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Les vedettes du Salon de Detroit… ou ce que vous ne verrez pas à Montréal

21 janvier 2013 | Philippe Laguë | Automobile
La Tesla Model S est peut-être l’avenir de l’automobile. Cette voiture électrique a été sacrée voiture de l’année par deux influents magazines américains.
Photo : Daneil Rufiange La Tesla Model S est peut-être l’avenir de l’automobile. Cette voiture électrique a été sacrée voiture de l’année par deux influents magazines américains.
Le 45e Salon international de l’auto de Montréal a ouvert ses portes vendredi, en même temps que celui de Detroit. Sachez d’abord une chose : vous êtes plus gâtés que vous ne le croyez. Plusieurs marques de prestiges brillaient par leur absence à Detroit : Aston Martin, Lamborghini, Lotus, McLaren… Idem à Los Angeles, où il n’y avait ni Aston Martin, ni Rolls-Royce, ni Lotus, ni marques exotiques italiennes (Ferrari, Maserati, Lamborghini). Or, à Montréal, elles sont toutes là. Toutes, j’insiste. Pour les passionné(e) s, c’est souvent la seule occasion de voir ces véhicules de rêve. Ceux et celles qui magasinent une nouvelle voiture seront aussi comblés : tous les modèles de toutes les marques sont regroupés dans cette salle d’exposition géante. Detroit étant un rendez-vous planétaire, tant pour l’industrie que pour la presse automobile, plusieurs nouveautés y sont dévoilées, en première mondiale ou nord-américaine. Parmi les nouveautés que vous ne verrez pas à Montréal, voici celles qui ont le plus retenu l’attention.

Chevrolet Corvette 2014


Parce que nous avons le nez collé dessus (et aussi parce qu’elle a souffert au Québec plus qu’ailleurs de la révolution féministe, avec une expression tristement célèbre que je m’abstiendrai de citer), nous ne mesurons pas l’impact de ce modèle sur la planète automobile. D’abord, il s’agit d’une légende vivante, qui célèbre cette année ses 60 ans ; et ensuite parce qu’ailleurs dans le monde, conduire une Corvette est aussi exotique que se promener en Ferrari ou en Porsche chez nous.


À Detroit, des journalistes de tous les continents étaient présents et c’est la mythique sportive de GM qui a volé la vedette. Aucun autre lancement lors des journées de presse de lundi et mardi dernier n’a eu le même impact, ou ne s’en est même approché. Qu’on l’aime ou qu’on la déteste, la’Vette fut incontestablement LA vedette de ce salon de Detroit.


La septième génération (C7) marque aussi le grand retour du nom Stingray, qui fut associé à la grande époque de la Corvette (de 1963 à 1969). Les choses sérieuses, maintenant : le V8 à culbuteurs de 6,2 litres rempile pour un autre mandat, mais, attention, il a subi une bonne cure de rajeunissement. L’injection directe est maintenant au menu, tout comme la désactivation des cylindres. Même les bolides doivent réduire leur consommation… Leur poids, aussi : la Corvette repose sur un châssis en aluminium et son capot est en fibre de carbone. Son arrivée chez les concessionnaires est prévue au cours du troisième trimestre.

 

Tesla Model S


Lorsqu’il a découvert Bruce Springsteen, au début des années 70, le journaliste Jon Landau avait déclaré : « J’ai vu l’avenir du rock’n’roll. » Je pourrai dire que j’ai vu, à Detroit, l’avenir de l’automobile avec la Tesla Model S. Si elle n’a pas généré la même attention autour d’elle que la Corvette ou d’autres nouveaux modèles, c’est tout simplement parce que ce n’est pas une nouveauté à proprement parler : les prototypes de cette berline se promènent de salon en salon depuis trois ans.


Toutefois, la Model S est arrivée à Detroit la semaine dernière fraîchement auréolée du titre de « voiture de l’année » par non pas par une, mais par deux publications américaines, et pas les moindres : Automobile Magazine et Motor Trend. Dans le premier cas, cette audace étonne moins, car cette publication plutôt élitiste privilégie les voitures de prestige, en plus d’avoir un petit côté iconoclaste. Par contre, Motor Trend qui sacre une voiture électrique, c’est une révolution ! Ceux qui reprochaient à ce magazine de manger dans la main des grands constructeurs devront ravaler leurs paroles. Ces deux publications ont aussi pris bien soin de préciser que la Model S n’avait pas été choisie par vertu, mais bien parce qu’il s’agit d’une voiture exceptionnelle, dont le confort, les performances et le comportement routier n’ont rien à envier aux meilleures berlines de luxe du moment. Même les plus sportives : les chiffres d’accélération de la Tesla S lui permettent de faire la barbe à la BMW M5, rien de moins ! Tout ça en n’émettant pas de CO2, faut-il le préciser…


