Innovation - La Smart menacée de disparition?
Une voiture destinée à des parcours urbains
La Smart serait devenue un boulet lourd (trop lourd?) à traîner pour le groupe DaimlerChrysler. Un cas de performance négative, tant sur la grande route qu'en termes de retour sur investissement.
À l'heure où l'on prédit la renaissance des voitures diesel en Amérique du Nord et où l'on spécule sur la croissance de la popularité des véhicules hybrides, une autre voiture ultra économique et peu polluante retient l'attention des acheteurs: la minuscule Smart, première microvoiture à être commercialisée en chez nous. Fort attendue, la Smart ne semble pourtant pas susciter l'engouement que laissait présager l'enthousiasme des consommateurs québécois.
Son prix en aura sans doute refroidi plus d'un(e): à 16 500 $ pour la version la moins chère, la Smart coûte environ 3500 $ de plus qu'une Hyundai Accent ou une Toyota Echo (12 995 $). De plus, ces deux sous-compactes très prisées des acheteurs québécois offrent plus d'espace, plus de confort et une motorisation mieux adaptée à une utilisation normale. Avec son empattement très court, son insonorisation à peu près nulle, ses performances anémiques et sa grande sensibilité aux vents latéraux, la Smart est confinée à une stricte utilisation urbaine. Croyez-en l'auteur de ces lignes, un aller-retour Montréal-Québec, ou même Montréal-Trois-Rivières, devient une corvée au volant de cette voiture.
Des pertes par millions
Ce qui est plus grave, c'est que cette marque qui vient tout juste d'arriver chez nous pourrait, à court ou moyen terme, disparaître. Les dirigeants de DaimlerChrysler refusent de le confirmer, mais les informations parues l'automne dernier dans des publications européennes n'ont rien de rassurant. Le 8 novembre dernier, le magazine allemand Der Spiegel rapportait que les pertes de la marque Smart pourraient gonfler celles de Mercedes à 500 millions d'euros. La détérioration des comptes de Smart expliquerait en bonne partie une chute de plus de 35 % du bénéfice d'exploitation de Mercedes en 2004. Dans son édition du 25 novembre, le magazine français Le Point rapporte par ailleurs que la marque n'a jamais gagné d'argent depuis sa création, en 1994.
Quelques semaines plus tôt, soit le 28 octobre, Manfred Gentz, le directeur financier de DaimlerChrysler, avait imputé la baisse de 62 % du bénéfice trimestriel de Mercedes à la «détérioration significative» des performances de Smart. Gentz avait alors ajouté que le groupe DaimlerChrysler n'excluait aucune option pour sa filiale de petites voitures urbaines.
Voilà qui n'augure pas très bien pour l'avenir de Smart. Après avoir retiré ses billes de l'aventure Mitsubishi en mettant fin à son partenariat avec la marque nippone, DaimlerChrysler pourrait adopter des mesures aussi radicales avec une filiale qui non seulement ne lui rapporte pas d'argent, mais lui en fait perdre.
De quoi faire réfléchir les acheteurs québécois, qui ont encore en mémoire la fin prématurée de la marque coréenne Daewoo au Canada, il y a trois ans.
À l'heure où l'on prédit la renaissance des voitures diesel en Amérique du Nord et où l'on spécule sur la croissance de la popularité des véhicules hybrides, une autre voiture ultra économique et peu polluante retient l'attention des acheteurs: la minuscule Smart, première microvoiture à être commercialisée en chez nous. Fort attendue, la Smart ne semble pourtant pas susciter l'engouement que laissait présager l'enthousiasme des consommateurs québécois.
Son prix en aura sans doute refroidi plus d'un(e): à 16 500 $ pour la version la moins chère, la Smart coûte environ 3500 $ de plus qu'une Hyundai Accent ou une Toyota Echo (12 995 $). De plus, ces deux sous-compactes très prisées des acheteurs québécois offrent plus d'espace, plus de confort et une motorisation mieux adaptée à une utilisation normale. Avec son empattement très court, son insonorisation à peu près nulle, ses performances anémiques et sa grande sensibilité aux vents latéraux, la Smart est confinée à une stricte utilisation urbaine. Croyez-en l'auteur de ces lignes, un aller-retour Montréal-Québec, ou même Montréal-Trois-Rivières, devient une corvée au volant de cette voiture.
Des pertes par millions
Ce qui est plus grave, c'est que cette marque qui vient tout juste d'arriver chez nous pourrait, à court ou moyen terme, disparaître. Les dirigeants de DaimlerChrysler refusent de le confirmer, mais les informations parues l'automne dernier dans des publications européennes n'ont rien de rassurant. Le 8 novembre dernier, le magazine allemand Der Spiegel rapportait que les pertes de la marque Smart pourraient gonfler celles de Mercedes à 500 millions d'euros. La détérioration des comptes de Smart expliquerait en bonne partie une chute de plus de 35 % du bénéfice d'exploitation de Mercedes en 2004. Dans son édition du 25 novembre, le magazine français Le Point rapporte par ailleurs que la marque n'a jamais gagné d'argent depuis sa création, en 1994.
Quelques semaines plus tôt, soit le 28 octobre, Manfred Gentz, le directeur financier de DaimlerChrysler, avait imputé la baisse de 62 % du bénéfice trimestriel de Mercedes à la «détérioration significative» des performances de Smart. Gentz avait alors ajouté que le groupe DaimlerChrysler n'excluait aucune option pour sa filiale de petites voitures urbaines.
Voilà qui n'augure pas très bien pour l'avenir de Smart. Après avoir retiré ses billes de l'aventure Mitsubishi en mettant fin à son partenariat avec la marque nippone, DaimlerChrysler pourrait adopter des mesures aussi radicales avec une filiale qui non seulement ne lui rapporte pas d'argent, mais lui en fait perdre.
De quoi faire réfléchir les acheteurs québécois, qui ont encore en mémoire la fin prématurée de la marque coréenne Daewoo au Canada, il y a trois ans.
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