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Raffinerie Shell: cette fois, c'est la fin

François Desjardins   3 août 2010  Emploi
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Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir

Dans l'est de Montréal, pour plus de 500 travailleurs et quelques milliers de personnes qui en bénéficient indirectement, c'est la consternation. Un peu plus d'une semaine après le redémarrage des pourparlers entre Shell et l'acheteur potentiel pour sa raffinerie de Montréal-Est, les négociations ont échoué et Shell va maintenant concentrer toute son attention sur la conversion du site en simple terminal de carburants.

Sans que la raison soit évoquée publiquement, il est d'ores et déjà convenu que les négociations ont été rendues difficiles par le seul fait que la raffinerie n'a pas subi les entretiens nécessaires au cours de la dernière année, un irritant majeur aux yeux de l'acheteur intéressé, Delek US.

«Nous remercions Delek US de son intérêt», a dit Richard Oblath, vice-président de Shell, dans un communiqué conjoint avec Delek. «Ainsi prend fin un processus que nous avons mené pendant plus d'une année afin de trouver un acheteur. Plus de 100 entreprises ont été contactées, mais aucune n'a envisagé un avenir acceptable pour l'établissement en tant que raffinerie.»

D'un commun accord

De son côté, Uzi Yemin, le président de Delek US, division d'un conglomérat israélien, a dit que «malheureusement, après des efforts considérables pour s'entendre sur un grand nombre de questions complexes, les deux parties ont décidé de ne pas poursuivre les négociations».

Shell a indiqué qu'elle va maintenant travailler sur «la transformation sécuritaire de la raffinerie en terminal et sur l'approvisionnement adéquat en carburants de nos clients au Québec, dans les provinces de l'Atlantique et dans l'est de l'Ontario». M. Oblath a précisé que l'examen réglementaire n'est pas terminé.

Au fil des semaines, Shell a essuyé de vives critiques. Entre autres, certains lui ont reproché de n'avoir jamais voulu vraiment vendre sa raffinerie et ont affirmé que l'exercice de mise en vente relevait davantage d'un exercice de relations publiques pour cacher son souhait réel qu'est sa transformation en simple terminal. Shell a toujours dit qu'elle était de bonne foi.

«Mascarade»

«Ça met fin à une grosse mascarade», a lancé lors d'un entretien Jean-Claude Rocheleau, président de la section locale 121 SCEP-FTQ. «Ça signifie des milliers d'emplois, un effet domino potentiel [pour la raffinerie Suncor à côté et l'industrie pétrochimique], une perte pour la sécurité énergétique du Québec, une perte pour l'économie dans l'est de Montréal, etc. On a l'impression de s'être fait flouer.»

«Il apparaît pour le syndicat que Shell a rendu inutilisables plusieurs équipements de la raffinerie en ne procédant pas aux travaux d'entretien requis, ce qui aura rendu l'installation invendable», a-t-il ajouté dans un communiqué.

Le syndicat a obtenu une injonction qui empêche Shell de démanteler quoi que ce soit d'ici le 10 septembre. Aussi, il affirme que Shell doit décontaminer tous les terrains, pas seulement la partie du raffinage.

La société Delek US, qui aurait aussi voulu acheter les stations-service, a déjà déploré publiquement que la raffinerie ferme ses portes après le mois de septembre, car elle n'a pas subi les arrêts d'entretien nécessaires en 2009 et 2010. Et que Delek, en gros, ne souhaitait pas acheter un complexe inopérant.

Les négociations entre Shell et Delek ont échoué en juin. Cependant, après une réunion extraordinaire du Comité de l'industrie le 20 juillet à Ottawa, la direction de Shell, interrogée sur la place publique, a proposé à Delek de retourner à la table. C'était le 22 juillet. Les pourparlers auront duré environ une semaine.

Shell a annoncé la mise en vente de ses installations à l'été 2009. En janvier 2010, elle a annoncé qu'il n'y avait pas d'acheteur et a dit qu'elle les transformerait en terminal de carburants. Un comité de relance composé de syndicalistes, d'élus et de gens d'affaires — présidé par Michael Fortier — a cependant été mis en place, et c'est là que Delek a fait des offres. La dernière était de 200 millions. En l'absence d'une entente, Shell, entre-temps, a poursuivi la planification de la fermeture.

Fin des livraisons de brut

Le temps pressait, car l'équipement pour l'entretien de la raffinerie n'avait pas été commandé et les livraisons de pétrole, qui arrivent par pipeline en provenance du Maine, se termineront en août. Ce qui signifie qu'au-delà de septembre, la raffinerie devra arrêter. Progressivement, l'essence vendue dans les stations-service de Shell proviendra des livraisons maritimes au port de Montréal.