Et l’autonomie, talon d’Achille des véhicules électriques ? Celle de la Tesla S varie de 260 à 480 kilomètres, selon la batterie choisie. En guise de comparaison, l’autonomie d’une Nissan LEAF varie entre 120 et 160 kilomètres, selon les conditions routières et météorologiques. Évidemment, tout cela a un prix : au Canada, il devrait flirter avec les six chiffres. Comme toute nouvelle technologie, c’est toujours très cher au début. Mais la demande est là : Tesla affirme avoir 13 000 commandes fermes. La production a d’ailleurs débuté l’année dernière à l’usine de Fremont, en Californie, rachetée à GM. Washington semble aussi y croire, car l’entreprise a bénéficié d’une subvention de 460 millions de dollars. Deux défis attendent maintenant Tesla : augmenter la cadence de production et faire des profits. Néanmoins, c’est un nouveau chapitre de l’histoire de l’automobile américaine qui est en train de s’écrire.

 

Toyota Corolla Furia


Toyota n’en peut plus de se faire dire que ses voitures sont « plates », aussi ennuyeuses à regarder qu’à conduire. La dernière version de la Camry montre une volonté réelle de changer cette perception et, de toute évidence, on se prépare à faire la même chose avec la Corolla, qui incarne la quintessence de la « platitude » automobile. Présenté à Detroit, le concept Corolla Furia marque une nette rupture de style avec le modèle actuel et tous ceux qui l’ont précédé. Selon Toyota, « cet excitant concept de berline compacte laisse présager les éléments stylistiques que les consommateurs peuvent s’attendre à voir sur la Corolla de prochaine génération ». Or, l’arrivée de la prochaine Corolla serait prévue pour l’automne.


Reste à voir jusqu’à quel point le modèle de production restera fidèle au prototype… Attendez-vous à voir disparaître les roues de 19 pouces et les garnitures en fibre de carbone, par exemple. Le pare-brise très incliné et la ligne de toit fuyante resteront-ils inchangés ? Souhaitons-le, car ce prototype a une sacrée gueule. Quand avez-vous entendu parler ainsi d’une Corolla ?


Maserati Quattroporte


Une nouvelle Maserati, c’est un événement en soi. La Quattroporte 2014 était donc déjà assurée d’être une des vedettes du Salon de Detroit. Il faut dire que la prestigieuse marque italienne a de grandes - très grandes - ambitions, elle qui aspire à vendre 50 000 véhicules en 2015, soit presque dix fois ses ventes actuelles. La marque au Trident mise sur l’Amérique (lire : les États-Unis) et la Chine pour atteindre cet ambitieux objectif.


Évidemment, une telle mission est impossible avec une gamme comptant seulement deux modèles (GranTurismo et Quattroporte). Deux autres nouveaux modèles vont s’ajouter au cours de la prochaine année : la Ghibli (un nom glorieux chez Maserati) et un VUS de grand luxe, la Levante, sur base de Grand Cherokee. Parce que Maserati appartient à Fiat, qui contrôle maintenant Chrysler, donc Jeep. Tout est dans tout.


En attendant, le constructeur de Modène entend faire de la septième version de la Quattroporte une véritable rivale des limousines allemandes (Mercedes Classe S, Audi A8, BMW Série 7, Porsche Panamera) et de la Jaguar XJ. L’actuel V8 atmosphérique de 4,7 litres cède sa place à un V8 de 3,8 litres (d’origine Ferrari, toujours) suralimenté par deux turbos. La puissance grimpe ainsi de 100 chevaux (530 contre 430). Son concepteur est un certain Paolo Martinelli, à qui l’on doit le V10 Ferrari qui domina la F1 jusqu’en 2006. La Quattroporte peut aussi recevoir un V6 (410 ch), mais il n’est pas question, pour l’instant, qu’il traverse l’Atlantique.

La Tesla Model S est peut-être l’avenir de l’automobile. Cette voiture électrique a été sacrée voiture de l’année par deux influents magazines américains. Malgré la désaffection dont souffre la Corvette au Québec, la mythique sportive a volé la vedette à Detroit. En attendant le lancement de deux nouveaux modèles au cours de la prochaine année, Maserati tonifie sa Quattroporte. Comme la dernière Camry, la Toyota Corolla Furia subit une cure de rajeunissement qui fait dire à votre chroniqueur que le modèle a de la gueule. Une première !
 
 
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