Investissement Québec - Le grand défi rencontré par les entrepreneurs consiste à trouver une main-d'oeuvre qualifiée
source investissement québec
Jacques Daoust, président et chef de la direction d’Investissement Québec
Qu'est-ce qui préoccupe tant nos patrons d'entreprise? Est-ce la récession qui s'amorce, l'augmentation des coûts de l'énergie, la parité du dollar ou la vive concurrence de la Chine? Rien de tout de cela, répond Jacques Daoust, président et chef de la direction d'Investissement Québec.
«J'organise souvent des repas avec 15 entrepreneurs et présidents de PME pour leur demander de me parler de leur entreprise et de ce qui les préoccupe le plus, raconte-t-il. Savez-vous que jamais personne ne me parle de la parité du dollar et rarement de la Chine? Eh non! Chaque fois, au moins 13 des 15 participants me parlent de leur difficulté à trouver de la main-d'oeuvre qualifiée!»
C'est là notre plus grand défi, poursuit-il. «Pas plus tard qu'hier, je recevais les représentants d'une grande entreprise internationale qui songe à s'installer ici. La première requête qu'ils m'ont adressée a été de rencontrer les spécialistes de la soudure... Et de quoi se plaint Denise Verreault [présidente du Groupe Maritime Verreault] ces jours-ci? Qu'elle manque de main-d'oeuvre!»
Au centre du développement des entreprises québécoises, M. Daoust observe que nous vivons actuellement une situation qui diffère fondamentalement de toutes les crises économiques précédentes. «Lorsqu'on avait un taux de chômage frôlant les 12 à 14 %, on avait un problème de chômage, dit-il. Mais cette fois, le taux avoisine les 6 à 8 %, ce qui correspond pratiquement au plein emploi. Il y a de fait plusieurs secteurs où on est en pénurie de main-d'oeuvre.»
Jalousie planétaire
À la tête d'Investissement Québec, Jacques Daoust sillonne le Québec et une bonne partie du globe afin de favoriser notre développement économique. «Et vous savez quoi, dit-il, on me jalouse énormément!»
En effet, s'il y a à travers le monde des milliers d'agences semblables à la sienne, Investissement Québec est cependant l'une des rares à posséder des fonds pour faire la promotion des investissements. «Le gouvernement du Québec a eu la bonne idée de nous donner des outils pour y parvenir, poursuit-il. Je gère une banque, puisqu'on a la capacité de faire des prêts et des garanties de prêts. Nous sommes aussi mandatés pour gérer les programmes de soutien économique du gouvernement.»
Des milliards en investissement
Investissement Québec se présente d'ailleurs comme le principal levier de développement économique du gouvernement, en injectant un milliard de dollars par année dans plus de mille entreprises. En dix ans, IQ a fait plus de 10 000 interventions qui ont servi de leviers à des investissements totalisant 44 milliards de dollars. Elle a en outre facilité la réalisation de 360 investissements étrangers au Québec. Toutes ces interventions, rapporte-t-on, représentent 145 000 nouveaux emplois.
«Ce que tout ceci veut dire, explique M. Daoust, c'est que j'ai beaucoup de moyens et d'outils à ma disposition pour venir en aide aux entreprises, qu'elles soient petites, moyennes ou grosses. Je puis faire des prêts de 50 000 $, mais aussi des prêts de 100 millions de dollars!»
Par conséquent, le président d'Investissement Québec se fait souvent demander quelle est la différence entre la Société générale de financement et son agence. «La SGF est dans le capital de risque, précise-t-il, alors que nous, nous sommes dans les outils de dettes. Nous sommes en fait très complémentaires l'un de l'autre puisqu'on pourrait dire que SGF + IQ = création de richesse!»
Par ailleurs, lorsque M. Daoust rencontre ses homologues chinois, australiens ou français, ceux-ci sont éblouis de voir les moyens et les capitaux dont il dispose. «Je fais des jaloux partout!», lance-t-il en riant.
Il se considère en outre «l'ami des banques» puisque son agence fait davantage du financement complémentaire que des prêts directs. «Je suis prêt à prendre plus de risques qu'une banque, avance-t-il, bien qu'on aime mieux épauler celles-ci. Par exemple, disons que vous avez besoin d'un prêt d'un million de dollars, mais que votre banquier ne peut vous prêter que 500 000 $. Nous pouvons demander à la banque de vous prêter le million, dont nous garantirons la moitié. Pour la banque, c'est le meilleur des deux mondes puisqu'elle fait un prêt avec une garantie gouvernementale.»
Mieux vaut un emploi... que trois !
