Fondation de l'entrepreneurship - Former dès l'école secondaire une relève pour les PME
Rivière-du-Loup deviendra la première ville en entrepreneurship au Canada d'ici six mois
Régis Labeaume, président-directeur général de la Fondation de l’entrepreneurship
La Fondation de l'entrepreneurship, qui célèbre cette année ses 25 ans d'existence, ne prête pas de l'argent: elle «accompagne les entrepreneurs dans leur démarche», tient à mettre au clair son président-directeur général, Régis Labeaume. Portrait d'un organisme sans but lucratif qui traite à l'échelle humaine.
La Fondation de l'entrepreneurship est engagée dans la promotion du développement de la culture entrepreneuriale. Pour ce faire, cet organisme s'associe aux acteurs politiques, économiques et communautaires ainsi qu'avec le secteur de l'éducation d'une communauté donnée pour mener ses projets à bon port. Et les projets sont nombreux. La notion de l'«entrepreneuriat», elle, suppose la création d'un environnement propice pour qu'un individu prenne la décision de se lancer en affaires.
«On parle souvent de la structure et de l'organisation d'une entreprise, mais on ne se préoccupe pas de l'individu qui est derrière cette aventure. Notre fondation a pour principale tâche d'éveiller la population à l'entrepreneurship, particulièrement auprès des jeunes», fait remarquer M. Labeaume, qui préside cet organisme employant 22 personnes et fonctionnant avec un budget annuel de trois millions de dollars en provenance, à parts égales, de contrats gouvernementaux et de revenus autonomes.
La relève
Les chiffres démontrent que 40 % des dirigeants de PME québécoises prévoient prendre leur retraite d'ici cinq ans et 70 % prévoient le faire d'ici dix ans. Ajoutez à ces statistiques la baisse démographique qui prévaut et on se retrouve avec un casse-tête quasi insoluble. Et ce n'est pas tout: «On sait en plus, note M. Labeaume, que deux nouvelles entreprises sur trois meurent à l'intérieur de cinq ans. On sait aussi que les entreprises s'arrachent les diplômés sortis tout droit des hautes études commerciales. Dans ces circonstances, pourquoi ces jeunes démarreraient-ils une entreprise alors que les grandes entreprises leur offrent des conditions de travail exceptionnelles? C'est ça la réalité. Ça prend de la relève!»
Logique. Mais que faire? Pour prendre la mesure de cette donne, la Fondation de l'entrepreneurship a mis sur pied le Programme entrepreneuriat-études auquel participent actuellement quelque 2000 jeunes Québécois dans 31 écoles secondaires. D'ailleurs, on compte faire participer dès l'an prochain les 700 écoles secondaires du Québec à ce projet pédagogique qui est calqué sur les Programmes sport-études.
«Dans le cadre de ce programme, le jeune a la chance de découvrir des entreprises et des usines, on lui montre comment fonctionne une entreprise, etc. Et à partir de ses observations, il produira son propre projet d'entreprise en classe. Il y a même une classe de décrocheurs dans une école à la ville de La Baie [dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean] qui est inscrite à ce programme et où l'on ne décroche plus!», se réjouit M. Labeaume avant d'ajouter que, «au fond, on veut démystifier la notion de l'entrepreneuriat».
Mentorat
Depuis 2000, la Fondation de l'entrepreneurship offre un service de mentorat d'affaires. À ce jour, 1800 entreprises ont profité des services des 850 mentors qui travaillent de manière bénévole. Ainsi, les entrepreneurs qui ont profité de ce programme au cours des dernières années ont vu passer le taux de survie de leur entreprise de 34,2 % à 70 %.
De manière concrète, grâce à cet apport en temps et en expertise, il est ainsi question de 1260 entreprises qui sont toujours en opération, comparativement à 550, selon les conjectures statistiques, de plus de 25 millions de dollars en pertes évitées par l'absence de faillite, d'au-delà de 11 millions de dollars en temps investi par les mentors sur une base annuelle, et du maintien de 6000 emplois.
Ce réseau de mentorat, le plus important du genre au Canada, compte 60 cellules locales réparties dans les 17 régions administratives du Québec. Plus encore, une entente est en cours de réalisation pour instaurer ce type de programme en Amérique du Sud. «Et on prévoit commencer au Pérou», lance Régis Labeaume.
