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Et si on se lançait en affaires...

Martine Letarte   26 mars 2008  Emploi
Actuellement au Québec, les perspectives d'emploi sont très bonnes pour les jeunes, ce qui, selon certains spécialistes, ne serait pas bon pour susciter l'entrepreneuriat. Toutefois, pour garder une économie forte et s'imposer à l'échelle internationale, le Québec doit pouvoir compter sur de bons entrepreneurs et s'assurer qu'il y a une relève prête à reprendre les entreprises dont les dirigeants fondateurs sont mûrs pour la retraite. Mais est-ce facile aujourd'hui pour les jeunes de se lancer en affaires?

«Eh bien, ça dépend! C'est certain que quelqu'un qui vient s'asseoir avec un de nos directeurs de comptes pour avoir des conseils et du financement doit être bien préparé», indique d'emblée Robert Bastien, vice-président PME chez Desjardins.

Avant d'accorder du financement à un entrepreneur, une institution financière regarde évidemment plusieurs facteurs, comme son plan d'affaires et son montage financier.

«C'est certain que le projet doit avoir l'air de tenir la route. L'entrepreneur aussi sera évalué, parce que c'est beaucoup une question de confiance. Est-ce qu'il a travaillé sérieusement sur son projet? Est-ce qu'il connaît bien son domaine? A-t-il de bons contacts? Est-ce que d'autres gens sont prêts à investir? A-t-il bien évalué le marché et la concurrence? Comment pense-t-il se démarquer? Nous regarderons un peu tout ça», affirme M. Bastien.

L'entrepreneur et la cote de crédit

La cote de crédit suit chaque citoyen dans bien des domaines de sa vie, y compris lorsque vient le temps de démarrer ou d'acheter une entreprise.

«C'est certain qu'on regarde le crédit d'une personne avant de lui accorder du financement. Souvent, une personne gère sa compagnie un peu comme elle gère ses choses personnelles. C'est bien évident toutefois que plus une entreprise est grande, moins l'aspect personnel de l'entrepreneur est important, puisque la gestion est généralement confiée à une plus grosse équipe. Une petite entreprise est plus dépendante de l'entrepreneur, qui doit même avoir la capacité de faire survivre la compagnie pendant les moments difficiles», explique Robert Bastien.

Évidemment, c'est toujours plus facile d'obtenir du financement pour une entreprise qui a déjà commencé ses activités et qui a déjà quelques clients. «Ça sécurise l'institution financière, alors l'entrepreneur peut obtenir du financement plus important», ajoute-t-il.

Et les jeunes?

Lorsqu'on regarde toutes ces questions, il peut sembler difficile de croire qu'un jeune puisse arriver à mettre la main sur du financement intéressant.

«L'entrepreneur à qui on accorde du financement n'est pas nécessairement âgé, mais c'est certain que, généralement, il doit connaître le milieu dans lequel il se lance en affaires, alors c'est évident qu'il doit avoir quelques années d'expérience. De plus, travailler un certain temps pour quelqu'un d'autre avant de se lancer en affaires aide l'entrepreneur à se constituer un bon levier financier», indique Robert Bastien.

Cela ne signifie pas, toutefois, qu'aucune possibilité n'est accessible aux jeunes sans expérience. En fait, ils peuvent généralement avoir une carte de crédit et une marge de crédit pour démarrer une petite entreprise qui n'a pas de grands besoins financiers. De plus, les institutions financières offrent généralement différentes solutions de financement simples et rapides, dont les demandes peuvent souvent être faites en ligne.

Un programme spécialement conçu pour les jeunes existe aussi chez Desjardins, grâce au soutien du gouvernement du Québec et à des organismes du milieu. «Les jeunes qui n'ont pas d'expérience peuvent soumettre leur projet au programme Créavenir, qui offre du financement sans exiger de ces jeunes entrepreneurs les mises de fonds ou les garanties habituelles», ajoute le vice-président PME chez Desjardins.

Prendre la relève

Le vieillissement de la population au Québec fait également en sorte que les besoins dans le domaine du transfert d'entreprises sont importants. Les différentes institutions financières développent donc des programmes pour faciliter les transitions.

«Une étude a été faite dernièrement et il en ressort que 50 % des entrepreneurs au Québec voudraient prendre leur retraite au cours des 10 prochaines années. Il y a donc beaucoup de travail à faire auprès des entrepreneurs qui se préparent à vendre et auprès des acheteurs potentiels, pour les aider à trouver les fonds nécessaires à l'achat de l'entreprise», indique Robert Bastien.

Généralement, lors d'un transfert d'entreprise, trois types d'acheteurs sont susceptibles de se manifester. D'abord, il y a les gens extérieurs à l'entreprise, comme les concurrents ou des gens d'affaires qui achètent l'entreprise pour tenter de faire du profit en la revendant rapidement après l'avoir consolidée. On retrouve aussi la relève familiale, ou encore le transfert de l'entreprise à un ou des gestionnaires déjà en place. «Souvent, cette dernière catégorie est la préférée des institutions financières, remarque M. Bastien. Et ce, même s'ils sont jeunes et n'ont pas trop d'argent à investir, puisqu'ils connaissent déjà très bien l'entreprise et son milieu.»

D'après ce spécialiste, les ressources qui permettent de reprendre une entreprise sont au rendez-vous actuellement au Québec et si la compagnie est en bonne santé financière, de belles occasions s'offrent à la relève.

«Toutefois, la difficulté qu'on rencontre souvent est que les dirigeants fondateurs ne lâchent pas le morceau facilement, remarque M. Bastien. Plusieurs ne veulent pas vendre, donc ils ne se préparent pas au transfert de leur entreprise. Pour remédier à ce problème, nous organisons des activités de sensibilisation avec les dirigeants pour les préparer à la vente de leur entreprise, pour les aider à identifier la relève potentielle, pour démocratiser les différentes étapes d'un transfert, etc. Ce sont de grosses décisions, alors c'est évident que ça ne se fait pas du jour au lendemain sans préparation.»

Collaboratrice du Devoir






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  • Eric Barnabé
    Inscrit
    mercredi 26 mars 2008 09h56
    Les contraintes sonrt pires au Québec
    « Au Québec, tu n'as qu'une chance de réussir. Par la suite, tu n'arrive même plus à ouvrir un compte bancaire commercial parce que ton crédit n'est pas bon. même avec 5000$. De nos jours une carte de crédit est très importante, que ce soit pour commander ou réserver par téléphone ou en ligne, mais le gouvernement québécois interdit les cartes de crédit prépayées.

    Il ne reste plus qu'à contourner lers lois pour travailler. Par chance, les banques ont créer un compte "travailleur autonome" qui est rattaché à un compte bancaire personnel et qui permet d'ouvrir un compte bancaire au nom d'une incorporation sans enquête de crédit et une seule banque offre une carte de crédit najeure prépayée rattachée à un compte bancaire, mais vous devez faire les transferts sur votre carte au comptoir.

    Pour quelqu'un qui a un projet plus grand, il y a toujours la possibilité de s'incorporer au Delaware (USA) avec, peut-être, une filliale au Canada. Maus dans tous les cas, le crédit bancaire est très difficile à obtenir ici. Par chance que les fournissuers voient plus loin que les actifs.

    Eric Barnabé »

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