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Le ministre Claude Béchard fait le point - La restructuration de l'industrie forestière doit se poursuivre

Gérard Bérubé   16 juin 2007  Emploi
L’industrie forestière s’enfonce tous les jours un peu plus dans la crise depuis deux ans.
L’industrie forestière s’enfonce tous les jours un peu plus dans la crise depuis deux ans.
Québec est prêt à amender son régime d'allocation des ressources, en réaction à la crise forestière qui prend de l'ampleur. Le gouvernement invite également l'industrie à lui soumettre des propositions. Mais il a surtout insisté hier sur la nécessaire restructuration de l'industrie en cours, qui doit se poursuivre.

«Je veux qu'on préserve le maximum de travailleurs possible dans nos régions. Je veux qu'on assure à ces gens-là que ce ne sera pas juste pour six mois ou pour un an, mais que ça va être du moyen et du long termes», a déclaré le ministre des Ressources naturelles et de la Faune, Claude Béchard, lors d'un point de presse tenu hier.

Le gouvernement Charest a été la cible de questions répétées hier, au lendemain de l'annonce, par Commonwealth Plywood, de fermer ses 18 usines québécoises pour une période indéterminée. Ce nouveau chapitre d'une crise forestière qui s'enfonce depuis deux ans devrait impliquer la perte de 1200 emplois directs, d'autant d'emplois en forêt.

En réponse, le premier ministre Jean Charest a laissé entendre qu'il soutiendrait les travailleurs touchés. Il a cependant rappelé que la crise comportait plusieurs causes ou facettes sur lesquelles le gouvernement n'avait aucun contrôle. Il a cité la sévère correction du marché immobilier américain et la forte poussée du dollar canadien.

À Ottawa, le ministre responsable de l'agence de Développement économique du Canada pour le Québec, Jean-Pierre Blackburn, croit que la situation actuelle est due d'abord à la restructuration du secteur forestier.

En ce sens, c'est le gouvernement du Québec «qui est interpellé au premier chef au niveau entre autres des droits de coupe», a-t-il expliqué à sa sortie des Communes, selon les propos recueillis par la Presse canadienne.

Il ne croit pas nécessaire, pour l'instant, d'adopter des mesures spéciales pour venir en aide à l'industrie, qui peut toujours se prévaloir des «outils pour la deuxième et la troisième transformations» mis en place il y a quelque temps.

Pour l'heure, le gouvernement québécois a manifesté son intention de modifier son régime forestier. Claude Béchard a parlé hier de deux régimes distincts, l'un pour les feuillus et l'autre pour les résineux. Il a évoqué cette fenêtre qui s'ouvre avec la mise à jour de la politique de réallocation de la forêt publique, devant entrer en vigueur le 1er avril et couvrir les cinq années suivantes.

«J'ai une opportunité présentement, ce pouvoir-là. Mais qu'on ne me demande pas de transférer le bois d'un endroit à un autre pour sauver une usine et en fermer deux ailleurs.»

Cette idée du double registre est-elle suffisante pour inciter Commonwealth Plywood à revoir l'échéancier des fermetures annoncées? «C'était un point central des discussions que nous avons eues avec eux», a précisé Pascal D'astous, attaché de presse du ministre Béchard, en référence à la rencontre de mardi dernier.

Le porte-parole de l'entreprise, Robert Kieffer, refusait toujours hier de retourner nos appels au moment d'aller sous presse. Mais dans son communiqué, l'entreprise de Sainte-Thérèse a indiqué que le président, William T. Caine, était ressorti satisfait de sa rencontre avec le ministre.

M. Béchard a également souligné la participation du gouvernement au Sommet sur la forêt organisé par l'université Laval. Il a invité le Conseil de l'industrie forestière à y formuler des suggestions et à proposer des modifications à apporter au régime, en souhaitant une application rapide, dès l'automne. Il a cependant insisté sur le fait que «nous sommes dans une période où l'on doit restructurer, où l'on va restructurer». Parlant de situation exceptionnelle, il souhaite qu'on lui arrive avec des propositions durables, en concertation avec les municipalités et les régions touchées, qui concerneraient par exemple «des usines de deuxième ou de troisième transformations».

Quant au régime forestier, «je vais dire aux gens du sommet, lundi, de le prendre à l'inverse. S'il n'existait pas le régime forestier aujourd'hui, on le bâtirait de quelle façon?»

Selon les données du Conseil de l'industrie forestière du Québec (CIFQ), les scieries québécoises ont cumulé des pertes de 200 millions en 2005. Depuis deux ans, plus d'une centaine d'entre elles ont fermé leurs portes, ce qui a fait perdre leur emploi à plus de 12 000 personnes. Crise du bois d'oeuvre, hausse du dollar canadien, faiblesse de la demande liée au recul de la construction résidentielle, baisse des approvisionnements et coût élevé de la fibre sont venus conjuguer leurs effets pour pousser le secteur forestier québécois dans ses derniers retranchements.






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