Les régions
Revenons dans les régions où le défi est de taille sur le plan du démarrage d'entreprises. À ce sujet, deux statistiques sont à retenir. D'une part, 96 % du capital de risque disponible est investi dans les agglomérations urbaines de Montréal, Québec et Gatineau; le reste, soit 4 %, est saupoudré dans les régions: «Ce sont des "peanuts"!», s'exclame M. Labeaume.
Pour pallier ce problème, son organisme s'est associé, par le biais de son programme de mentorat, à l'Agence de développement économique Canada (section Québec) dans la mise en service de deux nouveaux outils destinés à insuffler vie aux économies des régions, soit le Fonds de capitalisation pour la relève en entreprise et le Fonds de capital de risque pour le démarrage d'entreprises en région.
Deuxième statistique notable: «On sait que 80 % à 90 % des gens qui vivent en région et qui lancent une entreprise dans leur localité respective développent et vivent de cette entreprise durant toute leur vie. Quand on dit vouloir développer l'esprit d'entrepreneurship en région, c'est à partir de cette statistique-là qu'on le fait.»
Mais voilà, «le Québec des régions n'est plus la terre d'accueil qu'elle était pour les grosses entreprises qui exploitent les ressources naturelles, en raison de la concurrence de l'Asie, notamment, où les coûts de production sont plus bas. Les régions vivent une époque charnière, mais elles se refusent toutefois à faire le deuil d'un développement économique qui prévalait au cours des 100 dernières années. Les régions pensent encore que le salut viendra d'ailleurs», et c'est ce moule qu'il faut briser, souligne M. Labeaume. «N'attendons pas les grosses entreprises, ce temps est révolu.»
Un projet pour le Bas-Saint-Laurent
Et c'est du côté de Rivière-du-Loup qu'il faut se tourner pour prendre exemple, propose M. Labeaume, dont l'organisme compte faire de cette ville de 18 500 habitants du Bas-Saint-Laurent «la première ville entrepreneuriale au Canada» d'ici six mois.
En fait, Rivière-du-Loup connaît un boum économique sans précédent. Quelque 12 millions de dollars en investissements de tous ordres viennent d'être annoncés à Rivière-du-Loup, affirme son maire, Jean D'Amour. Il accepte d'ailleurs volontiers de se joindre à ce projet de la Fondation de l'entrepreneurship, «ce qui va impliquer toute notre communauté».
«Chez nous, un entrepreneur n'est pas quelqu'un qui dérange. On l'encadre et on l'accompagne dans sa démarche entrepreneuriale», souligne le maire D'Amour, qui dit être «obsédé par le développement économique et social de ma ville».
Collaborateur du Devoir
La Fondation de l'entrepreneurship est engagée dans la promotion du développement de la culture entrepreneuriale. Pour ce faire, cet organisme s'associe aux acteurs politiques, économiques et communautaires ainsi qu'avec le secteur de l'éducation d'une communauté donnée pour mener ses projets à bon port. Et les projets sont nombreux. La notion de l'«entrepreneuriat», elle, suppose la création d'un environnement propice pour qu'un individu prenne la décision de se lancer en affaires.
«On parle souvent de la structure et de l'organisation d'une entreprise, mais on ne se préoccupe pas de l'individu qui est derrière cette aventure. Notre fondation a pour principale tâche d'éveiller la population à l'entrepreneurship, particulièrement auprès des jeunes», fait remarquer M. Labeaume, qui préside cet organisme employant 22 personnes et fonctionnant avec un budget annuel de trois millions de dollars en provenance, à parts égales, de contrats gouvernementaux et de revenus autonomes.
La relève
Les chiffres démontrent que 40 % des dirigeants de PME québécoises prévoient prendre leur retraite d'ici cinq ans et 70 % prévoient le faire d'ici dix ans. Ajoutez à ces statistiques la baisse démographique qui prévaut et on se retrouve avec un casse-tête quasi insoluble. Et ce n'est pas tout: «On sait en plus, note M. Labeaume, que deux nouvelles entreprises sur trois meurent à l'intérieur de cinq ans. On sait aussi que les entreprises s'arrachent les diplômés sortis tout droit des hautes études commerciales. Dans ces circonstances, pourquoi ces jeunes démarreraient-ils une entreprise alors que les grandes entreprises leur offrent des conditions de travail exceptionnelles? C'est ça la réalité. Ça prend de la relève!»
