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Montréal, ville internationale - Toronto en tête par le nombre de congrès

Un palais moins vaste qu'on le voudrait

Pierre Vallée   23 février 2008  Emploi
Le Palais des congrès de Montréal
Photo : Jacques Nadeau
Le Palais des congrès de Montréal
La tenue de congrès représente une bonne part du tourisme d'affaires pour une métropole comme Montréal. Est-ce que Montréal arrive à tirer son épingle du jeu dans ce domaine de plus en plus concurrentiel? Comment se présente la saison qui s'amorce?

«Assez bonne, répond John Dunn, vice-président exécutif de Tourisme Montréal. Si l'on prend les congrès multihôtels, c'est-à-dire ceux qui occupent au moins trois hôtels, nous en avons le même nombre que l'an passé, mais ceux de cette année sont plus gros. Il y a donc plus de délégués, ce qui se traduit par une augmentation de 30 000 nuitées.» Quant aux plus petits congrès, Montréal demeure au même niveau que l'an dernier.

Montréal se situe toujours au deuxième rang au Canada en ce qui concerne le nombre de congrès, devancé par Toronto. Par contre, en ce qui concerne les congrès internationaux, il se classe bon premier. «Montréal est la destination internationale au Canada. D'ailleurs, en ce qui concerne les congrès internationaux, nous nous classons maintenant au deuxième rang en Amérique du Nord.»

Le marché étasunien

Si Montréal réussit bien avec les congrès internationaux, s'il obtient sa juste part de congrès canadiens et québécois, les congrès étasuniens sont plus difficiles à attirer. «C'est Toronto qui domine dans ce secteur. Lorsque les Américains décident de sortir de leur pays pour la tenue d'un congrès, c'est d'abord à Toronto qu'ils pensent, une ville qui ressemble beaucoup aux villes américaines. Ils se sentent moins dépaysés. Pour les attirer à Montréal, il faut les assurer qu'ils n'auront aucun problème à être servis en anglais, tout en profitant du charme francophone et européen de Montréal.»

La part de marché des congrès étasuniens est en baisse. «On observe une baisse d'environ 4 % à 6 % annuellement.» Mais Toronto n'en est pas la cause puisque ce sont de nouveaux facteurs qui viennent changer la donne. «Il y a le problème des douanes et l'obligation faite aux Américains de posséder un passeport. Il y a une énorme confusion à ce sujet puisque plusieurs Américains croient que c'est le Canada qui exige le passeport. C'est faux puisque les Américains peuvent entrer au Canada sans passeport. Ce sont les États-Unis qui exigent que leurs citoyens détiennent un passeport au moment de revenir chez eux. Sans compter qu'il y a le coût. Un couple avec deux enfants dépensera environ 400 $ pour les passeports. Tout cela fait du Canada une destination moins attrayante.»

La parité du dollar canadien avec la devise américaine constitue aussi un facteur qui explique ce ralentissement. «Il y a ici une sorte d'ironie. Pendant des années, lorsque notre dollar était plus faible, nous devions souligner cet avantage monétaire aux Américains, dont la plupart ne se rendaient même pas compte qu'ils pouvaient en profiter. Aujourd'hui, depuis la parité, c'est devenu un facteur qui joue contre nous.»

Infrastructures

Aucune ville ne peut envisager être concurrentielle dans le domaine des congrès si elle ne possède pas les infrastructures capables de les accueillir. La principale infrastructure montréalaise est le Palais des congrès, que l'on a agrandi récemment. Comment se compare-t-il aux autres espaces de congrès canadiens? En superficie, il ne fait pas le poids. Avec 330 000 pieds carrés de superficie, Montréal est loin derrière Toronto, qui compte deux palais des congrès pour une superficie totale de 1,5 million de pieds carrés. «Toronto en construit présentement un troisième, ce qui rajoutera un autre 500 000 pieds carrés. Vancouver se dote d'un nouveau palais des congrès pour les Olympiques, qui aura une superficie de 750 000 pieds carrés.»

Ce n'est donc pas en superficie disponible que le Palais des congrès de Montréal peut se distinguer. «Ce qui fait la force du Palais des congrès, c'est la qualité des services offerts, comme en témoigne le taux élevé de satisfaction qu'il obtient auprès de ses utilisateurs. De plus, il est situé en plein centre-ville, à proximité des hôtels et des restaurants, et il est facilement accessible.»

Montréal possède aussi d'autres infrastructures qui peuvent être mises à contribution lors d'un congrès, comme la Place Bonaventure et les salles de réception et de réunion des grands hôtels. «On a déjà accueilli le congrès des Lions avec ses 18 000 délégués. L'assemblée générale a eu lieu au Centre Bell.»

Quant au parc hôtelier, Montréal peut compter sur un réseau de 25 000 chambres. «Il y a présentement une certaine effervescence dans le domaine hôtelier à Montréal. D'ici environ deux ans, le parc hôtelier augmentera de 2000 chambres.»

Quoi faire pour demeurer concurrentiel ?

John Dunn demeure optimiste et il croit que Montréal possède suffisamment d'atouts pour demeurer concurrentiel. «Il faudra travailler fort et être bon vendeur. D'autant plus que la concurrence se multiplie. Si Montréal auparavant se mesurait à une vingtaine de villes dans le monde, ce nombre a doublé. De nouvelles destinations apparaissent, comme Dubaï, avec lesquelles Montréal est maintenant en concurrence.»

Afin de maintenir sa compétitivité, John Dunn avance que Montréal devrait mettre en place sans tarder deux projets qui lui permettraient de mieux se positionner sur l'échiquier mondial des congrès. «Le premier projet à l'ordre du jour est la création d'un lien ferroviaire rapide entre l'aéroport Pierre-Trudeau et le centre-ville de Montréal. L'absence de ce lien est devenu un irritant et il faut le corriger.»

Le second projet qu'il caresse est un nouvel agrandissement du Palais des congrès de Montréal. «On devrait agrandir le Palais des congrès en lui ajoutant une salle de foires. D'une part, cela nous permettrait d'attirer les grandes foires internationales et, d'autre part, on pourrait mieux attirer et desservir les congrès qui ont de grandes expositions. Pour bon nombre d'associations qui organisent des congrès, le volet exposition est capital. C'est en quelque sorte le pain et le beurre de ces congrès puisque ce sont les exposants, en louant l'espace, qui financent en grande partie la tenue du congrès. Il est plus avantageux de garder modeste la contribution des délégués, afin de les attirer en grand nombre, ce qui par conséquent permet d'attirer plus d'exposants.» Ces deux projets, selon John Dunn, sont essentiels si l'on veut que Montréal demeure parmi les destinations internationales dans le marché des congrès.

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