions de revenus budgétaires sur la création de 54 100 emplois en 2011 et de 35 400 en 2012. Malheureusement, si la tendance observée à la fin de 2011 se maintient, Québec ratera ses cibles, tant au chapitre de l'emploi qu'à celui des revenus budgétaires.
Voilà ce qui est le plus inquiétant dans les données d'hier. Alors que le Québec s'est assez bien tiré d'affaire pendant la récession, la situation s'est rapidement détériorée au cours des derniers mois à cause de la crise qui s'abat sur l'Europe et de l'économie américaine qui tarde à redémarrer. Ajoutons à cela un dollar canadien trop fort par rapport aux autres devises et nous voilà à nouveau au bord de la récession.
Comment nos gouvernements réagiront-ils?
Du côté de Québec, le gouvernement Charest peut compter temporairement sur les 2 milliards de l'harmonisation des taxes de vente pour boucler son budget, mais s'il s'entête à viser l'objectif d'un retour au déficit zéro en 2013-2014, il faut s'attendre à de nouvelles compressions qui ne feront qu'aggraver la situation.
Mais c'est surtout d'Ottawa qu'on serait en droit de s'attendre à un effort puisque c'est lui qui contrôle la politique macro-économique. Or, étant donné que l'Ouest s'en tire bien grâce à son pétrole et que l'industrie de l'auto a repris du poil de la bête en Ontario, il serait surprenant que le gouvernement Harper lève le petit doigt pour venir en aide à l'économie de l'Est. Au contraire, on peut même prévoir qu'il redoublera d'efforts pour réduire ses dépenses afin de pouvoir diminuer à nouveau les impôts avant la fin de son mandat.
C'est pourquoi, comme en 2008, seule la pression populaire fera entendre raison à ce gouvernement qui refuse de croire que les États ont un rôle à jouer en situation de récession.
Au début de 2011, un sondage SOM nous apprenait que les Québécois envisageaient l'année économique de façon plus positive que les autres Canadiens. Après tout, les choses n'allaient-elles pas mieux ici que chez nos partenaires ontariens et américains?
Puis le vent a tourné, de sorte qu'après avoir enregistré un taux aussi peu élevé que 7,3 % en septembre dernier, le chômage est reparti à la hausse en octobre pour clore à 8,7 % en décembre.
Plaçons d'abord ces données en contexte. Au cours d'une même année, les données de Statistique Canada tirées d'une enquête de type sondage d'opinion peuvent varier de façon surprenante d'un mois à l'autre. Ainsi, en 2011, le taux pour le Québec a grimpé subitement de 7,3 % à 7,9 % entre mai et juin, pour redescendre aussi vite à 7,2 % en juillet. Le phénomène s'explique par la variation du nombre de chômeurs, mais aussi par celle de la population active et par la marge d'erreur de l'enquête.
Pour cette raison, il faut plutôt s'en remettre à la moyenne des 12 mois d'une année pour obtenir un portrait relatif qui ait du sens. Ainsi, toujours pour le Québec, le taux de chômage qui était de 7,2 % en moyenne annuelle en 2007 et 2008 a grimpé à 8,5 % pendant la récession de 2009, puis il est redescendu à 8 % en 2010 et à 7,8 % en 2011. Le même niveau que l'Ontario, où la crise avait fait grimper le chômage aussi haut que 9 % en 2009.
Pour ce qui est des emplois créés, là encore il faut s'attarder aux moyennes annuelles.
Ainsi, s'il est vrai que Statistique Canada a dénombré 51 000 emplois de moins en décembre dernier par rapport à décembre 2010, en moyenne annuelle il s'est plutôt créé 38 500 nouveaux emplois pour toute l'année 2011 comparativement à 2010.
Est-ce que c'est beaucoup, 38 500 nouveaux emplois? La réponse est non en regard des 66 700 de 2010, et oui par rapport à l'augmentation minime de 14 300 en 2008 ou la perte nette de 32 000 en 2009. Mais pour éviter que le taux de chômage augmente, le Québec doit créer chaque année entre 60 000 et 125 000 nouveaux emplois, ce dont nous sommes loin.
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Dans sa dernière mise à jour économique publiée en novembre, le ministre des Finances, Raymond Bachand, appuyait ses prévisions de revenus budgétaires sur la création de 54 100 emplois en 2011 et de 35 400 en 2012. Malheureusement, si la tendance observée à la fin de 2011 se maintient, Québec ratera ses cibles, tant au chapitre de l'emploi qu'à celui des revenus budgétaires.
Voilà ce qui est le plus inquiétant dans les données d'hier. Alors que le Québec s'est assez bien tiré d'affaire pendant la récession, la situation s'est rapidement détériorée au cours des derniers mois à cause de la crise qui s'abat sur l'Europe et de l'économie américaine qui tarde à redémarrer. Ajoutons à cela un dollar canadien trop fort par rapport aux autres devises et nous voilà à nouveau au bord de la récession.
Comment nos gouvernements réagiront-ils?
Du côté de Québec, le gouvernement Charest peut compter temporairement sur les 2 milliards de l'harmonisation des taxes de vente pour boucler son budget, mais s'il s'entête à viser l'objectif d'un retour au déficit zéro en 2013-2014, il faut s'attendre à de nouvelles compressions qui ne feront qu'aggraver la situation.
Mais c'est surtout d'Ottawa qu'on serait en droit de s'attendre à un effort puisque c'est lui qui contrôle la politique macro-économique. Or, étant donné que l'Ouest s'en tire bien grâce à son pétrole et que l'industrie de l'auto a repris du poil de la bête en Ontario, il serait surprenant que le gouvernement Harper lève le petit doigt pour venir en aide à l'économie de l'Est. Au contraire, on peut même prévoir qu'il redoublera d'efforts pour réduire ses dépenses afin de pouvoir diminuer à nouveau les impôts avant la fin de son mandat.
C'est pourquoi, comme en 2008, seule la pression populaire fera entendre raison à ce gouvernement qui refuse de croire que les États ont un rôle à jouer en situation de récession.
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