Logique. Mais que faire? Pour prendre la mesure de cette donne, la Fondation de l'entrepreneurship a mis sur pied le Programme entrepreneuriat-études auquel participent actuellement quelque 2000 jeunes Québécois dans 31 écoles secondaires. D'ailleurs, on compte faire participer dès l'an prochain les 700 écoles secondaires du Québec à ce projet pédagogique qui est calqué sur les Programmes sport-études.
«Dans le cadre de ce programme, le jeune a la chance de découvrir des entreprises et des usines, on lui montre comment fonctionne une entreprise, etc. Et à partir de ses observations, il produira son propre projet d'entreprise en classe. Il y a même une classe de décrocheurs dans une école à la ville de La Baie [dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean] qui est inscrite à ce programme et où l'on ne décroche plus!», se réjouit M. Labeaume avant d'ajouter que, «au fond, on veut démystifier la notion de l'entrepreneuriat».
Mentorat
Depuis 2000, la Fondation de l'entrepreneurship offre un service de mentorat d'affaires. À ce jour, 1800 entreprises ont profité des services des 850 mentors qui travaillent de manière bénévole. Ainsi, les entrepreneurs qui ont profité de ce programme au cours des dernières années ont vu passer le taux de survie de leur entreprise de 34,2 % à 70 %.
De manière concrète, grâce à cet apport en temps et en expertise, il est ainsi question de 1260 entreprises qui sont toujours en opération, comparativement à 550, selon les conjectures statistiques, de plus de 25 millions de dollars en pertes évitées par l'absence de faillite, d'au-delà de 11 millions de dollars en temps investi par les mentors sur une base annuelle, et du maintien de 6000 emplois.
Ce réseau de mentorat, le plus important du genre au Canada, compte 60 cellules locales réparties dans les 17 régions administratives du Québec. Plus encore, une entente est en cours de réalisation pour instaurer ce type de programme en Amérique du Sud. «Et on prévoit commencer au Pérou», lance Régis Labeaume.
Les régions
Revenons dans les régions où le défi est de taille sur le plan du démarrage d'entreprises. À ce sujet, deux statistiques sont à retenir. D'une part, 96 % du capital de risque disponible est investi dans les agglomérations urbaines de Montréal, Québec et Gatineau; le reste, soit 4 %, est saupoudré dans les régions: «Ce sont des "peanuts"!», s'exclame M. Labeaume.
Pour pallier ce problème, son organisme s'est associé, par le biais de son programme de mentorat, à l'Agence de développement économique Canada (section Québec) dans la mise en service de deux nouveaux outils destinés à insuffler vie aux économies des régions, soit le Fonds de capitalisation pour la relève en entreprise et le Fonds de capital de risque pour le démarrage d'entreprises en région.
Deuxième statistique notable: «On sait que 80 % à 90 % des gens qui vivent en région et qui lancent une entreprise dans leur localité respective développent et vivent de cette entreprise durant toute leur vie. Quand on dit vouloir développer l'esprit d'entrepreneurship en région, c'est à partir de cette statistique-là qu'on le fait.»
Mais voilà, «le Québec des régions n'est plus la terre d'accueil qu'elle était pour les grosses entreprises qui exploitent les ressources naturelles, en raison de la concurrence de l'Asie, notamment, où les coûts de production sont plus bas. Les régions vivent une époque charnière, mais elles se refusent toutefois à faire le deuil d'un développement économique qui prévalait au cours des 100 dernières années. Les régions pensent encore que le salut viendra d'ailleurs», et c'est ce moule qu'il faut briser, souligne M. Labeaume. «N'attendons pas les grosses entreprises, ce temps est révolu.»
Un projet pour le Bas-Saint-Laurent
Et c'est du côté de Rivière-du-Loup qu'il faut se tourner pour prendre exemple, propose M. Labeaume, dont l'organisme compte faire de cette ville de 18 500 habitants du Bas-Saint-Laurent «la première ville entrepreneuriale au Canada» d'ici six mois.
En fait, Rivière-du-Loup connaît un boum économique sans précédent. Quelque 12 millions de dollars en investissements de tous ordres viennent d'être annoncés à Rivière-du-Loup, affirme son maire, Jean D'Amour. Il accepte d'ailleurs volontiers de se joindre à ce projet de la Fondation de l'entrepreneurship, «ce qui va impliquer toute notre communauté».
«Chez nous, un entrepreneur n'est pas quelqu'un qui dérange. On l'encadre et on l'accompagne dans sa démarche entrepreneuriale», souligne le maire D'Amour, qui dit être «obsédé par le développement économique et social de ma ville».
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