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    Chevrolet Aveo - Des promesses non tenues

    11 octobre 2005 | Antoine Joubert | Automobile
    Le métier de chroniqueur automobile a ses avantages, dont celui de conduire de nombreux véhicules, toujours neufs ou presque. Pour la fiabilité, il faut donc se rabattre sur des publications axées sur le consommateur ou encore sur les différentes maisons de sondage spécialisées dans ce genre d'enquête. Ce mois-ci, nous vous proposons cependant un «cas vécu», celui d'un de nos collaborateurs qui regrette amèrement son achat. Explications.

    Ceux qui se sont déjà attardés à l'Aveo savent que cette pseudo-Chevrolet est en réalité un produit Daewoo, issu de l'association GM-DAT. Sa devancière, vendue en sol canadien sous le nom de Lanos, a connu un succès plutôt mitigé, en raison d'un réseau de distribution non établi, d'une réputation à bâtir et d'une qualité qui n'était pas particulièrement impressionnante. Mais aujourd'hui, c'est une tout autre histoire.

    Cette sous-compacte jouit actuellement d'un immense succès, parce que GM a choisi de jouer le tout pour le tout. Après deux ans de commercialisation, force est d'admettre que le numéro un mondial a eu raison, car ces voitures se vendent aussi bien que le café Tim Horton. Avec l'Aveo, Chevrolet a tout simplement réussi à reprendre une part de marché perdue à la suite de la disparition des défuntes Chevrolet Sprint et Geo Metro. L'objectif est donc atteint.

    La séduction

    Lors de son introduction, à l'automne 2003, je me suis intéressé à cette nouvelle venue pour des raisons pratiques. Le besoin d'une seconde voiture se faisait alors sentir, et l'acquisition d'un modèle économique mais convenablement équipé était de mise. À ce moment, la nouvelle Aveo5 n'avait qu'une seule véritable rivale, la Toyota Echo Hatchback. La Hyundai Accent n'offrait aucune version à cinq portières et la Kia Rio RX-V m'apparaissait carrément désuète. Quant à la Swift+, soeur jumelle de l'Aveo, elle a tout simplement été rayée de la liste parce que le représentant du concessionnaire que j'ai visité m'a pris pour une valise, en me faisant croire que cette nouvelle Suzuki était une authentique voiture japonaise, qui prêtait également son nom à Chevrolet.

    Joliment tournée, l'Aveo5 a immédiatement séduit ma conjointe, qui la préférait esthétiquement à la Toyota. Pour ma part, le seul fait de savoir que le réputé Giorgetto Giugiaro a lui-même signé ce design me l'a fait adopter. Une fois à bord, il m'a fallu constater que la qualité de finition était impressionnante, que la planche de bord était agréable à l'oeil, et que l'espace tant à l'avant qu'à l'arrière avait de quoi impressionner. De plus, je savais qu'elle pouvait être équipée d'un toit ouvrant électrique, d'un lecteur MP3, du télédéverrouillage et de quelques autres babioles, souvent réservées à la catégorie des compactes.

    Un bref essai du véhicule m'a permis de constater que la voiture offrait une douceur de roulement supérieure à toute concurrence, plus de confort et d'espace que sa rivale japonaise, l'Echo Hatchback, ainsi qu'une meilleure insonorisation. Sa faible puissance, son levier de boîte manuelle imprécis, de même que sa tenue de route discutable m'ont légèrement déçu, mais je me suis raisonné en me disant que sa vocation n'était pas du tout sportive. Donc, pour toutes ces raisons, mais aussi parce que son prix était de loin plus alléchant que celui de la Toyota, j'ai opté pour une Aveo5 LS 2004.

