Lettres: Droit de grève et transport en commun
Martin Blanchard - Codirecteur du Centre de recherche en éthique de l'Université de Montréal
3 décembre 2007
Emploi
Le gouvernement Charest, par la voix de son ministre du Travail, David Whissel, a récemment laissé entendre un nouveau scénario pour la gestion des grèves dans le transport en commun. Il fallait y penser: la grève étant une perturbation du transport en commun, abolissons le droit de grève. Voilà une mesure qui, si par malheur elle se concrétisait, devrait être classée parmi les plus mauvaises décisions du gouvernement actuel — et nous savons à quel point elles sont nombreuses.
Profitant de la vogue actuelle, très superficielle jusqu'ici, pour les questions environnementales, et claironnant des valeurs de justice sociale, David Whissel et Jean Charest revendiquent notre droit à tous pour un transport collectif efficace, et ce, de manière permanente. Si tel est le cas, on se demande alors pourquoi le gouvernement actuel n'investit pas quelques-uns des milliards promis pour les infrastructures routières — un montant de 11,6 milliards, soit près du double de ce qui était recommandé par la commission Johnson — dans les infrastructures du transport collectif. Nos routes ont certes besoin d'entretien, mais il s'agit là d'un investissement si important dans les infrastructures routières que l'on peut oublier pour encore plusieurs années une transformation importante de nos habitudes en matière de déplacement.
Le transport en commun est bien, comme semblent le dire nos dirigeants, un acquis de la justice sociale et il faut donc lutter pour le préserver et l'améliorer. Mais la justice sociale ne peut être faite d'un côté en la démolissant de l'autre. Retirer le droit de grève aux syndiqués des transports en commun revient tout simplement à les laisser désarmés devant l'administration. Pour cette raison, un arrimage est essentiel entre la justice sociale propre aux réseaux de transports en commun et la justice sociale propre aux syndiqués de ce même réseau.
Profitant de la vogue actuelle, très superficielle jusqu'ici, pour les questions environnementales, et claironnant des valeurs de justice sociale, David Whissel et Jean Charest revendiquent notre droit à tous pour un transport collectif efficace, et ce, de manière permanente. Si tel est le cas, on se demande alors pourquoi le gouvernement actuel n'investit pas quelques-uns des milliards promis pour les infrastructures routières — un montant de 11,6 milliards, soit près du double de ce qui était recommandé par la commission Johnson — dans les infrastructures du transport collectif. Nos routes ont certes besoin d'entretien, mais il s'agit là d'un investissement si important dans les infrastructures routières que l'on peut oublier pour encore plusieurs années une transformation importante de nos habitudes en matière de déplacement.
Le transport en commun est bien, comme semblent le dire nos dirigeants, un acquis de la justice sociale et il faut donc lutter pour le préserver et l'améliorer. Mais la justice sociale ne peut être faite d'un côté en la démolissant de l'autre. Retirer le droit de grève aux syndiqués des transports en commun revient tout simplement à les laisser désarmés devant l'administration. Pour cette raison, un arrimage est essentiel entre la justice sociale propre aux réseaux de transports en commun et la justice sociale propre aux syndiqués de ce même réseau.
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