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La compagnie d'amiante Lab Chrysotile de Thetford Mines déclare faillite

La Presse canadienne   4 janvier 2012 16h19  Emploi
Jusqu'à sa fermeture, Lac d'amiante du Canada était l'une des deux seules mines de l'industrie encore en activité. La mine Jeffrey, à Asbestos, est maintenant en fermeture temporaire.
Photo : - Archives Le Devoir
Jusqu'à sa fermeture, Lac d'amiante du Canada était l'une des deux seules mines de l'industrie encore en activité. La mine Jeffrey, à Asbestos, est maintenant en fermeture temporaire.
Thetford Mines – Le producteur d'amiante Lab Chrysotile a annoncé aujourd'hui qu'il déclarait faillite, mettant encore davantage en péril les emplois de 350 travailleurs déjà au chômage.

Il ne s'agirait que d'une étape nécessaire avant la relance des activités, plaide toutefois le dirigeant de l'entreprise de Thetford Mines. La plupart des emplois devraient être sauvés, a laissé entendre Simon Dupéré.

«On n'était pas une opération "surstaffée" à ce que sache. Est-ce que ça va être un petit peu plus? Est-ce que ça veut dire un petit peu moins? Ça va dépendre de ce qu'on opère, ça va dépendre du plan d'affaires», a-t-il fait valoir en entrevue téléphonique.

Selon l'homme d'affaires, la situation financière actuelle de l'entreprise ne lui permet plus de poursuivre ses activités. L'arrêt de production de sa mine Lac d'amiante du Canada, en novembre dernier, faisait en sorte que les factures s'accumulaient sans source de revenus pour s'en acquitter.

Selon M. Dupéré, cette faillite serait une étape nécessaire pour repartir sur des bases solides.

«On a un problème de structure, on a un problème de coûts fixes et c'est ce qu'on a réglé avec (la faillite)», a-t-il expliqué.

«Maintenant on va parler à tous les intéressés, on va voir comment on va de l'avant et comment on fait pour relancer le projet.»

Lab Chrysotile avait annoncé à l'automne dernier la suspension de ses activités à sa mine Lac d'amiante, à Thetford Mines, où elle comptait alors quelque 350 travailleurs. La société minière affirmait qu'elle devait vérifier s'il serait possible d'avoir accès au minerai disponible sous l'ancienne route 112, ce qui permettrait une reprise de la production en 2013.

Jusqu'à sa fermeture, Lac d'amiante du Canada était l'une des deux seules mines de l'industrie encore en activité. La mine Jeffrey, à Asbestos, est maintenant en fermeture temporaire.

La faillite de l'entreprise est une mauvaise nouvelle pour les employés, mais l'éventualité d'une relance se présente comme une lueur d'espoir, selon leur porte-parole syndical.

Gordon Ringuette, du syndicat des Métallos, a ajouté qu'il s'attendait à voir l'employeur profiter de cette faillite pour tenter de diminuer ses coûts de main-d'oeuvre.

«On s'attend à ce qu'on nous demande encore des concessions. Lui parle d'un modèle économique qui est rendu trop cher ou pas rentable», a-t-il affirmé.

«J'aimerais quand même faire remarquer que les travailleurs, en 2005, à la dernière négociation de convention collective, ils ont laissé 25 pour cent de concessions monétaires sur la table. Vingt-cinq pour cent de concessions sur les salaires, sur les paies de vacances, sur les avantages sociaux, c'est énorme.»

Selon le porte-parole syndical, les employés connaissaient les difficultés de l'entreprise, mais ont tout de même été surpris d'apprendre que leur employeur s'apprêtait à déposer son bilan.

Déjà il y a quatre ans, une note interne du gouvernement fédéral laissait entendre que la mine d'amiante était à l'agonie, si bien que l'industrie controversée pourrait tout simplement mourir de sa belle mort.

La note de service du ministère fédéral des Ressources naturelles, datée de février 2008 et obtenue grâce à la Loi d'accès à l'information, estimait que la vie de la mine Lac d'amiante du Canada pourrait se terminer au début 2012.