    Le désenchantement

    J'ai pris possession de ma nouvelle voiture en plein hiver, ce qui m'a permis de constater que les pneumatiques d'origine étaient carrément horribles. Après 1500 km, j'étais grandement déçu par la forte consommation d'essence, qui oscillait autour de 11 litres aux 100 km. Je me suis dit que ce problème ne devait être que passager, étant donné que la voiture était en période de rodage — ce que m'a confirmé le concessionnaire, que j'avais préalablement visité une première fois pour un problème de vibration dans le volant.

    À 3500 km, non seulement cette vibration était toujours présente, mais la voiture consommait toujours autant. De plus, je me suis aperçu que le contour de l'aile arrière gauche était couvert d'éclats de roche, causés par un mauvais ajustement de la portière. Une réparation de carrosserie était nécessaire. Et comme si ce n'était pas suffisant, mon expertise me permettait d'affirmer qu'un roulement de roue était défectueux. J'ai donc pris un second rendez-vous chez le concessionnaire. Ah oui!, j'oubliais: deux jours avant de m'y rendre, la télécommande du système de télédéverrouillage a cessé de fonctionner.

    Au garage, on a pris soin de remplacer le roulement à billes, de réparer la carrosserie, la télécommande, mais aussi de me dire que la voiture ne consommait pas anormalement, mais que mon impression était fondée parce que la voiture possède un petit réservoir! Quant au problème de vibration, qui était supposément réglé, il ne l'était toujours pas.

    Quelque 1000 km plus tard, voilà que mes freins ont commencé à sautiller. Enragé, j'ai contacté une fois de plus le concessionnaire, en prenant bien soin de mentionner à l'aviseur technique que ma patience avait des limites... et qu'elles étaient atteintes! On a donc tourné les disques avant, effectué un alignement et je suis parti en espérant ne pas revenir avant un bout de temps. Mais la voiture vibrait — et vibre toujours — légèrement.

    À environ 10 000 km, comble de malheur, le maître-cylindre de l'embrayage se brise. Je contacte l'assistance routière et fais remorquer la voiture chez le concessionnaire. Une fois encore, je me plains de la trop forte consommation d'essence: jamais plus de 350 km avec un plein, et ce, lorsque je roule la moitié du temps sur une autoroute. On me dit que c'est normal...

    La leçon

    Aujourd'hui, après 21 mois d'utilisation, la voiture affiche 17 000 km au compteur. Selon son humeur, elle peut décider de se verrouiller toute seule, sans raison aucune. Elle consomme toujours autant, et est encore aux prises avec cette damnée vibration. Un grincement de la suspension se fait aussi entendre. N'ayant plus envie d'aller me battre avec le concessionnaire parce que je sais que la qualité de la voiture est en cause, je choisis simplement d'endurer. La voiture n'est que peu utilisée, mais vous conviendrez comme moi que c'est tout de même très contrariant.

    Il me faut donc conclure que cette voiture s'accompagne d'un manque flagrant de qualité, que sa fiabilité est désastreuse et qu'elle n'est économique que pour le constructeur. En passant, le problème de consommation n'est pas seulement lié à ma voiture: le magazine Protégez-vous en fait également mention dans son Guide annuel de l'automobile, réalisé conjointement avec l'APA; idem dans le Consumer Reports. D'autres propriétaires m'ont aussi confirmé que leur Aveo consomme en moyenne entre 10 et 12 litres aux 100 km. Pour une sous-compacte, c'est énorme et ça paraît encore plus ces jours-ci! Avant de jeter votre dévolu sur l'Aveo et ses deux clones, la Pontiac Wave et la Suzuki Swift+, pensez-y bien...

    ***

    FICHE TECHNIQUE CHEVROLET AVEO

    Moteur: 4-cyl 1,6 litre

    Puissance: 103 ch

    0 à 100 km/h: 10,3 s

    Vitesse maximale: 170 km/h

    Consommation: 11 L/100 km

    Échelle de prix: 11 795 $ à 13 320 $

    Collaborateur du Devoir, Antoine Joubert est l'un des auteurs de L'Annuel de l'automobile 2006.
     
     
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