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    Travailler plus vieux, vraiment?

    19 mars 2011 |Gérard Bérubé | Emploi
    L'impact des incitatifs défavorisant la retraite hâtive et favorisant la retraite tardive doit être analysé au cas par cas tellement le jeu des avantages et inconvénients se fait à la marge. Une perte graduelle du supplément de revenu garanti (SRG) pour les uns, de la pension de la sécurité de vieillesse (SV) pour les autres, viendra faire partie du calcul. Mais les facteurs qualitatifs, reliés notamment à la qualité de vie recherchée par le retraité, prendront le dessus.

    «Il est certain que les nouveaux paramètres présentés dans le budget nous forceront à revoir nos calculs de point mort, de point d'inflexion en fonction de l'espérance de vie», a précisé Éric Brassard, du cabinet Brassard Goulet Yargeau, Services financiers intégrés. Avant, c'était du -5+5. Maintenant, c'est du -6+7. L'écart s'accroît.

    Ces paramètres viennent de la pénalité mensuelle diminuant la rente du Régime des rentes du Québec si le départ à la retraite se fait entre 60 et 65 ans, qui passe de 0,5 à 0,6 % (en trois ans, après 2014). Et de la majoration mensuelle des rentes demandées après 65 ans, qui passe de 0,5 % à 0,7 % à compter du 1er janvier 2013.

    En appliquant ces données maintenant, la rente maximale annuelle versée à 65 ans, actuellement à 11 520 $, serait à 16 358 $ si elle débutait à 70 ans, soit une différence de 4838 $ avant impôt par année. Est-ce que cela vaut la peine de reporter sa retraite de cinq ans? Quelle qualité de vie espère-t-on à la retraite entre 65 et 70 ans par rapport à entre 70 et 75 ans? Ce sont des préoccupations qualitatives, résume Éric Brassard. «Et une rente demeure une gageure sur l'âge du décès.»

    Au demeurant, ces nouvelles données viennent modifier les paramètres du régime de retraite, mais ne concernent en rien les équilibres budgétaires du gouvernement. En fait, Québec a introduit un crédit invitant les personnes à privilégier le revenu de travail, plutôt que de retraite, après 65 ans. Afin d'encourager davantage de travailleurs à reporter leur projet de retraite, un crédit d'impôt «motivateur» de 15 % sera introduit graduellement à compter de l'an prochain pour les travailleurs de 65 ans ou plus. Ce crédit «pour travailleur d'expérience» s'appliquera sur un revenu de travail au-delà de 5000 $ jusqu'à un excédent de 3000 $ en 2012, de 4000 $ en 2013, de 5000 $ en 2014 et de 8000 $ en 2015, pour atteindre un excédent maximum de 10 000 $ en 2016 et après. Pour l'an prochain, ce crédit d'impôt pourra représenter environ 450 $ pour un travailleur de 65 ans ou plus. Lorsque le maximum sera atteint en 2016, le crédit pourrait représenter 1500 $ par travailleur admissible.

    Pour l'État, il y a fort à parier que les retombées fiscales seront positives. «De ce que je sais du modèle utilisé à Québec, je suis convaincu que l'effet net sera positif» pour les coffres publics québécois, a souligné Benoit Desjardins, associé en fiscalité chez Deloitte Touche Tohmatsu. Pour sa part, Éric Brassard rappelle qu'il existe déjà un crédit d'impôt pour emploi de 15 %, pouvant atteindre 1030 $ au Québec pour 2010, et qu'il n'y aura pas double emploi après 65 ans.

    Le spécialiste du cabinet, dont l'appellation connue au Québec est Samson Bélair/Deloitte & Touche, retient qu'une telle décision de travailler après 65 ans implique qu'un calcul doit être fait à partir des paramètres du fédéral. On peut penser au SRG, offert aux personnes retraitées à faible revenu. Le revenu d'emploi entre dans le calcul du SRG. Et s'il n'est pas imposable, il doit être inclus dans la déclaration de revenus. À l'heure actuelle, la prestation mensuelle maximum du SRG pour une personne célibataire est de 665 $, pour un revenu annuel maximum de 15 960 $. «Grosse modo, pour chaque 1 $ de plus, on perd 50 ¢», a ajouté Éric Brassard.

    La SV peut également pâtir de la présence d'un revenu de travail dans l'équation. Cette pension est versée à partir de 65 ans. Si une demande est présentée après cet âge, le demandeur a droit à un paiement rétroactif couvrant jusqu'à 11 mois en plus du mois pendant lequel il fait sa demande. Cette pension de base est imposable. Et les pensionnés dont le revenu personnel net est de 66 335 $ ou plus (incluant la SV) doivent rembourser une partie de leur SV. Le remboursement devient total à partir d'un revenu de 107 000 $. En deçà, la prestation mensuelle maximum est de 526,85 $. «Pour chaque 1 $ au-delà des 66 335 $, on perd 15 ¢», a avancé Éric Brassard.

    «Au demeurant, on peut présumer que l'impact économique net d'un report sera positif pour la grande majorité des gens préférant attendre.» Mais d'un point de vue qualitatif, la période 65-70 ans, voire 60-70 ans, ce sont de belles années de retraite. Il revient à chacun de déterminer si davantage de RRQ ou si le crédit vaut la peine de reporter le tout, conclut le spécialiste.
     
     
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