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Marchés extérieurs - La contribution de Québec aux entreprises est bien accueillie

Thierry Haroun   26 mars 2008  Emploi
Raymond Bachand, ministre du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation
Photo : Jacques Grenier
Raymond Bachand, ministre du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation
Le gouvernement du Québec vient en aide aux PME de multiples façons dans leur conquête des marchés extérieurs. Survol et commentaires en compagnie de trois interlocuteurs intéressés par ce secteur qui porte son regard sur l'échiquier mondial.

«Le gouvernement du Québec intervient auprès des PME qui visent les marchés internationaux de plusieurs façons. Notre approche est multiple, elle est variée et on s'adapte à la situation et aux attentes de l'entreprise», explique Jean-Pierre Furlong, directeur de l'analyse du commerce extérieur et de l'investissement étranger au sein du ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation (MDEIE).

Accompagnement

Par exemple, souligne M. Furlong, le MDEIE peut accompagner une entreprise en lui proposant de faire un diagnostic qui permet d'évaluer si l'entreprise en question est en mesure ou pas d'exporter ses produits. «Ce diagnostic est, dans la majorité des cas, réalisé par nos experts qui sont présents dans nos bureaux régionaux à travers le Québec.»

Une fois que cet état de la situation est établi, le MDEIE peut proposer différentes pratiques d'affaires ou encore offrir de la formation adéquate. «Pour certaines entreprises, la formation est une étape très importante dans le cadre de ce type de démarche. Pour d'autres, ce peut être notre apport en matière de commercialisation des produits. On peut également proposer à une entreprise de l'accompagner dans l'établissement d'un plan d'affaires international. Donc, tous ces efforts ont pour principal but d'aider une entreprise à bien "performer" sur les marchés internationaux».

Depuis 2003, quelque 1700 entreprises ont bénéficié de l'aide du MDEIE en ce sens. Et en 2006-07, 81 missions commerciales à l'étranger ont été conduites par Québec dans le but de créer des liens d'affaires pour nos entreprises en sol étranger. «Ces missions sont très importantes. On en organise depuis longtemps, depuis plusieurs décennies. Ces missions permettent aux entreprises de participer à des foires commerciales un peu partout sur la planète.»

M. Furlong ajoute que les délégations québécoises établies dans plusieurs régions du monde servent de tremplin aux entreprises. «Dans nos bureaux à l'étranger, nous avons des attachés commerciaux sur place qui appuient les entreprises dans leur démarche, dans leur volonté d'ouvrir de nouveaux marchés.»

Mais s'il est un défi de taille que les entreprises doivent surmonter, c'est celui de persévérer sur ces marchés fortement concurrentiels, note M. Furlong. «C'est le principal problème que l'on constate chez les PME d'année en année. Ce n'est pas tout d'encourager les PME à exporter leurs produits et de tenter de prendre pied à l'international; il faut, dans le même temps, que ces entreprises persévèrent sur le long terme. En d'autres mots, il faut encourager une présence continue. Mais dans une perspective globale, nos entreprises sont très concurrentielles et elles "performent" bien.»

Encore plus

À ces mesures d'accompagnement s'ajoute le récent plan d'aide de Québec, de plus de 620 millions de dollars, destiné au secteur manufacturier. Ce plan a été annoncé en novembre dernier par Raymond Bachand, ministre du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation. Il comprend d'ailleurs des mesures d'aide et des sommes nouvelles pour favoriser la filière de l'exportation.

Le ministre Bachand a ainsi ajouté 5,5 millions de dollars aux 16,5 millions déjà disponibles pour faciliter la mise en marché des innovations et réaliser une première vente. Québec a aussi ajouté des crédits de 1,5 million de dollars pour soutenir la validation technique des produits novateurs, et 25 millions de dollars ont été ajoutés pour entreprendre ou consolider le développement des PME (principalement) à l'extérieur du Québec.

