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Québec aux portes du plein emploi

Les commerçants s'arrachent les cheveux à quelques mois du début des célébrations du 400e

Éric Desrosiers   1 décembre 2007  Emploi
La pénurie de main-d'oeuvre prend un tour bien concret ces jours-ci dans la région de Québec. «Les commerçants voient venir les fêtes du 400e anniversaire de Québec l'année prochaine et ils s'arrachent les cheveux. Plusieurs se demandent comment ils vont faire pour trouver les employés dont ils auront besoin», dit Daniel A. Denis, président de la Chambre de commerce de Québec.

Selon plusieurs observateurs, les régions de Québec et de Chaudière-Appalaches nous donnent un bon aperçu de ce qu'aura l'air l'ensemble du Québec dans quelques années au chapitre des besoins en main-d'oeuvre. Une solide croissance économique, un taux de natalité aussi faible qu'ailleurs, ainsi qu'une certaine difficulté à attirer des immigrants sont au nombre des facteurs qui ont d'ores et déjà amené ces régions aux portes du plein emploi.

Le taux de chômage n'aura été en moyenne cette année que de 5,3 % dans la région de la Capitale-Nationale et de 5,1 % dans la grande région de Québec, comparativement à 7,2 % dans l'ensemble du Québec, disent les spécialistes du Mouvement Desjardins. Dès l'an prochain, il ne devrait plus être que de 4,9 % en moyenne dans la grande région de Québec

«Ce n'est que la pointe de l'iceberg, dit Daniel A. Denis. On s'attend à devoir combler entre 60 000 et 70 000 emplois d'ici six à huit ans. On commence à entendre des histoires d'entreprises qui refusent des contrats faute de main-d'oeuvre. Les bureaux font du maraudage entre eux.»

«Pour le moment, je parlerais plus de rareté que de véritable pénurie», précise Louis Gagnon, économiste au Mouvement Desjardins. Le phénomène affecte tous les secteurs de l'économie, aussi bien celui des entreprises de pointe dans le parc technologique que celui du commerce au détail et des services. On s'arrache particulièrement la main-d'oeuvre qualifiée, qu'il soit question d'ingénieurs en photonique ou simplement de serveurs de restaurant bilingues.

À terme, Louis Gagnon craint que l'important secteur de la fonction publique soit l'un des plus affectés par le problème. «Les conditions de travail sont aujourd'hui équivalentes, sinon supérieures, dans le secteur privé. J'ai peur que désormais les travailleurs le moindrement qualifiés ne préfèrent toujours y aller.»

De nombreuses initiatives ont déjà été lancées dans la région pour s'attaquer au problème. Les entreprises du secteur de l'assurance, qui compte de nombreux sièges sociaux dans la capitale, ont mis sur pied des cours avec l'Université Laval pour s'assurer une relève. Une association de gens d'affaires a commencé une tournée dans les commissions scolaires pour promouvoir les carrières professionnelles et techniques. Les chefs d'entreprise s'ouvrent à l'idée de favoriser la conciliation retraite-travail pour garder un peu plus longtemps leurs employés plus âgés.

On ne perd pas non plus espoir d'attirer et de savoir garder dans la région plus de travailleurs immigrants, dit Daniel A. Denis. Pour le moment, on n'en accueille que 2000 en moyenne par année, dont 200 repartent presque aussitôt à cause de la difficulté de trouver un emploi correspondant à leur niveau de formation. «On pourrait facilement en avoir 3000 par année», remarque le président de la Chambre de commerce.

En attendant, on continue de compter sur les «immigrants» arrivant du Saguenay-Lac-Saint-Jean, du Bas-Saint-Laurent ou encore de la Côte-Nord. On s'apprête également à dévoiler une stratégie visant à ramener à Québec les travailleurs québécois et autres francophones partis tenter leur chance ailleurs au Canada ou aux États-Unis. «On ne doit rien négliger», dit Daniel A. Denis.
 
 
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  • jacques noel
    Inscrit
    samedi 1 décembre 2007 09h28
    300,000 chomeurs au Québec et 240,000 bs aptes au travail
    Le Québec compte toujours 300,000 chomeurs, dont 50,000 immigrants et 240,000 assistés sociaux aptes au travail dont 60,000 immigrants.

    Bref, il y a 550,000 personnes qui se cherchent une job au Québec, dont 110,000 immigrants. Qu'à celà ne tienne on ne cesse de nous casser les oreilles avec les pénuries de main-d'oeuvre au point où l'on va importer bientot 55,000 nouveaux immigrants (l'an passé le Maine a reçu 1700 immigrants et le Vermont 875!)

  • Jacques Morissette
    Abonné
    samedi 1 décembre 2007 10h19
    Un vent de panique peut-être afin d'ouvrir le monde à la réalité québécoise de l'emploi.
    Votre questionnement est intéressant, monsieur Noël. Pensez-vous que le Québec cherche à ouvrir les valves de l'immigration afin de favoriser le marché de l'emploi du côté des employeurs?

