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    Véhicules électriques

    Tesla fait passer l’industrie automobile de Detroit à Silicon Valley

    5 avril 2017 | Luc Olinga - Agence France-Presse - à New York | Automobile
    Salle de montre d’un concessionnaire Tesla, à New York
    Photo: Spencer Platt Agence France-Presse Salle de montre d’un concessionnaire Tesla, à New York

    Tesla est en passe de ravir à General Motors (GM) le titre honorifique de premier constructeur automobile américain par capitalisation boursière, une ascension symbolisant la révolution en cours dans une industrie dont le coeur bat désormais à la Silicon Valley plutôt qu’à Detroit.

     

    Le spécialiste des véhicules électriques, lancé en 2003 et dirigé par le milliardaire d’origine sud-africaine Elon Musk, a supplanté lundi en matière de valeur en Bourse Ford, à l’origine de la production de voitures en série et de l’assemblage à la chaîne, introduits avec la Ford T il y a plus d’un siècle.

     

    On établissait la valeur de Tesla à 48,63 milliards de dollars à la clôture de la Bourse lundi, contre 45,47 milliards pour Ford. Des chiffres qui ne reflètent pas le rapport de force : l’an dernier, la jeune firme californienne a produit quelque 84 000 véhicules pour un chiffre d’affaires de 7 milliards, contre 6,7 millions de voitures à son aîné pour 151,8 milliards de revenus.

    Photo: Karim Sahib Agence France-Presse Le milliardaire d’origine sud-africaine Elon Musk, cofondateur de Tesla
     

    L’ironie de Musk

     

    Sur sa seule valeur en Bourse, Tesla n’est plus qu’à moins de 3 milliards de General Motors (51,19 milliards), premier groupe automobile américain en matière de ventes et troisième mondial.

     

    M. Musk a profité de cette redistribution des cartes pour moquer les financiers ayant parié sur l’effondrement boursier de Tesla, tel Jim Chanos, rendu célèbre pour avoir misé sur la chute du courtier en énergie Enron.

     

    « Avis de tempête à “Shortville” », s’est-il amusé sur son compte Twitter en faisant allusion à la technique boursière qui consiste à gagner de l’argent en pariant sur la baisse d’une action.

    48,63 milliards
    C'était la valeur boursière de Tesla (en dollars américains) lundi, contre 45,47 milliards pour Ford. 

    Entamé la semaine dernière à la suite d’un investissement de 1,8 milliard de dollars du groupe chinois Tencent, le nouvel élan boursier de Tesla a été conforté par l’annonce dimanche d’un nombre trimestriel record de livraisons de voitures (plus de 25 000 voitures au premier trimestre).

     

    Cette flambée suggère que les marchés financiers font le pari que l’électrique pourrait remplacer à long terme le moteur à combustion et que la voiture autonome et les services à la mobilité sont l’avenir des modes de transport de demain.

     

    Le mieux placé

     

    Tesla, qui pourrait lancer sous peu un service de voiture autonome à la demande, serait le groupe le mieux placé, selon les investisseurs, pour bénéficier de cette transformation. La banque Morgan Stanley estime ainsi que son cours en bourse devrait monter à court terme jusqu’à 305 $ le titre, contre 298 $ actuellement, après une hausse de plus de 7 % lundi.

     

    Outre ses deux modèles haut de gamme — Model S et Model X — Tesla doit démarrer en juillet la production du Model 3, censé lui ouvrir le marché grand public.

     

    Cette berline, annoncée au prix de base de 35 000 $ et pouvant parcourir un trajet équivalent à Paris-Rennes avec une seule charge, a déjà reçu près de 400 000 précommandes. Elle devrait aider Tesla à produire 500 000 véhicules par an à partir de 2018.

     

    L’envolée boursière de Tesla conforte par ailleurs le déclin de Detroit, capitale historique de l’automobile américaine, déjà bousculée par la percée des groupes japonais et meurtrie par la faillite en 2009 de GM et Chrysler.

     

    Du mal à résister

     

    Malgré de gros efforts pour revenir au premier plan en s’imposant par exemple comme le chantier des tests d’hiver des véhicules autonomes, « Motor City » a beaucoup de mal à résister à la Silicon Valley, dont les fleurons (Apple, Alphabet, Uber…) développent chacun le véhicule de demain.

     

    Ford et GM, les deux membres forts du « Big Three » de Detroit, n’ont pas pour autant plié et sont en train de se renouveler.

     

    Ils testent actuellement sur les routes américaines des flottes, les plus importantes, de voitures autonomes. Ford promet d’en produire une en masse à partir de 2021 et la destinera à l’autopartage. Pour ce faire, la marque à l’ovale bleu investit des millions de dollars dans de nombreuses start-ups développant des technologies liées à l’intelligence artificielle.

     

    GM commercialise pour sa part depuis peu une voiture électrique dont le prix de base est de 30 000 $ une fois déduite l’aide publique, la Chevrolet Bolt.

     

    Tesla doit par ailleurs encore lever un grand nombre d’incertitudes : le groupe reste très endetté, son système d’aide à la conduite Autopilot est au centre de polémiques à travers le globe, et sa diversification dans le solaire avec le rachat de SolarCity doit encore faire ses preuves.

     

    « L’entreprise semble produire en dessous de ses capacités, ce qui signifie que la demande pour les modèles actuels n’est pas très forte », estime ainsi Bill Maurer chez Seeking Alpha.













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