Selon la Société canadienne du cancer, plus de 100 000 personnes meurent dans le monde à chaque année en raison de l'exposition à l'amiante et de plus en plus d'experts de la santé unissent leur voix pour demander au Canada de cesser l'exportation du minerai.

Mais ces avertissements n'ont pas changé la position d'Ottawa, qui défend bec et ongle l'industrie.

Par Philippe Teisceira-Lessard

 
 
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  • Notsag - Abonné
    4 janvier 2012 16 h 21
    Un risque, ça se gère!
    Beaucoup de mineurs ont succombé à l'amiantose alors que les dangers de ce produit n'étaient pas vraiment connus. Depuis, des mesures de précautions ont été prises et, à ce que je sache, les mineurs ne meurent plus d'amiantose.

    C'est vrai que des utilisateurs mal informés et mal protégés sont victimes de ce produit dans les pays en voie de développement, comme en Inde. Toutefois, la fermeture des mines d'amiante à Asbestos, ne changera strictement rien à leur sort. Le Canada n'est qu'un fournisseur parmi bien d'autres.

    Maintenant que l'on connaît bien ce produit, je crois qu'il est possible d'en faire une utilisation tout à fait sécuritaire. Pourquoi se priver d'un produit qui peut être encore fort utile. Au nom du "risque zéro", plusieurs semblent bien d'accord pour envoyer au chômage tous les mineurs d'amiante, et autres travailleurs qui vivent de cette industrie. C'est vrai que la solidarité n'est plus une valeur à la mode.

    Quand une plate-forme pétrolière explose ou coule, il y a de nombreuses victimes, sans compter le désastre écologique. Devrions-nous bannir l'exploitation du pétrole pour cela? Policiers et travailleurs de la construction sont également trop souvent victimes de leur métier.

    Dans toute activités humaines, il y a des risques. Il faut savoir les gérer, et s'en protéger du mieux possible.
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  • Jean Tremble - Inscrit
    4 janvier 2012 16 h 29
    Ronger son frein
    A-t-on simplement songé aux particules d’amiantes qui s’émanent des plaquettes de freins de ma voiture, quand j’appuie sur la pédale éponyme ?

    Quand je freine, est-ce que j’encoure le risque de contracter un cancer ?

    Me direz-vous que l’amiante de mes freins (bandes et plaquettes confondues) provient de Chine ou de Russie ?

    Sont-ce là des fibres moins nocives ?
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  • France Marcotte - Abonnée
    4 janvier 2012 18 h 58
    Se taire
    "...de plus en plus d'experts de la santé unissent leur voix pour demander au Canada de cesser l'exportation du minerai."

    Il est tant d'autres produits industriels pour lesquels les experts de la santé se taisent et qui affectent directement la santé publique qu'on ne peut que se réjouir qu'ils se mouillent cette fois, comme ils l'ont fait pour l'uranium sur la Côte Nord. Ils ne le font pas dans bien des cas d'atteinte à la qualité de l'air en ville par exemple avec le parc automobile délirant, ou la qualité de l'eau avec les rejets industriels en quantité insoupçonnée alors que des vies sont en jeu.

    Pourquoi l'amiante et pas autre chose?
    C'est là qu'on entre dans une autre dimension de la question, genre guerre de lobbys par exemple.
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  • jeanmo - Inscrit
    4 janvier 2012 22 h 44
    Et après ca va être quel produit !
    Étant travailleur dans une mine d'amiante je peux vous sans honte que j'ai vécu pire dans les années 1970 qnd il neigait au mois de juillet . Mais depuis a cause de très grande bataille rien ne parait.

    C'est vrai que dans les années 60..70 l'amiante n'était pas controlé mais maintenant c'est passée .Alors j'aimerais savoir quel produit vas être banni après l'amiante car j'ai travaillé dans des fonderies et acieries et je peux vous dire que ces travailleurs respirent plus de poussière que les mineurs.
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