Au cours de la réunion du Comité de l'industrie, la direction de Delek avait été claire sur le fait qu'une raffinerie en voie de fermeture représentait pour elle un problème. Delek en possède une autre au Texas.

«La mise à niveau est le plus gros problème. Il y a beaucoup d'autres questions en jeu, beaucoup de problèmes à résoudre, mais ce n'est pas insurmontable, avait dit Jim Boles, de Delek. Par contre, pour celui-là, il n'y a plus assez de temps.»
 
 
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  • Pierre Schneider - Abonné
    3 août 2010 07 h 25
    Shell dont on n'aime pas la mauvaise foi
    Les derniers résultats financiers de Shell, rendus publics la semaine dernière, indiquaient que les derniers 90 jours d'opérations lui avaient rapporté des profits de plus de 4 milliards...et que les raffineries s'en tiraient bien.
    Vivement notre indépendance énergétique !
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  • robthebuilder - Abonné
    3 août 2010 08 h 51
    Devrait-on boycotter Shell?
    Ma première réaction à l'annonce de cette nouvelle, à laquelle on s'attendait, serait de boycotter Shell. Je boycotte encore Cadbury depuis qu'un ami a perdu son emploi suite à la fermeture de l'usine...il y a une trentaine d'années. Je boycotte aussi un resto de poulet à cause du congédiement injuste d'un autre ami il y a vingt ans. J'ai le boycott facile et persévérant. Cependant, j'imagine qu'on aura besoin d'employés pour opérer ce "parking à gaz". Il y a aussi les franchisés et leurs employés à considérer. Ferions-nous plus de dommages en boycottant Shell? J'attends, avant de voir ce que d'autres en pensent. En attendant essayons de venir en aide à ceux qui sont touchés directement ou indirectement par cette fermeture.
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  • Jacques Lafond - Abonné
    3 août 2010 09 h 03
    Pétro Québec
    Le gouvernement du Québec se doit de nationaliser Shell à l'Est de Montréal pour créer Pétro Québec. Oui à Pétro Québec et non à la fermeture des installations de Shell. Non aux investissements étranger pour cette rafinnerie. Oui au controle par les québécois sur le sol québécois.

    JL
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  • Bernard Gervais - Abonné
    3 août 2010 09 h 29
    À la fois odieux et révoltant
    C'est maintenant définitif : la raffinerie de Shell de Montréal-Est sera bel et bien fermée. Pendant un certain temps, l'entreprise a fait semblant de se montrer intéressée à l'offre d'achat de celle-ci et, du même coup, laissé croire à ceux qui y travaillaient qu'ils pourraient conserver leur emploi.

    Cependant, nous savons maintenant que tout cela, comme le rappelle le syndicat des employés, n'était qu'une « mascarade ». Shell avait sciemment négligé l'entretien de ses installations de Montréal-Est afin que celles-ci soient invendables. En somme, les dirigeants de cette société, même si on a cru un moment le contraire, ont toujours maintenu leur décision, soit celle de mettre la clé dans la porte !

    Ce qui me révolte le plus toutefois ici est que ces mêmes dirigeants ne seront probablement jamais pénalisés pour la façon odieuse et malhonnête dont ils ont agi dans ce dossier !
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  • Sylvain Auclair - Abonné
    3 août 2010 10 h 18
    Taxes foncières
    En tout cas, pour l'évaluation aux fins de taxes foncières, Shell ne pourra jamais affirmer que sa raffinerie ne vaut presque rien... vu qu'elle a refusé des offres qu'elle jugeait trop faibles!
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  • Rodrigue Guimont - Abonné
    3 août 2010 10 h 24
    Entre deux maux…
    J’avoue que l’abandon des pourparlers avec le holding Delek Group d’Israël m’a soulagé d’un grand malaise politique.

    Une raffinerie en pleine métropole est d’abord et avant tout une aberration géographique. Si la vente à Delek Group s’était réalisée, Montréal aurait vécu dans la peur permanente du terrorisme international.
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  • Fernand Trudel - Abonné
    3 août 2010 10 h 26
    Nos écolos à la rescousse de la raffinerie
    C'est paradoxal que des écolos enragés veulent sauver la raffinerie qui empeste l'est de l'ile de Montréal depuis des décennies. Pourquoi cette levée de boucliers pour des gens qui parlent de diminuer notre dépendance au pétrole ?

