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Crise ou déficit, rien n'arrêtera le front commun

Les syndiqués de la fonction publique maintiennent leurs demandes

Gaétan Pouliot   28 octobre 2009  Emploi
Les trois chefs syndicaux du front commun, Réjean Parent, Claudette Carbonneau et Michel Arsenault
Photo : Annik MH De Carufel - Le Devoir
Les trois chefs syndicaux du front commun, Réjean Parent, Claudette Carbonneau et Michel Arsenault
Hier, le ministre des Finances prévenait que le déficit serait beaucoup plus élevé que prévu, atteignant 4,7 milliards à la fin de l'année. Mais les employés de l'État ont eux-mêmes averti leur patron: pas question qu'ils fassent les frais de ses difficultés financières.

Malgré la révision à la hausse du déficit du Québec, les syndicats du secteur public et parapublic maintiennent leurs demandes en vue des négociations avec le gouvernement.

La Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et le Secrétariat intersyndical des services publics (SISP), qui représentent la grande majorité des employés de l'État, font front commun le temps des négociations. Ils demandent, entre autres choses, des hausses de salaire de

11,25 % sur trois ans pour combler l'écart salarial avec les travailleurs du secteur privé. Et il n'est pas question de changer de cap, ont affirmé les chefs syndicaux, lors d'une rencontre avec l'équipe éditoriale du Devoir hier.

La récession comme le déficit du Québec ne sont pas des raisons pour abaisser leurs demandes, ont-ils dit. La situation n'est pas assez noire pour refuser des hausses de salaire aux employés de l'État, à leur avis.

Ils estiment par ailleurs que le débat dépasse la conjoncture économique. Le gouvernement doit réinvestir pour avoir une fonction publique en santé, attractive et qui donne des services de qualité à la population. Malgré la situation économique, le président de la FTQ, Michel Arsenault, demande au gouvernement Charest de négocier sérieusement.

Les dernières négociations avec le secteur public et parapublic se sont soldées en 2005 par un décret gouvernemental imposant les conditions de travail pour cinq ans. Cette fois, les syndicats ne craignent pas une loi spéciale. «Des décrets, c'est vrai qu'on en a déjà eu dans l'histoire du secteur public. Deux de file, on n'a jamais vu ça», dit, confiante, la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau.

Avec des hausses de tarifs en vue, l'opinion publique pourrait jouer un rôle important lors des négociations. Les syndicats en sont conscients et entendent mener une campagne auprès de la population. «On a une bataille de l'opinion publique à mener et on va la mener», fait savoir le porte-parole du SISP, Réjean Parent.

Les leaders syndicaux sont d'ailleurs agacés par l'image de la fonction publique véhiculée dans certains médias. Claudette Carbonneau croit que les employés du gouvernement n'ont pas à être gênés de demander des hausses de salaire: «Je pense que l'heure est peut-être venue de monter le ton. [...] De définir toutes les demandes des travailleurs du secteur public comme étant un geste de braqueur de banques, il y a des limites.»

Le front commun terminera demain sa tournée des régions avec un rassemblement à Montréal. Et vendredi, ce sera le dépôt des demandes au Conseil du trésor. Les conventions collectives des employés de l'État viennent à échéance le 31 mars 2010. Les syndicats espèrent arriver à une entente d'ici là.
 
 
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  • Claude Archambault
    Inscrit
    mercredi 28 octobre 2009 09h25
    WOW
    Les syndicats vont rendre un fier service à M Charest. Car s'ils persistent avec leurs demandes complètement farfelues, et que M. Charest résiste, c'est lui qui sortira grand gagnant. Le PQ lui sera pris entre deux feux, la réalité des finances et de la capacité de payer, position de M. Charest, et leur biais pro syndicat surtout avec les élections dans les mois qui suivront.

    Combien de fonctionnaires ont perdus leur emploie durant cette crise économique???
    Si M. Charest accorde le 11.5% aux fonctionnaires, pour combler l'écart avec le privé, il devra aussi faire les mêmes coupures dans les conditions de travail et dans le personnel et exiger une grosse augmentation de la productivité. Faire BEAUCOUP plus avec BEAUCOUP moins car c'est ce que le privé doit faire, ils veulent la parité, qu'on leur donne, mais TOUTE la parité.

  • André Michaud
    Inscrit
    mercredi 28 octobre 2009 10h38
    Vos employées veulent PLus de considération au lieu du fric
    Ayant travaillé 35 ans dans la fonction publique , mon salaire de petit agent de bureau ne fut jamais un vrai problème. Si je voulais gagner plus, j'aurais étudié en conséquence..

    Cependant le manque de considération des bureaucrates (directeurs, sous-ministres..) envers les employés est intolérable! Au lieu d'impliquer les employés dans la gestion, on les décourage.

    Si au privé celui qui dénonce à son patron un mauvais gestionnaire recoit une récompense, au public les bureaucrates le force à l'omerta ou comme on m'a fait, on le suspend pour deux jours comme cadeau de Noel en lui disant
    qu'il est au service des bureaucrates et non des citoyens.Même si ceux que je dénoncais on dilapidé les fonds publics, et baissé la productivité et les services aux citoyens!!!!

    C,est là dessus que les boss syndicaux devraient travailler pour améliorer les conditions de travail des employés et le service aux citoyens au lieu de se confiner à vouloir monter les salaires... pour faire monter les cotisations...

  • Patrick Asselin
    Inscrit
    mercredi 28 octobre 2009 13h57
    Entre Accuro et les syndicats, les québécois sont entre bonnes mains !
    Et c'est bien là le drame qui frappe le Québec de nos jours. PPP et contracteurs nous volent avec des soumissions bidons suivies de ristournes pour tous. Pour ce qui est des syndicats, c'est la même chose avec leurs conventions blindées et anachroniques. La droite et la gauche connaîssent depuis longtemps les failles du système et en profitent allègrement.

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