Confronté à la mondialisation et à l'ouverture des marchés, le Québec ne pourra pas «tout faire», considère le président et chef de la direction d'Investissement Québec. La population du Québec équivalant à celle de la ville de Bangalore, en Inde, «on ne peut pas être tout pour tout le monde, dit-il. Il faut par conséquent qu'on choisisse des secteurs d'excellence et, dans ceux-ci, il faut qu'on y aille à fond».
Jacques Daoust dresse ainsi un parallèle entre le secteur forestier et celui des mines. «Regardez simplement l'Abitibi, suggère-t-il. Il a fallu recycler les travailleurs forestiers en mineurs; ils le sont et le font bien!» Le secteur minier se porte incidemment très bien puisqu'il y a une forte demande pour ces produits à travers la planète. «En visitant l'Abitibi dernièrement, j'ai vu des travailleurs bien payés, précise M. Daoust. On est donc capable dans ce secteur de tirer notre épingle du jeu.»
Même chose pour les secteurs des technologies de l'information et de l'aérospatiale, «des secteurs d'excellence dans lesquels on "performe" très bien merci!, résume-t-il. Au fait, savez-vous qu'on dit que la région de Montréal est le seul endroit au monde où on fabrique toutes les composantes d'un avion?!».
Suivant le fait que notre petite population ne peut pas tout faire, M. Daoust propose qu'on procède à un certain tri dans le type d'emplois qu'on développera. «Imaginons qu'on a trois scénarios possibles pour créer de la richesse, pose-t-il. Imaginons qu'on a le choix entre créer un emploi à 75 000 $, deux emplois à 37 500 $ ou trois à 25 000 $. Que faire?»
«Évidemment, si le taux de chômage s'élève à 12 ou 14 %, la réponse est facile: trois emplois à 25 000 $. Mais quand notre taux n'est plus que de 6 à 8 %, on vise bien davantage les deux emplois à 37 500 $, sinon même celui à 75 000 $, n'est-ce pas? Or, c'est la situation dans laquelle nous nous trouvons à présent.»
Et ce sera d'autant plus le cas dans les prochaines années, fait-il remarquer, qu'on nous annonce qu'il y aura 700 000 emplois à combler d'ici 2012 par suite de la retraite des baby-boomers.
«Autrement dit, si nous ne sommes pas capables de combler tous ces emplois, conservons aux moins les mieux rémunérés, préconise Jacques Daoust. Ce qui revient dire qu'on devra former une main-d'oeuvre qualifiée à cette fin.»
Collaborateur du Devoir
«J'organise souvent des repas avec 15 entrepreneurs et présidents de PME pour leur demander de me parler de leur entreprise et de ce qui les préoccupe le plus, raconte-t-il. Savez-vous que jamais personne ne me parle de la parité du dollar et rarement de la Chine? Eh non! Chaque fois, au moins 13 des 15 participants me parlent de leur difficulté à trouver de la main-d'oeuvre qualifiée!»
C'est là notre plus grand défi, poursuit-il. «Pas plus tard qu'hier, je recevais les représentants d'une grande entreprise internationale qui songe à s'installer ici. La première requête qu'ils m'ont adressée a été de rencontrer les spécialistes de la soudure... Et de quoi se plaint Denise Verreault [présidente du Groupe Maritime Verreault] ces jours-ci? Qu'elle manque de main-d'oeuvre!»
Au centre du développement des entreprises québécoises, M. Daoust observe que nous vivons actuellement une situation qui diffère fondamentalement de toutes les crises économiques précédentes. «Lorsqu'on avait un taux de chômage frôlant les 12 à 14 %, on avait un problème de chômage, dit-il. Mais cette fois, le taux avoisine les 6 à 8 %, ce qui correspond pratiquement au plein emploi. Il y a de fait plusieurs secteurs où on est en pénurie de main-d'oeuvre.»
Jalousie planétaire
À la tête d'Investissement Québec, Jacques Daoust sillonne le Québec et une bonne partie du globe afin de favoriser notre développement économique. «Et vous savez quoi, dit-il, on me jalouse énormément!»
En effet, s'il y a à travers le monde des milliers d'agences semblables à la sienne, Investissement Québec est cependant l'une des rares à posséder des fonds pour faire la promotion des investissements. «Le gouvernement du Québec a eu la bonne idée de nous donner des outils pour y parvenir, poursuit-il. Je gère une banque, puisqu'on a la capacité de faire des prêts et des garanties de prêts. Nous sommes aussi mandatés pour gérer les programmes de soutien économique du gouvernement.»