  • Michèle Dorais
    Abonnée
    samedi 1 décembre 2007 11h23
    Demandez aux directeurs des rh ce qu'ils pensent des chômeurs ou des gens du B.S. ?
    Entendu de la bouche même du directeur régional des ressources humaines d'une multinatinale installée à Montréal:
    ''Nous cherchons des employés capables de travailler, pas des gens du B.S. ou sur le chômage''. Des commentaires professionnels de cette nature ont de quoi renforcer nos questionnements. Merci MM. Morissette et Noël. Bien vu!

  • Pierre Zwngli
    Inscrit
    samedi 1 décembre 2007 11h31
    À quand une politique vraiment nataliste ?
    Quand le gouvernement va-t-il enfin avoir le courage de lancer une politique vraiment nataliste plutôt que de plaire aux femmes *salariées* avec des garderies qui coûtent une fortune, ne touchent que 50% des enfants (ceux plutôt aisés d'ailleurs), privent le Québec de toute autre moyen en matièere familiale, mais qui font surtout plaisir aux féministes radicales qui ne veulent pas de femmes "enchaînées" à la maternité. La majorité des Québécoises veulent un enfant de plus, il faut les aider puisque c'est dans l'intérêt général et ne plus se laisser dicter le sort de ce pays par une frange radicale féministe.

  • Pierre François Gagnon
    Inscrit
    dimanche 2 décembre 2007 14h07
    On ne saurait si bien dire !
    «En attendant, on continue de compter sur les «immigrants» arrivant du Saguenay-Lac-Saint-Jean, du Bas-Saint-Laurent ou encore de la Côte-Nord.»
    Oui, on se saurait si bien dire... Et que fait-on pour les "intégrer" dans l'agglomération montréalaise où ils sont traités comme des citoyens de deuxième classe, par les Montréalais eux-mêmes, de fait, par manque de bilinguisation?

  • Jean-Pierre Lusignan
    Abonné
    dimanche 2 décembre 2007 19h20
    Conciliation travail-famille-vie personelle
    Rimouski, ce 2 décembre 2007,

    Dans un rapport datant déjà de quelques années, l'Organisation de cooopération et de développement économiques (O.C.D.E.) soulignait que la conciliation du travail et de la famille est un des plus grands défis à relever dans les sociétés occidentales dites économiquement avancées. À mon avis, on peut s'interroger sur la volonté des entreprises québécoises de relever un tel défi. Il en va de même pour la formation de la main-d'oeuvre et le maintien d'une bonne santé humaine.

    À mon avis, on peut établir un parallèle entre ces soucis et nos préoccupations environnementales. Hier, les personnes travaillant étaient souvent considérées comme des ressources inépuisables et consommables. Peu d'entreprises et de travailleurs se sont souciés du bien-être des travalleurs. Les entreprises hésitaient et hésitent encore à former des travailleurs, laissant ce souci à l'État. Ils n'essayaient même pas concilier la vie professionnelle avec la vie familiale. Des "corps", on en avait en masse et ils étaient remplaçables à peu de frais.

    Aujourd'hui, quels sont les efforts faits par nos entreprises pour mieux former leurs salariés actuels et futurs? Quels efforts feront-elles pour les aider à conserver une bonne santé? Pourtant, il est régulièrement question de l'épuisement chronique d'une partie de la main-d'oeuvre et des coûts en découlant. Certains médecins vont même jusqu'à dire que le "travail tue" en faisant allusion à certaines formes de cancer.

    Alors, je nous pose ces questions:
    1) Le travail serait-il devenu dangereux pour ceux qui en ont?
    2) Fera-t-on un jour entrer dans le "périmètre comptable" d'une entreprise l'ensemble des coûts sociaux qu'elle génère?
    3) Demain, comment va-t-on faire pour tenter de concilier travail-famille-vie personnelle?

    Se pourrait-il que la pénurie de main-d'oeuvre annoncée présente de bons côtés, voire d'excellents? Se pourrait-il que nous nous en sortions moralement mieux? Se pourrait-il que l'une des solutions ou que l'un des progrès en résultant soit une baisse de la consommation des personnes et des choses.

  • Bernard St-Amour
    Abonné
    dimanche 2 décembre 2007 19h32
    Asservir le Québec
    N'est-ce pas Christos Sirros, député libéral sous le gouvernement Bourassa(phase II), qui déclara à l'Assemblée Nationale que le mouvement souverainiste serait étouffé par l'immigration massive au Québec? Ça n'a suscité aucune protestation à l'époque même si cela équvalait, calcul cynique et arrogant en plus, à la déclaration émotive tant décriée de Jacques Parizeau au soir du référendum de 1995.

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