De bon augure

Notons aussi l'abolition de la taxe sur le capital qui a été annoncée par Monique Jérôme-Forget, ministre des Finances, dans son dernier budget. Voilà autant d'approches, de mesures et de sommes nouvelles qui sont largement saluées par Jean-Luc Trahan, président-directeur général des Manufacturiers et exportateurs du Québec (MEQ). «Nos entreprises faisaient et font encore face à un environnement d'affaires passablement difficile. Pensons bien sûr à l'appréciation de notre dollar, à la hausse des coûts de l'énergie et au ralentissement de l'économie américaine. Donc, toutes ces mesures, ces aides d'accompagnement annoncées par le gouvernement du Québec, doivent être interprétées, à mon avis, comme importantes», souligne M. Trahan.

«D'après nous, dit-il, le gouvernement du Québec n'en faisait pas assez avant, mais maintenant le tir a été corrigé et c'est très bien. Vous savez, ça faisait longtemps aussi qu'on demandait l'abolition de la taxe sur le capital.» Tout est en place, selon M. Trahan, pour favoriser adéquatement et durablement la présence de nos entreprises sur l'échiquier international. Mais des défis demeurent, fait-il remarquer.

Un sondage conduit par le MEQ auprès de ses membres et portant sur la concurrence internationale et le secteur de l'exportation, rappelle M. Trahan, démontre que l'un des défis concerne le recrutement de personnel dans le secteur de la commercialisation des produits. Deuxièmement, il a été question de l'importance de consacrer plus de temps au développement des marchés extérieurs. «Nos membres nous ont aussi dit, ajoute-t-il, qu'il fallait bien cibler nos partenaires d'affaires.» Selon M. Trahan, les entreprises doivent faire preuve d'agilité «afin de s'ajuster continuellement à la concurrence et il faut qu'une entreprise mise davantage sur la diversification parce que la pire chose qui puisse vous arriver en affaires, c'est de dépendre d'un seul client».

C'est bien mais...

Si toutes ces mesures d'accompagnement aux entreprises sont bien reçues par Simon Prévost, vice-président (section Québec) de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, il n'en demeure pas moins que, selon lui, le noircissement de la paperasse pèse encore lourd dans la balance. «Il y a de bonnes choses dans le plan du ministre Bachand, mais les programmes sont souvent inaccessibles et il est difficile de s'y conformer. D'autant que, lorsque je pose la question suivante à nos membres: "Qu'attendez-vous du gouvernement: des mesures d'aide ou l'amélioration du climat d'affaires au Québec?", ils disent, dans la majorité, préférer l'amélioration du climat d'affaires de manière à ce que ça devienne payant de faire des affaires au Québec. Je vous dirais aussi que les programmes du gouvernement ne sont pas très connus par nos PME.»

M. Prévost note de plus que l'accession aux marchés extérieurs demeure un défi continuel. «L'accompagnement du gouvernement est important, en effet. Les marchés sont parfois loin et les risques financiers, élevés. Cela demande une gestion financière particulière. De plus, la gestion de risque du taux de change est très mal connue par les PME. Et l'autre défi repose sur la main-d'oeuvre qualifiée. Si on veut continuer à viser les marchés extérieurs, il va falloir aussi combler les 50 000 postes disponibles dans notre secteur», conclut M. Prévost

Collaborateur du Devoir






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  • Michel Magnant
    Inscrit
    mercredi 26 mars 2008 08h35
    Comment promouvoir le nouveau développement économique?
    « Des conseils nationaux de la productivité et de la compétitivité sont apparus ces dernières années dans plusieurs provinces canadiennes et dans plusieurs pays industrialisés. Ils fournissent une intelligence économique mieux organisée sur un contexte mondial volatile, et ils diffusent de façon continue des motifs et des pistes d'action économiques.

    C'est le principal problème au Québec. De ne pas avoir de discours économique suffisamment en continu sur les défis de la mondialisation. Il faut s'inspirer des meilleures pratiques et pour promouvoir le nouveau développement économique du Québec, il faut mettre sur pied un "think tank" dédié. »

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