Des milliards en investissement
Investissement Québec se présente d'ailleurs comme le principal levier de développement économique du gouvernement, en injectant un milliard de dollars par année dans plus de mille entreprises. En dix ans, IQ a fait plus de 10 000 interventions qui ont servi de leviers à des investissements totalisant 44 milliards de dollars. Elle a en outre facilité la réalisation de 360 investissements étrangers au Québec. Toutes ces interventions, rapporte-t-on, représentent 145 000 nouveaux emplois.
«Ce que tout ceci veut dire, explique M. Daoust, c'est que j'ai beaucoup de moyens et d'outils à ma disposition pour venir en aide aux entreprises, qu'elles soient petites, moyennes ou grosses. Je puis faire des prêts de 50 000 $, mais aussi des prêts de 100 millions de dollars!»
Par conséquent, le président d'Investissement Québec se fait souvent demander quelle est la différence entre la Société générale de financement et son agence. «La SGF est dans le capital de risque, précise-t-il, alors que nous, nous sommes dans les outils de dettes. Nous sommes en fait très complémentaires l'un de l'autre puisqu'on pourrait dire que SGF + IQ = création de richesse!»
Par ailleurs, lorsque M. Daoust rencontre ses homologues chinois, australiens ou français, ceux-ci sont éblouis de voir les moyens et les capitaux dont il dispose. «Je fais des jaloux partout!», lance-t-il en riant.
Il se considère en outre «l'ami des banques» puisque son agence fait davantage du financement complémentaire que des prêts directs. «Je suis prêt à prendre plus de risques qu'une banque, avance-t-il, bien qu'on aime mieux épauler celles-ci. Par exemple, disons que vous avez besoin d'un prêt d'un million de dollars, mais que votre banquier ne peut vous prêter que 500 000 $. Nous pouvons demander à la banque de vous prêter le million, dont nous garantirons la moitié. Pour la banque, c'est le meilleur des deux mondes puisqu'elle fait un prêt avec une garantie gouvernementale.»
Mieux vaut un emploi... que trois !
Confronté à la mondialisation et à l'ouverture des marchés, le Québec ne pourra pas «tout faire», considère le président et chef de la direction d'Investissement Québec. La population du Québec équivalant à celle de la ville de Bangalore, en Inde, «on ne peut pas être tout pour tout le monde, dit-il. Il faut par conséquent qu'on choisisse des secteurs d'excellence et, dans ceux-ci, il faut qu'on y aille à fond».
Jacques Daoust dresse ainsi un parallèle entre le secteur forestier et celui des mines. «Regardez simplement l'Abitibi, suggère-t-il. Il a fallu recycler les travailleurs forestiers en mineurs; ils le sont et le font bien!» Le secteur minier se porte incidemment très bien puisqu'il y a une forte demande pour ces produits à travers la planète. «En visitant l'Abitibi dernièrement, j'ai vu des travailleurs bien payés, précise M. Daoust. On est donc capable dans ce secteur de tirer notre épingle du jeu.»
Même chose pour les secteurs des technologies de l'information et de l'aérospatiale, «des secteurs d'excellence dans lesquels on "performe" très bien merci!, résume-t-il. Au fait, savez-vous qu'on dit que la région de Montréal est le seul endroit au monde où on fabrique toutes les composantes d'un avion?!».
Suivant le fait que notre petite population ne peut pas tout faire, M. Daoust propose qu'on procède à un certain tri dans le type d'emplois qu'on développera. «Imaginons qu'on a trois scénarios possibles pour créer de la richesse, pose-t-il. Imaginons qu'on a le choix entre créer un emploi à 75 000 $, deux emplois à 37 500 $ ou trois à 25 000 $. Que faire?»
«Évidemment, si le taux de chômage s'élève à 12 ou 14 %, la réponse est facile: trois emplois à 25 000 $. Mais quand notre taux n'est plus que de 6 à 8 %, on vise bien davantage les deux emplois à 37 500 $, sinon même celui à 75 000 $, n'est-ce pas? Or, c'est la situation dans laquelle nous nous trouvons à présent.»
Et ce sera d'autant plus le cas dans les prochaines années, fait-il remarquer, qu'on nous annonce qu'il y aura 700 000 emplois à combler d'ici 2012 par suite de la retraite des baby-boomers.
«Autrement dit, si nous ne sommes pas capables de combler tous ces emplois, conservons aux moins les mieux rémunérés, préconise Jacques Daoust. Ce qui revient dire qu'on devra former une main-d'oeuvre qualifiée à cette fin.»
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