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    Ford annule la construction d’une usine au Mexique

    Le constructeur dit qu’il a agi pour ses affaires, et non pour plaire à Trump

    4 janvier 2017 |Agence France-Presse | Automobile
    Ford est revenu sur sa décision de construire une usine à San Luis Potosi, au centre du Mexique.
    Photo: Saul Loeb Agence France-Presse Ford est revenu sur sa décision de construire une usine à San Luis Potosi, au centre du Mexique.

    Washington — Le groupe automobile américain Ford a annoncé mardi annuler la construction d’une nouvelle usine de 1,6 milliard de dollars au Mexique afin d’investir dans une de ses installations dans le nord des États-Unis pour y fabriquer des véhicules autonomes et électriques.

     

    Cette annonce intervient au moment où le président américain désigné, Donald Trump, accentue la pression sur les grands groupes américains afin qu’ils rapatrient leurs usines aux États-Unis, prenant tout particulièrement pour cible leurs investissements au Mexique.

     

    Deuxième groupe automobile américain, Ford semble avoir entendu le message en revenant sur sa décision annoncée en avril de construire une usine à San Luis Potosi, au centre du Mexique, où il devait créer 2800 emplois directs et investir 1,6 milliard de dollars.

     

    Dans un communiqué, le groupe assure désormais qu’il utilisera près de la moitié de cette somme (700 millions de dollars) pour augmenter les capacités de son usine de Flat Rock située dans le Michigan, un État du Nord des États-Unis durement frappé par la désindustrialisation et où Donald Trump avait obtenu une victoire cruciale à la présidentielle.

     

    Pas d’accord avec Trump

     

    Le p.-d.g. de Ford a assuré avoir pris cette décision en toute « indépendance ».« Nous n’avons pas conclu d’accord avec le président élu », a affirmé dans un entretien avec la chaîne CNN Mark Fields, qui reconnaît toutefois en avoir discuté mardi avec le vice-président désigné, Mike Pence.

     

    « Nous avons fait ce qui est bon pour nos affaires, avant toute chose », a encore affirmé le p.-d.g., justifiant ce changement de cap par « un environnement plus positif pour l’industrie manufacturière et l’investissement » aux États-Unis.

     

    Cet investissement étalé sur quatre ans devrait créer 700 nouveaux emplois dans le Michigan et a été aussitôt salué par un des responsables du grand syndicat de l’automobile UAW chez Ford.

     

    Ford a cependant assuré qu’il maintenait son projet de transférer une partie de sa production de petites voitures au Mexique dans une de ses usines déjà existantes.

     

    Constructeurs ciblés

     

    Pendant la campagne, mi-septembre, le candidat populiste s’en était directement pris à Ford en affirmant qu’il « ne fallait pas laisser » le constructeur délocaliser ses usines au Mexique, où la main-d’oeuvre est bien moins coûteuse qu’aux États-Unis.

     

    Peu après la victoire du candidat populiste le 8 novembre, M. Fields lui avait indirectement répondu en affirmant qu’il ne reviendrait pas sur ses projets d’investissements au Mexique.

     

    À la mi-novembre, le président élu avait déjà revendiqué une première victoire contre Ford en assurant avoir obtenu le maintien dans le Kentucky d’un site d’assemblage, selon lui, en partance pour le Mexique.

     

    Son grand rival General Motors n’a pas non plus été épargné et s’est retrouvé mardi dans le collimateur du futur président américain, qui l’a menacé de sanctions douanières s’il ne fabriquait pas aux États-Unis les voitures qu’il y vend.

     

    « General Motors livre des voitures Chevy Cruze, fabriquées au Mexique, à ses concessionnaires aux États-Unis sans payer de taxe. Fabriquez aux États-Unis ou payez une lourde taxe frontalière », a tweeté le président désigné, qui prendra ses fonctions le 20 janvier.

     

    Le géant de Détroit a immédiatement démenti en partie les accusations de M. Trump, expliquant que la Chevrolet Cruze vendue aux États-Unis était produite près de la ville de Cleveland, dans l’Ohio.

     

    Impacts directs

     

    Ces pressions sur les grands constructeurs américains interviennent à quelques jours de l’ouverture du salon automobile de Détroit et renforcent les interrogations sur l’avenir de la filière sous la présidence Trump.

     

    « Toute augmentation de taxe douanière en Amérique du Nord va affecter profondément l’industrie automobile », prévient Christopher Wilson, économiste au Woodrow Wilson International Center.

     

    Elle « va désorganiser la chaîne logistique » des constructeurs et augmenter le coût de fabrication des véhicules, provoquant une perte en compétitivité, renchérit Robert Scott, du groupe de réflexion Economic Policy Institute. En somme, le risque est que les voitures coûtent plus cher pour les consommateurs américains, concluent les deux experts.

    Mexico «regrette» la décision de Ford Le ministère mexicain de l’Économie a accueilli mardi avec déception la décision du groupe automobile américain Ford d’annuler la construction d’une nouvelle usine au Mexique afin d’investir dans ses installations aux États-Unis. « Le gouvernement mexicain regrette la décision de Ford Motor Company d’annuler le projet d’investissement à San Luis Potosi et s’assurera du remboursement par l’entreprise de toute dépense fait par le gouvernement local pour faciliter cet investissement », selon un communiqué officiel.












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