    Quant à nationaliser une raffinerie, parlez-moi de Pétro-Canada qui a été une tentative du gouvernement Trudeau à s'immiscer dans le cartel pétrolier pour empêcher les hausses irraisonnables du prix à la pompe. On remarque aujourd'hui que c'est habituellement Pétro-Canada qui mène le bal des hausses subites du prix à la pompe.

    Le passé étant garant de l'avenir, Pétro Québec n'est pas le bienvenu surtout avec un gouvernement québécois en si mauvaise position financière ployant sous le poids de la largesse du filet social qui crée des programmes généreux et non rentables...

    Fini les bébelles étatiques comme : la Société Nationale de l'Amiante, Québécair, Tricofil, la Gaspésia, etc... Ce sont tous des flops financiers...
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  • Mathieu Bouchard - Abonné
    3 août 2010 10 h 35
    Boycott ?
    @ Robthebuilder : un boycott est un effort concerté. Ce que tu fais est pas un boycott tant que tu réussis pas à embarquer beaucoup, beaucoup d'autre monde.
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  • TRIPOD - Inscrit
    3 août 2010 10 h 53
    C'était très prévisible ...
    De quoi vous attendiez-vous donc d'une pétrolière ?

    Elles ne sont uniquement là que pour empocher des milliards, sur le dos des contribuables, au profit de leurs actionnaires, un point c'est tout ! Elles ne sont surtout pas là pour gérer les pertes d'emploi de travailleurs "syndiqués" et autres dommages collatéraux qui surviennent toujours suite à une fermeture !

    Vous voulez un autre exemple éloquent, l'industrie automobile ! Êtes-vous passés dernièrement dans la région de Ste-Thérèse, centres d'achats récents et projets domiciliaires tout neufs, on ne dirait jamais qu'il y a déjà eu une usine de la GM à cet endroit ! Pourtant, plusieurs travailleurs y ont oeuvré toute leur vie et beaucoup habitaient même la région avoisinnante !

    Ça semble désormais inévitable, l'est de Montréal, déjà lourdement touché par des fermetures d'usines, n'échappera pas, cette fois-ci non plus, au couperet de Shell ! Les promesses s'envolent et la réalité reste !
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  • France Marcotte - Abonnée
    3 août 2010 11 h 28
    À quoi ressemble un terminal de carburants?
    On dit: "Le syndicat a obtenu une injonction qui empêche Shell de démanteler quoi que ce soit d'ici le 10 septembre. Aussi, il affirme que Shell doit décontaminer tous les terrains, pas seulement la partie du raffinage". Une raffinerie à démanteler, des terrains à décontaminer (qui le sont profondément), cela coûte beaucoup de sous. Shell tentera-t-elle de se défiler? Ces terrains décontaminés, disponibles pour un autre usage (intelligent de grâce), pourraient être une bonne nouvelle à plus long terme. Car quel avenir peut-on bâtir sur un territoire aussi ravagé que l'est de Montréal, où les populations côtoient la laideur et l'industrialisation brutale jour après jour?
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  • MystHalo - Inscrit
    3 août 2010 12 h 10
    Terrain réutilisable?
    "Aussi, il affirme que Shell doit décontaminer tous les terrains, pas seulement la partie du raffinage." Il est primordial que la population s'affirme dans le dossier de la décontamination des terrains de la raffinerie. Une décontamination complète permettrait de créer des emplois à court et à long terme, soit pendant le processus de décontamination et dans les phases de développement subséquentes. Si le gouvernement a en tête l'intérêt des habitants de la métropole, il ne démordra pas sur cette question.
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  • maxime belley - Inscrit
    3 août 2010 15 h 35
    yeah!!!!
    enfin la pollution va diminuer de moitié!!!

    bon débarras!!!!

    mon seul regret c'est l'apparition d'un terminal a pétrolier qui viendront à coup sur déverser leur fientes cancéreuse de produit raffiné partout dans le fleuve
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  • France Marcotte - Abonnée
    3 août 2010 16 h 45
    M.Belley
    Ne dites pas n'importe quoi. Peut-être ne savez-vous pas que les industries ne peuvent plus jeter n'importe quoi dans le fleuve. Il y a une règlementation et un suivi par des gens très intègres et compétents. Aussi, la ville de Montréal traite ses rejets, toutes ses eaux usées ou presque depuis 25 ans, y compris celles en provenance des industries, les raffineries également. Deux intercepteurs (des tunnels grands comme ceux du métro) captent au nord et au sud les eaux usées, les acheminent vers la Station d'épuration des eaux que je vous invite à visiter avec vos amis.
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