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    Automobile

    Toyota, nouveau géant industriel étrillé par Trump

    6 janvier 2017 | Jeremy Tordjman - Agence France-Presse à Washington | Automobile
    Le constructeur japonais Toyota a été pris à partie par Donald Trump.
    Photo: Shizuo Kambayashi Associated Press Le constructeur japonais Toyota a été pris à partie par Donald Trump.

    Washington — Donald Trump a menacé jeudi le géant de l’automobile japonais Toyota de représailles douanières s’il poursuivait un investissement au Mexique, maintenant une pression sans précédent sur les grands groupes industriels pour qu’ils se maintiennent aux États-Unis.

     

    C’est à nouveau par un tweet rageur que le président élu s’en est pris au numéro un mondial de l’automobile, l’accusant de vouloir construire une usine au Mexique pour y fabriquer des voitures destinées au marché américain. « PAS QUESTION ! Construisez des usines aux États-Unis ou payez d’importantes taxes à la frontière », a tweeté M. Trump après avoir agité une menace similaire mardi à l’encontre de l’américain General Motors.

     

    Dans son message, le futur président américain commet sans doute une petite confusion en faisant référence à une « nouvelle usine » que le groupe japonais projette de construire à « Baja, Mexico » alors que le site existe déjà depuis 2002. Il en construit toutefois une, mais dans une autre région du Mexique, le Bajio.

     

    Pratique peu répandue

     

    L’essentiel est toutefois ailleurs : M. Trump, qui a déjà totalement chamboulé les règles du jeu pendant sa campagne, continue de dynamiter les usages politiques en s’en prenant publiquement aux grandes entreprises, une pratique jusque-là très peu répandue aux États-Unis.

     

    Sur Twitter mardi, le futur président avait ainsi sommé General Motors, le premier constructeur américain, de fabriquer aux États-Unis ses voitures destinées au marché national sous peine de payer une lourde taxe frontalière. Sonné, le groupe de Detroit avait immédiatement publié un communiqué pour assurer que seule une infime partie de sa production mexicaine arrivait sur le marché américain.

     

    Également durement critiqué par M. Trump pour ses délocalisations, le groupe américain Ford a, lui, décidé d’abdiquer en renonçant mardi à construire une usine au Mexique pour investir dans une installation déjà existante dans le Michigan et y créer 700 emplois.

     

    ALENA

     

    Avant même sa prise de fonctions le 20 janvier, M. Trump cherche ainsi à dissuader les constructeurs automobiles d’utiliser l’ALENA qui leur permet, sous certaines conditions et sans droits de douane, d’exporter vers les États-Unis des marchandises produites au Mexique. Pendant la campagne, cet accord de libre-échange signé en 1994 et auquel le Canada est également associé a été inlassablement attaqué par M. Trump qui a promis de le renégocier ou de le dénoncer purement et simplement.

     

    Avec cette nouvelle attaque, M. Trump passe un nouveau palier en s’en prenant pour la première fois à un groupe étranger, montrant que son courroux ne s’arrêtera pas aux frontières économiques.

     

    L’offensive est en tout cas doublement ironique pour le géant japonais. Selon le Wall Street Journal, le p.-d.g. de Toyota venait ainsi tout juste d’afficher sa proximité avec le président élu américain. « Si vous regardez sur le long terme, nous allons dans la même direction », a déclaré Akio Toyoda devant la presse.

     

    Enfin, l’usine que le groupe fait construire au Mexique sera sans aucun impact sur l’emploi aux États-Unis que M. Trump affiche en priorité. Dans son dernier rapport financier, le groupe japonais assurait en effet que la production du modèle Corolla visé par Trump serait transférée du Canada vers le Mexique. « Le volume de production ou d’emploi aux États-Unis ne diminuera pas du fait de notre nouvelle usine [mexicaine] », a d’ailleurs réagi le groupe nippon, assurant faire partie « du tissu social » américain depuis près de 60 ans.













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