Rio Tinto Alcan: injonction de l'employeur obtenue, les syndiqués sont limités
Désormais, le nombre de travailleurs sur les piquets a été limité à 20, qui devront se tenir à 500 pieds de l'entrée principale de l'aluminerie. Cette condition a été imposée afin de ne pas gêner la circulation.
Les cadres devant se rendre au travail étaient forcés d'affronter des syndiqués, mis en lock-out le 1er janvier, ce qui limitait l'accès à l'usine.
Les syndiqués se sont résignés à cette exigence de la Cour supérieure, mais travaillent déjà à d'autres scénarios pour assurer leur visibilité.
Le représentant du Syndicat des métallos, Dominic Lemieux, a concédé que l'obtention de l'injonction a déçu les travailleurs. Il maintient toutefois qu'il ne s'agit que d'une situation «temporaire». Une audience a déjà été fixée au 10 janvier, en Cour supérieure, afin de permettre au syndicat de faire valoir son point de vue et, espère-t-il, parvenir à modifier l'injonction.
Point mort
À la table de négociation, les échanges sont au point mort. Dominic Lemieux s'étonne tout de même de la dérive des pourparlers, alors qu'aucune demande syndicale n'a été déposée.
«Nous n'avons formulé aucune demande d'augmentation de salaire, de vacances ou d'avantages sociaux. Tout ce que l'on veut, c'est assurer nos emplois, alors que l'entreprise, elle, veut augmenter le nombre de sous-traitants pour remplacer les travailleurs qui partiront à la retraite», a-t-il expliqué.
À l'usine, environ 200 cadres se relaient pour faire fonctionner les équipements, dont la production a été réduite au tiers de sa capacité. Lundi, la direction a confirmé que 288 cuves d'électrolyse, parmi les 432 que compte l'usine, ont été fermées au moment du lock-out.
La porte-parole de Rio Tinto Alcan, Claudine Gagnon, a précisé qu'avec cette cadence réduite, la production pourra être assurée par les cadres pendant un an s'il le faut.
Malgré une rupture du dialogue et l'imposition de restrictions lors des activités de manifestation, l'ardeur des syndiqués n'a pas faibli. «Nous sommes à trouver d'autres façons pour nous faire entendre et mobiliser dans la région. Nos gens sont solidaires, le climat et très très bon et nous avons des appuis pour un bon bout», a assuré Dominic Lemieux.
Lise Millette, La Presse canadienne
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