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    Fédération autonome de l'enseignement - «Il n'y a pas de métier plus public que celui de prof !»

    S'il y a réforme, qu'elle concerne l'intégration des jeunes en difficulté

    30 avril 2011 |Claude Lafleur | Emploi
    Pierre St-Germain, président de la FAE: «Nous ne sommes pas contre l’intégration des élèves en difficulté, bien au contraire. Nous voulons toutefois avoir les moyens de bien faire cette intégration.»<br />
    Photo: Source FAE Pierre St-Germain, président de la FAE: «Nous ne sommes pas contre l’intégration des élèves en difficulté, bien au contraire. Nous voulons toutefois avoir les moyens de bien faire cette intégration.»
    Après cinq années d'existence, la Fédération autonome de l'enseignement se dit très satisfaite de son sort. «Nous sommes une organisation jeune et dynamique!», lance avec enthousiasme Pierre St-Germain, président de la FAE.

    «Nous sommes issus d'une séparation d'avec la CSQ, rappelle d'ouverture Pierre St-Germain, et ça n'a pas été facile... Mais voilà que nous venons de compléter notre première ronde de négociations collectives. Nous venons même se signer, il y a quelques semaines, notre première convention. Nous sommes très satisfaits!»

    Au printemps 2006, neuf syndicats d'enseignants affiliés à la CSQ s'en sont désaffiliés, insatisfaits des négociations menées en matière d'é-quité salariale, ainsi que du

    renouvellement de la convention collective de 2005. «Nous som-mes convaincus d'avoir obtenu davantage lors des récentes négociations que ce que nous aurions eu autrement», estime le chef syndical.

    La FAE représente plus de 27 000 enseignants — le tiers du personnel enseignant au Québec — travaillant dans 800 écoles, du préscolaire au secondaire en passant par l'éducation des adultes et la formation professionnelle. «Nous regroupons tous les enseignants de l'île de Montréal, ainsi qu'une bonne partie de ceux de Laval, des Basses-Laurentides, de l'Outaouais et d'une partie de la Montérégie», précise M. St-Germain.

    L'intégration des EHDAA

    Notons que la FAE regroupe également le personnel des écoles privées pour élèves handicapés et en difficulté Peter Hall et du Centre académique Fournier. Justement, des négociations se poursuivent avec le ministère de l'Éducation concernant l'intégration des élèves dits handicapés ou en difficulté d'adaptation ou d'apprentissage, et qu'on appelle, dans le jargon de l'éducation, les EHDAA.

    «Nous ne sommes pas contre l'intégration des élèves en difficulté, bien au contraire, affirme Pierre St-Germain. Nous voulons toutefois avoir les moyens de bien faire cette intégration.» En premier lieu, la FAE réclame les outils pour dépister rapidement les élèves en difficulté.

    Étonnamment, rapporte M. St-Germain, le gouvernement préférerait identifier le moins grand nombre possible de EHDAA. «Car plus on identifie de ces élèves, plus le ministère est obligé d'agir, plus il est obligé de fournir les ressources et les budgets nécessaires.»

    Or, la FAE estime que plus tôt on repère ces élèves et plus tôt on intervient auprès d'eux, moins il en coûtera cher plus tard, au secondaire, pour les «réchapper». Elle cherche donc à s'entendre avec le ministère pour mettre en oeuvre des moyens de dépistage précoce (dès le primaire, sinon même au préscolaire) et pour obtenir les ressources pour intervenir auprès des jeunes élèves en difficulté. «Nous considérons que ça coûte bien moins cher à la longue», dit M. St-Germain.

    Contre... la réforme ?

    Par ailleurs, la Fédération s'oppose au bulletin unique, tel qu'annoncé récemment par la ministre Line Beauchamp. «Pour nous, le bulletin est un outil d'évaluation, explique M. St-Germain. Or, ce qu'on nous propose, c'est un mauvais outil!»

    La Fédération s'oppose à l'arrivée du nouveau bulletin l'automne prochain, puisque celui-ci n'apportera aucun changement dans l'évaluation des apprentissages. En fait, la FAE s'oppose principalement à l'évaluation des compéten-ces, préférant celle des con-naissances des élèves.

    «Pour nous, il ne fait aucun doute que les élèves doivent avant tout acquérir des connaissances, dit M. St-Germain. Or, non seulement un bulletin évaluant les compétences est un outil inutile, mais il faut énormément de temps aux enseignants pour évaluer ces compétences... au lieu de se consacrer à l'enseignement.»

    La FAE se dit même prête à exercer des moyens de pression pour forcer le gouvernement «à faire preuve de bon sens» s'il «s'entête à maintenir la réforme qui sévit depuis maintenant plus de douze ans».

    Toujours aussi irrespectueux!

    La Fédération a en outre vigoureusement dénoncé la vision proposée récemment par François Legault en matière d'éducation. «Nous reconnaissons bien là le manque total de respect qu'a eu M. Legault lorsqu'il était ministre de l'Éducation», lance Pierre St-Germain.

    La FAE dénonce le fait que le chef de la Coalition pour l'avenir du Québec propose d'abolir la sécurité d'emploi et d'imposer une évaluation régulière. Elle considère que M. Legault s'attaque ainsi au professionnalisme du personnel enseignant. «Veut-il revenir au système des inspecteurs où l'arbitraire règne en maître?», se demande-t-on.

    M. St-Germain s'oppose avec véhémence à toute «évaluation arbitraire» dont ses membres pourraient faire l'objet. «Déjà que tout enseignant est évalué au terme de sa formation universitaire, puis qu'il l'est durant ses sta-ges... Et même en classe, un prof est évalué par une trentaine de paires d'yeux!, dit-il. Il n'y a pas de métier plus public que celui de prof!» Par conséquent, la FAE n'accepte pas cette «approche populiste, qui laisse miroiter des augmentations salariales assorties de conditions qui sapent les fondements mêmes de notre système d'éducation».

    Le chef syndical en a surtout contre le discours «populiste et simpliste» véhiculé par François Legault et par la droite. «Lors-que, par exemple, on propose d'abolir les commissions scolaires pour confier les responsabilités aux directions d'école, il faudra bien engager du personne additionnel pour remplir ces fonctions, fait-il remarquer. Il est donc à douter qu'on fera des économies de ce côté-là.»

    Tout compte fait, la Fédération autonome de l'enseignement considère qu'on devrait se concentrer sur l'insuffisance des ressources, sur le modèle actuel d'intégration des élèves en difficulté et sur l'évaluation des apprentissages, plutôt que de bouleverser à nouveau les structures.

    ***

    Collaborateur du Devoir












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